VERVE HAINEUSE !




Qu’elle est tenace, la rancune ! Dans les cœurs malades, incapables d’oublier, elle peut prendre des proportions démesurées. Un mal existentiel, qui vire assez facilement à la haine. Cette inimitié féroce, jalouse, qui transforme jusqu’aux habitus du sujet atteint. Elle vous dicte un idiolecte des plus nauséeux. Tout ce que l’on retrouve chez Moustapha Niasse, le leader de l’Alliance des forces du progrès (AFP). Le premier chef du gouvernement de l’alternance, qui ne parle désormais que pour débiter un discours infamant à l’encontre du président de la République. Et tous les moyens sont bons pour que Niasse déverse sa bile. Des fariboles qui ont perdu de leur incandescence, tant l’acharnement est devenu manifeste. C’est que Moustapha Niasse a le sentiment profond que Wade s’est joué de lui. Il est persuadé que dans l’épisode historique qui s’est déroulé en 2000 et qui a abouti à l’élection de Me Abdoulaye Wade, il n’aura joué que le rôle réducteur d’un ascenseur, tombé depuis en panne. Un simple pantin politique dont Wade s’est servi. Et pour quelqu’un qui a fait carrière dans les arcanes de l’Etat sénégalais, cela fait forcément désordre. Même si tout le monde connaît les raisons objectives qui lui ont fait quitter la Primature. Prématurément, certes. Qu’à cela ne tienne, chez Niasse, une logique de guerre s’est installée depuis. Contre Wade. Contre sa famille. Une posture hirsute qui frise le ridicule, tant le discours servi est souvent surréaliste. Mais Niasse n’en a cure. Il faut « tuer » du Wade. A tout prix. C’est certainement la logique qui a guidé sa dernière et énième sortie contre le chef de l’Etat. Plagiant le journal Le Monde - ce canard français devenu boiteux depuis qu’il s’est édicté une nouvelle ligne, celle de canarder tous ceux qui s’opposent aux intérêts de son Patron - l’enfant de Keur Madiabel s’est engouffré dans la brèche, pour assimiler Wade et sa famille à celle des Duvalier ou des Mobutu. Simplement saugrenu. Comme dirait l’autre, du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas. Niasse, lui, n’a pas hésité à franchir le rubicond. Car, les plus farouches ennemis du Sénégal ne pousseront jamais la perversité jusque-là. Si le Sénégal est toujours cité en exemple de démocratie en Afrique, ce n’est certainement pas usurpé. C’est ce qui justifie qu’en plus des imprécations sans cesse proférées contre Wade et sa famille, des calomnies toutes faites sont distillées de manière intempestive pour déstabiliser le régime en place. Et pourtant, les auteurs, Niasse et ses camarades leaders de l’opposition, ne sont jamais inquiétés. Peut-être parce que Wade a compris que l’aversion de Niasse contre sa personne et sa famille relève aussi d’un déterminisme culturel complexe, que traîne l’ancien ministre des Affaires étrangères de Senghor et de Diouf, comme une bouée. « Il est né entre le marteau et l’enclume », disait de lui un célèbre journaliste. Niasse, lui, revendique une descendance noble. De la lignée d’une grande famille maraboutique. Baye Niasse reconnaîtra certainement les siens. Mais pour l’heure, Moustapha Niasse en a perdu la raison. Bouffé par la haine. Ce même aveuglement dont souffre son frère ennemi. Ahmed Khalifa, de son prénom. Cet ancien thuriféraire de Wade, qui a revendiqué sur tous les toits son amitié avec le Pape du Sopi. Alors ministre de la nouvelle capitale de Wade, Ahmed Khalifa Niasse excellait dans les panégyriques à l’endroit du chef de l’Etat. Et même quand le fromage lui est tombé du bec, le corbeau a continué à pousser la chansonnette à la gloire de son Maître. Mais cet « ami » infidèle de Wade a fini par montrer que sa patience a des limites. Las d’attendre qu’on lui proposât un autre strapontin, il s’est subitement mis à balancer des banderilles contre Wade. Comme pris de démence, il promet même la géhenne à son « ami » de fortune. Comme si lui, le bohémien aux multiples affaires scabreuses, était dans le secret des Dieux. Mais Ahmed Khalifa Niasse a du souci à se faire, puisque qu’il a désormais une rude concurrence sortie de ses flancs. Sa douce moitié, la pécore Yaye Fatou Diagne lui dispute désormais le titre de quatrième président autoproclamé du Sénégal. Renversant ! On dit pourtant qu’elle est psychologue…

Bassirou Seck

Jeudi 17 Juin 2010
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