*C’est la main de Dieu qui accompagne Me Wade.
Le département de Pikine est particulièrement couru par les hommes politiques. Le député Amadou Diarra, qui a perdu ses attributs de maire de la commune d’Arrondissement de Pikine Nord lors des locales de 2009, analyse ici la situation politique dans la zone. Les interpellations sur les problèmes soulevés par les inondations et les délestages, lui donnent l’occasion de démontrer que toute l’agitation sociale notée ces derniers temps, est le fait du sabotage de politiciens qui ont planifié une stratégie de déstabilisation du régime.
Malgré la défaite subie par le Pds lors des locales de 2009, doit-on considérer que vous êtes toujours majoritaires à Pikine ?
Je comprends la question ainsi formulée par un élément extérieur à la vie politico-municipale de Pikine Nord particulièrement. Je dois rappeler qu’avant 2000, le Pds existait et fonctionnait. Entre 2000 (accession de Me Wade à la magistrature suprême) et 2002, avec les élections locales que nous avions gagnées, le Pds a existé. La particularité de Pikine Nord, c’est que depuis 1996, à l’expérimentation de la loi sur la décentralisation, le Pds a remporté les élections dans cette commune d’Arrondissement. Ce qui veut dire que de 1996 jusqu’en 2002, avant que je ne sois maire titulaire, il y avait une véritable activité politique combinée à une activité municipale intense. Il y avait donc une animation et une attirance des populations de cette commune vers la municipalité dirigée par des responsables politiques du parti. Abou Touré fut le premier maire de Pikine nord, c’était le président de la section communale. Après son décès, c’est Cheikh Diop qui était maire, j’étais adjoint au maire. En 2002, après la délégation spéciale, je suis devenu maire titulaire en même temps que secrétaire général de la section communale du parti. Donc patron du Pds ici, chargé d’animer et la vie du parti et de la municipalité à Pikine nord. Ce qui fait qu’autour de la mairie, il y avait une animation intense. Ce qui nous a valu une capacité immense de mobilisation. C’étaient des initiatives politiques, de la créativité. En termes de renforcement des rangs du parti, les gens venaient de partout parce qu’avec la municipalité, on gérait quelque chose. Pour revenir à votre question, ce qu’on a perdu, c’est la gestion municipale. Donc le parti revient à l’étape d’avant qu’on ne gagne la mairie, avec cette animation molle, il n’y a pas cette proximité de la gestion municipale avec les militants. Je suis en train de vous montrer l’intérêt qu’il y a pour un parti politique de gérer une municipalité. Cette situation permet, même si le parti ne fonctionne pas, de créer une attirance au niveau de la municipalité. Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, il n’y a plus cette animation, les groupements de femmes, quand le parti ne mobilisait pas, se retrouvaient à la mairie pour cogiter sur des programmes de développement. Idem pour les jeunes qui, quand le parti ne mobilise pas, se retrouvent dans le cadre municipal pour élaborer des projets de jeunesse, chercher des opportunités d’emplois etc…, avec l’appui de la mairie. Maintenant, c’est l’un des aspects qui est parti, et il reste l’autre aspect. Les militants sont là, quand le parti ne bouge pas, quand il n’y a pas de meeting ou d’autres manifestations au niveau national, au niveau départemental, et quand il n’y a pas de réunion au niveau communal, pratiquement, les militants s’investissent dans les visites de proximité ou les petites réunions de quartiers, des initiatives de mouvements de soutien. En somme, tout est concentré sur l’animation politique, l’activité municipale n’étant plus là. Donc pour moi, le parti existe toujours, mais ce qui n’existe plus, c’est l’attirance vers la municipalité. Ce qui fait que je ne peux pas dire que le parti est mort à Pikine nord. Je ne me l’imagine même pas. Surtout quand on comprend que ce n’est pas une formation politique qui a gagné la mairie. Il faut dire plus exactement que c’est une formation politique qui a perdu la mairie au profit d’un maire qui est du Rnd, dissident de la formation politique que dirige Madior Diouf. Ce qui veut dire que les populations ne pensent même pas aller adhérer à ce parti. Nous, on est très à l’aise. On attend que le parti se redynamise, que les joutes approchent, que le processus électoral se déroule pour montrer notre force de frappe. A part la perte de la municipalité qui est regrettable, le parti vit à Pikine Nord.
En fonction des responsables, les arguments, les éléments explicatifs de la défaite des libéraux dans le département de Pikine diffèrent. A votre niveau, où est ce qu’il faut aller chercher les causes de la défaite des libéraux dans la majorité des collectivités locales ?
