Trop, c'est trop !Jadis le Sénégal faisait figure de vitrine de la démocratie et de la tolérance. En réalité, cela n'était qu'une fausse apparence. Une simple façade pour ne pas dire une vue de l'esprit. Seulement à cette époque-là, il n'y avait ni une opposition politique agressive, ni une presse people prompte à faire monter l'aiguille du thermomètre. Aujourd'hui, la donne a beaucoup changé. L'opposition faisant feu de tout bois, s'adosse à une presse prête à envoyer le régime libéral dans l'antichambre de l'opposition et installer l'opposition actuelle au pouvoir. Ainsi, le moindre propos ou geste du chef de l'Etat est interprété de manière tendancieuse voire fallacieuse. Hier, les propos de Me Abdoulaye Wade sur certains imams a soulevé l'ire de 18 associations islamiques et provoqué des sermons consacrés à ce sujet ! S'étonnant de la réaction excessive et exagérée de ces mêmes imams à l'endroit du Monument de la Renaissance, Me Wade invite à plus de tolérance et cite l'exemple des statues se trouvant dans les églises. Il n'en fallait pas plus pour qu'une presse mal intentionnée se prête à des commentaires et des interprétations à l'emporte pièce. Repris par une opposition politicienne en pleine campagne pour le fauteuil de Wade, le discours du président de la République devant les enseignants libéraux, est présenté comme une déclaration de guerre contre la communauté chrétienne. Moustapha Niasse, qui fut jadis « le meilleur candidat à la présidentielle», selon l'église, enfourche son cheval de bataille et invente une nouvelle histoire pour l'implantation du christianisme au Sénégal. Pire, Bennoo Siggil Senegaal tient une réunion de crise et appuie sur l'accélérateur en menaçant de « déposer une plainte devant la cour constitutionnelle en vue de la destitution du chef de l'Etat pour sénilité » !Le Cardinal, Théodore Adrien Sarr, après avoir averti, avoir saisi le Vatican, réunit le Conseil national du Laïcat pour visionner et se prononcer sur les propos du président Wade. La sentence est sévère : « Meurtris et humiliés, nous l'avons été par les propos insupportables de Monsieur le président de la République, banalisant publiquement devant des éducateurs de nos enfants ce qui fait le cœur de notre foi », a déclaré Mgr Théodore Adrien Sarr devant une foule de jeunes catholiques, chauffés à blanc. Ils ont tenté d'improviser une marche non autorisée, vite freinée par les forces de l'Ordre. Il n'y a aucun doute, Bennoo manipule des forces religieuses pour des objectifs pouvoiristes. La meilleure démarche, pour régler un tel malentendu serait d'emprunter des voies plus diplomatiques pour se parler entre responsables. L'approche populiste adoptée par l'église n'est pas de nature à dégager les espaces de dialogue et de concertation entre le pouvoir et la communauté chrétienne. Pourtant, il y a moins de trois ans, le Pape Benoît XVI avait tenu des propos outrageants à l'égard des musulmans en relatant dans son discours une controverse de la fin du Moyen âge (fin XIVe siècle) entre l'empereur de Constantinople Manuel II Paléologue et un érudit musulman persan. L'empereur, disait à son interlocuteur: « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme. « Dieu n'apprécie pas le sang -- disait-il -- ne pas agir selon la raison, est contraire à la nature de Dieu », avait-il conclu. En reproduisant cette thèse, le Pape avait suscité l'ire de toute une communauté. Pourtant, personne n'avait réclamé sa destitution pour sénilité…Mieux, comme toutes excuses, le Pape s'était contenté de dire le 17 septembre 2006, à partir de sa résidence d'été : « Je suis vivement attristé par les réactions suscitées par un bref passage de mon discours (…) considéré comme offensant pour la sensibilité des croyants musulmans, alors qu'il s'agissait d'une citation d'un texte médiéval qui n'exprime en aucune manière ma pensée personnelle », avait-il expliqué. Pour dire que les opportunistes qui veulent utiliser la religion pour réaliser des objectifs politiques sont les ennemis les plus redoutables de la paix et de la stabilité du Sénégal. Les Sénégalais épris de paix sociale et de concorde nationale doivent empêcher ces pêcheurs en eau trouble de Bennoo, de conduire notre République vers des lendemains incertains. Ces prédicateurs de l'insurrection en font maintenant trop ! M. Bamba Ndiaye Jeudi 31 Décembre 2009
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12/05/2010
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