Vive l'indépendance !



Vive l'indépendance !

Le 04 avril 2010, quatorze (14) pays africains célébreront le cinquantenaire de leur accession à l'indépendance. Ces Etats, tous d'anciennes colonies françaises, vont ainsi marquer le coup dans l'histoire, en fêtant leur demi-siècle de souveraineté nationale. Cinquante ans, c'est la moitié d'une vie. C'est toute une vie. Fêter un tel anniversaire est donc symbolique à plus d'un titre. Cinquante ans, c'est aussi un âge. Celui de la maturité. De la sagesse même. Le moment où l'on fait le point d'une vie. Jeter un regard furtif dans le rétroviseur pour mieux se projeter sur l'avenir. Pour les 14 pays africains qui célèbrent le cinquantenaire de leur indépendance ce week-end, il s'agira donc de faire une nécessaire introspection objective. Que l'Afrique regarde son reflet dans le miroir. Dans un monde qui semble lui disputer sa place. Cette Afrique qui brille de mille feus par sa pauvreté repoussante. Insultante, au regard de toutes ses richesses naturelles qui ne la nourrissent guère. Cette abondance de biens que l'ancienne colonie et tous ces pays d'Europe ingurgitent goulûment, sans remord aucun. Pire encore, ces ressources naturelles prises à l'Afrique lui reviennent en pilules très amères, déguisées en toutes sortes de produits de consommation. Cela dure depuis 50 ans ! Un demi-siècle que le continent noir peine à gagner son ticket pour le grand concert des nations. Ses fils les plus illustres, les mieux formés, restent à la porte des grandes institutions mondiales. L'occident préfère profiter de la misère de centaines d'émigrés, échoués aux pieds de grands immeubles infranchissables. Cette Afrique encore fortement analphabète, dans la plupart de ses contrées lointaines. Gangrénées par des maladies hideuses et répugnantes. Cette Afrique toujours sonnée, qui peine encore à tenir debout. A se départir de ses « chaines ». Une Afrique encore sous protection -pour ne pas dire assistance - de l'ancienne colonie dont ses bases militaires occupent toujours un trop grand espace dans la plupart de nos grandes villes. C'est sans doute là tout le symbolique de la décision du président sénégalais Me Abdoulaye Wade, d'accepter le retrait de ces casernes étrangères. Après 50 années passées à survivre et à s'accrocher à des bouées de sauvetage incertaines, l'Afrique doit enfin sortir la tête de l'eau. Respirer un nouvel air. Celui d'une renaissance qui consacrera notre vraie indépendance. Celle-là qu'avait réclamée Valdiodio Ndiaye, voulue par tous les pères du Sénégal et de l'Afrique, à l'aube des années 60. Cette renaissance dont Abdoulaye Wade a voulu faire le sceau de notre cinquantenaire d'indépendance. Le chef de l'Etat devenu la figure de proue de cette Afrique nouvelle, revendicatrice d'un nouveau partenariat avec l'ancienne colonie. Ce symbole fort qu'il a déjà bâti autour du monument de la renaissance africaine. Une œuvre d'art révolutionnaire, qui inscrit le Sénégal et l'Afrique dans la grandeur des pays qui comptent ! Une œuvre disons-nous déjà inscrite dans l'histoire de l'Afrique et du monde. N'en déplaise aux pourfendeurs de tous bords qui veulent en faire une caricature grotesque. Satanique. Désormais, à côté de la Tour Eiffel, de la statue de la Liberté, de la Tour de Pise ou de Big Ben, trônera le Monument de la renaissance africaine au panthéon de ces vestiges qui font le monde. On lui oppose la « pauvreté » d'un pays qui ne doit guère se permettre un tel luxe. La misère de la France d'avant la révolution, n'avait pas empêché la construction du château de Versailles. Ni même l'érection de la Tour de Gustave dans un contexte peu favorable. N'en déplaise donc aux incantations d'imams obscurantistes et aux vociférations de politiciens éculés, se mouvant comme des marionnettes guidées par des forces occultes. Tous ces gens surannés, prêts à bouder leur fête nationale pour faire de l'ombre à un homme qui les dépasse de mille pieds ! Le Monument de la renaissance africaine sera bien célébré aujourd'hui, devant pas moins de 20 chefs d'Etat africains. Plus qu'un symbole, c' est une indication. Celle de la renaissance africaine. Pour que l'Afrique vive enfin la vraie indépendance !

PAR BASSIROU SECK

Samedi 3 Avril 2010
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