Avant d’en venir au département de Pikine, je dois dire qu’à Pikine Nord, j’ai été victime de combat, pas au niveau du parti mais au niveau de l’administration. Comme on le dit en Ouoloff : « Thiat mo ma doug ». Je comprends le sous-préfet qui a organisé les élections ici. La situation était telle que le sous-préfet qui gère 7 communes d’Arrondissement, devait acheminer les bulletins de votes qu’il avait mis dans un camion. Les 7 communes d’Arrondissement ayant chacune différents centres de vote, il a commencé par Guinaw Rail pour terminer par Pikine Nord. Ce qui fait qu’on a démarré le vote ici à 16 heures dans les trois grands centres de notre commune d’Arrondissement. Imaginez les queues qui se sont formées à partir de 8 heures pour espérer voter tôt, ces électeurs ayant attendu au bout de 7 heures d’horloge, ont quitté les centres. Et là, je précise que si on avait voté dès 8 heures, j’aurai dépassé Benno de plus de 2000 voix. Mais, malgré tout, c’est avec moins de 200 voix que Benno nous a dépassés. Cela veut dire qu’en dehors de cet aspect organisationnel que nous mettons sur le compte de l’administration territoriale, il y a des votes sanction. Je ne veux pas pointer du doigt certains responsables mais avec les investitures, il y a des personnes qui, après avoir fait le décompte de leurs éléments qui étaient dans les listes, comprenaient que même si on gagne, c’est le maire qui allait rempiler et tout de suite, ils on saboté, en votant les listes adverses. Aujourd’hui, ils sont là en train de s’activer, or ce sont eux qui ont créé la perte du parti.
Aujourd’hui, Benno est aux affaires ; en tout cas dans la gestion des affaires municipales de la majorité des 16 communes que compte le département. Et là, ils vous suspectent de les empêcher de travailler. Ont-ils raison ?
Non, ils ont peur. Ils ont une peur bleue de la machine du Pds, surtout depuis que l’unité a été scellée autour du président Mamadou Seck. Et ce qui les dérange, c’est qu’après que nous avons perdu de nombreuses communes d’Arrondissement, ils ont pensé que le Pds allait être dans une inertie qui allait nous décourager. Mais, avec la personnalité de Mamadou Seck, président de l’Assemblée nationale, sa compréhension des enjeux, sa générosité envers les populations de Pikine pour relever les défis que le président de la République lui a confiés, c'est-à-dire la reconquête de la banlieue en perspective de 2012, l’opposition a peur. Il est en train de répondre à la demande sociale sans être maire ou ministre et cela inquiète les maires de Benno. Je ne parle même pas de ce qu’il fait en matière d’assistance des populations en dehors des départements de Pikine et Guèdiawaye, mais, ici, véritablement il s’investit beaucoup. C’est ce qui dérange les maires de Benno, en l’occurrence l’édile de Pikine, Pape Sagna Mbaye, jusqu’à ce que d’aucuns considèrent qu’il est devenu fou, le mot n’est pas trop fort. Il est aujourd’hui, quasiment dépassé par les évènements, car, je ne peux pas comprendre que malgré notre défaite lors des locales, les populations se ruent toujours vers Mamadou Seck, alors qu’elles ont un maire qui est sensé régler leurs problèmes sociaux. Quand il y a des cérémonies, partout à Pikine, on oublie le maire de la ville pour se ruer vers Mamadou Seck. Regardez, l’Asc Pikine (équipe fanion), qui est en première division : les salaires des joueurs sont entièrement pris en charge par Mamadou Seck, sans compter les dépenses de leurs regroupements, les primes de matches.
Je ne comprends pas que l’équipe fanion soit obligée de recourir à Mamadou Seck pour exister, alors que la mairie est là pour l’accompagner
Je précise bien, qu’avant de monter en première division, l’Asc était gérée par Mamadou Seck. Et toutes ses dépenses sont aujourd’hui prises en charge par notre responsable local. Il y a moins d’un mois, la mairie avait octroyé une subvention de 10 millions à l’Asc, ce que son prédécesseur Daour Niang Ndiaye faisait. Et il y a eu un débat au sein de l’équipe; des dirigeants ont dit qu’il ne fallait pas prendre ces 10 millions annuels, parce que cela risque de nous priver des 3 millions que Mamadou Seck nous donne chaque mois et 850 000 Frs à chaque fois qu’il y a matche, il n’y a pas photo. Pour cette année, un dirigeant est allé récupérer les 10 millions, disant que le maire nous les a donnés tardivement ; il les a donnés politiquement pour essayer de mettre du sable dans les actions de Mamadou Seck. Mais, nous, on comprend, c’est l’argent de Pikine donc, on prend. Ça, c’est un exemple dans le domaine du sport, je ne parle même pas des rappeurs, des handicapés, des artisans, des soirées religieuses et des autres activités sociales que le président Mamadou Seck soutient quotidiennement dans le département, à la place de la mairie. Et, le maire Pape Sagna Mbaye, pour noyer son incapacité à faire face aux doléances des populations de Pikine, fait dans l’insolence. Il tire sur tout ce qui bouge, en faisant des sorties qui font croire que son incapacité relève de l’Etat.
A ce propos justement, il y a la question de la gestion du marché central aux poissons qui est revenue à l’Etat, contre la volonté de la mairie. N’est-ce pas là une source de revenus qui échappe à la mairie ?
Mais, c’est parce qu’il a détruit le marché. Quand on vous dit qu’il a autorisé la construction d’une trentaine de cantines dans l’enceinte du marché, qu’il a vendues sans délibération du conseil municipal. En plus, il ouvre une pharmacie à l’intérieur du marché au bénéfice d’un de ses copains comme si le marché lui appartenait… Il dénature la mission principale du marché aux poissons, au moment où le personnel est en grève parce que non payé, l’insalubrité règne en maître, les salles de congélation sont dans un état de déliquescence très avancé. L’Etat constatant cette situation a récupéré le marché et lui, il crie et ameute tout le monde.
Par ailleurs, savez-vous qu’il a commandé dans le budget de la commune de Pikine des motopompes et du carburant qu’il a distribués uniquement aux maires de Benno, comme si l’argent avec lequel il a fait ces dépenses appartenait à Moustapha Niasse ou à Tanor
Dieng.
Donc l’accusation selon laquelle vous les bloquez ne tient pas ?
Non seulement ça ne tient pas, mais c’est stratégique pour eux. Ils veulent par rapport à leur échec évident, montrer qu’il y a quelque part, quelqu’un qui les bloque dans leurs activités. Aussi, ils jouent à la prévention. En fin de mandat, il n’y aura rien en termes de bilan et ils pourront dire que c’est l’Etat qui nous a bloqués.
Le front social a été quelque peu surchauffé ces derniers temps avec les marches contre les inondations et les délestages. Quels commentaires en faites-vous en tant que parlementaire ?
Globalement, j’analyse ces agitations du front social par des mots d’ordre politique de l’opposition. Nous avons à faire avec un parti qui était aux affaires pendant 40 ans. Ils ont mis leurs neveux dans l’administration, à la Sénélec, dans les préfectures, dans les gouvernances. Ils sont partout, les nostalgiques du régime socialiste, qui sont des parents ou des militants. Et Me Wade ne faisant pas de sélection discriminatoire, les considére tous comme des républicains. Mais, en réalité, je le précise, ce n’est pas tout le monde qui est républicain dans l’administration. A tous les niveaux, vous verrez quelqu’un en train de saboter le travail du président de la République, sur la manipulation des informations ou le sabotage de certaines installations.
Je vous rappelle que ce n’est pas un militant de base qui parle, mais plutôt un député de l’Assemblée nationale qui accuse…
Tous les fonctionnaires ne sont pas incriminés et je le précise. Mais, j’affirme avec certitude, que dans l’administration sénégalaise, à tous les niveaux, il y a des gens nostalgiques du régime socialiste qui, à chaque fois qu’ils en ont l’occasion, excellent dans le sabotage des actions du chef de l’Etat. Et cela dure depuis 2000. Que ce soit au niveau des techniciens de tous bords, au niveau administratif, il y a des gens qui sabotent le travail du président Abdoulaye Wade. Et ça, c’est un véritable problème. C’est pourquoi d’ailleurs, vous verrez des journalistes qui écrivent des livres, parce que simplement, ils ne veulent pas que Me Wade réussisse. Je cite à ce propos Abdoulatif Coulibaly ,pour dire que son acharnement contre le régime n’est pas innocent. De la même manière que le journaliste Coulibaly, il y a d’autres personnes qui font le même travail et qui se cachent dans d’autres secteurs, agriculture, Sénélec, Sonatel , Sones, pêche, industrie, administration …. Je vous dis partout, c’est une certitude, il y a des gens qui sabotent le travail du gouvernement.
C’est pourquoi d’ailleurs, vous constatez que des gens qui n’avaient pas d’eau, de l’époque de Senghor à nos jours, se permettent d’être filmés par les télévisions, par des gens qui leur disent : criez votre raz-le- bol ! Cela signifie qu’il y a des manipulateurs derrière.
Les commentaires et les analyses des éléments de la société civile sont toujours extrémistes. Ils développent des arguments orientés dans le sens de susciter le rejet de ce que nous faisons par les populations. En plus, le seul fait d’organiser les assises nationales après avoir boycotté les élections législatives, prouve que le complot dont je parle a été bien préparé à ce niveau. L’objectif est d’empêcher Me Wade de réussir. Ils savent qu’ils ne peuvent pas arrêter l’ambition du Président, sa détermination à travailler pour la satisfaction des populations. Ils savent que Me Wade ne dort pas, qu’il est en train de tout faire et il va réussir avant 2012 in chah Allah. Maintenant, leur stratégie, c’est d’empêcher la visibilité sur tout ce que Me Wade fait au grand bonheur des populations. Leur objectif est de rendre ce pays ingérable avant 2012.
Là, vous êtes en train de me dire que toutes ces manifestations observées dans le front social, procèdent expressément d’une manipulation de l’opinion par l’opposition, pour rendre ce pays ingouvernable ?
J’aurais du commencer par vous dire que ceux qui s’agitent sont en train d’obéir à un mot d’ordre véhiculé par l’opposition. Nous avons en face de nous des gens extrêmement intelligents, rompus aux tâches de manipulation de l’opinion. Suivez ce que je vous dis là. Il y a le programme d’un sabotage savamment planifié et entretenu. Pour vous dire, que c’est extrêmement grave ! Rappelez-vous : quand Me Wade a parlé de Goana, ils ont dit, c’est improvisé, ça ne va pas réussir. Est-ce qu’ils ont eu raison ? Tout se passe comme si Dieu était avec Me Wade. Car vous constaterez que c’est au moment où Me Wade a lancé la Goana que la pluie est devenue si abondante au Sénégal. C’est la main de Dieu qui accompagne Me Wade, car la crise alimentaire a secoué le monde et le Sénégal en a été épargné. Tout le problème de l’opposition est qu’elle ne veut pas de Wade, candidat à affronter en 2012, parce qu’ils savent qu’ils n’ont pas de chance devant lui.
Au niveau de la banlieue, depuis quelques temps, si ce ne sont pas les imams qui s’agitent, ce sont des jeunes qui descendent dans la rue pour manifester contre les coupures de courant ou les inondations. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?
Je vais vous surprendre en vous disant que je ne suis pas d’accord que les imams descendent dans la rue. Mais, je suis d’avis qu’ils prêchent leurs sermons au niveau des mosquées et qu’ils se positionnent comme ils veulent sur les questions de société. Ça, c’est ma conviction religieuse et ma foi islamique qui me permettent de le dire. Le rôle de l’imam est de se prononcer sur tout, mais en un lieu, la mosquée. La prêche, c’est sur l’actualité, mais pas dans la rue. Ces imams de Guèdiawaye, je les ai entendus. Youssou Sarr particulièrement, je le cite, a dit quelque chose de pertinent que je partage. Quand il dit que l’Etat qui a fait de l’autoroute une sur priorité, il devait en être de même pour l’électricité. De ce point de vue, l’énergie doit également être une sur priorité. Et je ne comprends pas qu’au parlement on ne nous amène pas une loi de finance pour ériger l’énergie au rang de sur priorité.
(Ndlr : à cet instant précis un membre influent de la société civile l’appelle au téléphone pour le féliciter de son intervention à l’Assemblée, sur les questions des inondations).
La manifestation des populations de la banlieue se comprendrait si le problème de Sénélec ne provient pas d’un sabotage. A notre niveau, il nous faut être plus vigilants par rapport à la gestion des inondations et au problème de Sénélec. Donc ces mouvements de rue ont eu le mérite d’alerter l’Assemblée nationale.
En tant que parlementaire, pouvez-vous nous dire, quel est l’impact visé par l’Assemblée à travers la tenue de la session extraordinaire sur les inondations et sur Sénélec ?
Le premier impact c’est un exercice démocratique. Me Wade disait à l’ouverture de la 36è session de la francophonie, qu’il ne faut pas confondre la démocratie parlementaire et le régime parlementaire. La démocratie parlementaire est un exercice démocratique du parlement par rapport à ses missions. Et l’une des missions qu’on a visé, en invitant le gouvernement à cette session extraordinaire sur l’énergie et sur les inondations, c’est le contrôle parlementaire sur l’Exécutif. Qui gère les inondations et l’énergie. Le parlement délibère, vote un budget et le donne à l’Exécutif. Il y a problème et le parlement invite le gouvernement par « une question au gouvernement ». Beaucoup de gens parlent de question orale ou de question d’actualité alors qu’il s’agissait d’une question au gouvernement. Il y a une nuance. Dans les autres démocraties comme en France, les questions au gouvernement sont posées par un, deux ou trois députés. L’auteur de la question formule sa préoccupation, le ministre répond, il réplique, le ministre revient et ainsi de suite, jusqu’à trois reprises et la séance est levée ; les autres députés étant présents comme spectateurs. Mais, au Sénégal, l’exercice que nous avons vécu est exceptionnel. C’est comme si c’était une question orale, alors que c’était une question au gouvernement. Donc, on dépasse la France par rapport à cet exercice démocratique.
L’autre impact consiste à dire que quand le président de l’Assemblée nationale accepte d’auditionner le ministre de l’Energie, le ministre de l’Intérieur et le ministre de l’Habitat et que le président de la République , qui a reçu la suggestion n’a pas objecté, cela a un sens profond en démocratie. Car, cela démontre la volonté du Président de la République de laisser au parlement jouir de son rôle démocratique, celui de contrôleur de l’Exécutif.
L’autre impact concerne le rôle effectif du parlement. Je peux dire que depuis l’avènement de Mamadou Seck à l’Assemblée nationale, de par sa manière de faire, le parlement s’est réconcilié avec le peuple. C’est par ses initiatives et de celles du groupe libéral majoritaire, que des lois comme celle sur la parité ou l’exclusion sociale des personnes handicapées ont vu le jour. Il en est de même pour la création de la commission sur la cherté du loyer… Voila une assemblée nationale qui est en train d’abattre un travail de titan, celui que le peuple attend d’elle. C’est vrai qu’il y a eu cette volonté depuis le début de cette 11ème législature, mais la démarche pour y arriver a été mal conduite par Macky Sall. Aujourd’hui, Mamadou Seck l’a réussie. Je sais que le président Wade qui a suivi la prestation des députés à l’occasion de cette session extraordinaire, doit se dire : je suis satisfait de cette Assemblée nationale.
Maintenant, par rapport aux objectifs visés, est-ce que le député que vous êtes, a conscience qu’ils sont atteints ?
Je suis conscient que nous avons joué notre rôle en tant que parlementaires. Maintenant, pour l’élément de mesure visant à constater si l’impact est positif, et si l’objectif est atteint, je crois que ces 48 heures de session ne suffisent pas. Il s’agit de continuer le travail sur le terrain. A ce propos, j’avais émis une conclusion qui consistait à mettre en place une convergence de la banlieue autour des questions d’électricité et d’inondations. J’invite le président de l’Assemblée nationale, du point de vue de son statut, en mettant de côté tout parti politique et les appartenances confrériques ou religieuses, à mettre en place ce que j’appelle la convergence de la banlieue sur les questions la République originaires de Pikine, des maires Benno et de la Coalition Sopi, des directeurs de sociétés nationales…
En perspective de la présidentielle de 2012, sur quoi il serait intéressant pour Me Wade de battre campagne ?
En voyant les nombreuses infrastructures routières qui, avant 2007 n’avaient pas atteint Pikine, on ne peut pas ne pas chanter les louanges de Me Wade. Mieux, les routes intercommunales n’existaient pas avant à Pikine, où il n’y avait que 4 routes principales. La fluidité de la circulation dans la ville de Pikine s’en est trouvée très améliorée. C’est aussi valable pour Thiaroye… En termes d’emplois l’Ofejban, quoiqu’on dise, est en train de faire un travail extraordinaire. En termes de mobilisation des populations, je rappelle que Mamadou Seck est en train d’abattre un travail de titan sur le plan social, par ses actions de proximité et de réponses à la demande sociale.
Généralement on s’entend dire que d’énergie et d’inondations. Cela pourra se faire autour du président de l’Assemblée nationale et des ministres de Pikine est incontournable quand on veut gagner Dakar. En êtes-vous conscient ?
C’est évident qu’un candidat qui gagne Pikine, passe forcement au deuxième tour. Quand on gagne Pikine, Guédiawaye, Parcelles et Dakar, il est certain qu’ on gagne les élections !
Propos recueillis parMoustapha SYLLA