Initialement prévu en février 2010 à Charm-el-Cheikh (Égypte), le sommet Afrique-France a finalement été reporté au mois de mai. Deuxième changement : il devrait désormais se tenir à Paris. « Il devrait avoir lieu au mois de mai, en France », a indiqué la présidence française à l'AFP, confirmant les déclarations du ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit. En cause, l'éventuelle venue du leader soudanais Omar-el-Béchir, visé depuis le 4 mars dernier par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Mais Hosni Moubarak, dont le pays n'est pas signataire du traité de Rome (1998) qui a institué la CPI, avait fait savoir qu'il souhaitait accueillir son homologue soudanais lors du sommet. La France, tout comme plusieurs ONG de défense des droits de l'homme, y étaient en revanche fermement opposées. D'autant que El-Béchir, qui a fêté le 30 juin dernier ses vingt ans d'accession au pouvoir, ne s'est pas privé de narguer la CPI en se rendant, quelques semaines à peine après l'émission du mandat d'arrêt contre lui, dans plusieurs pays africains, comme l'Érythrée, la Libye et, justement, l'Égypte.
Sommet France Afrique
La tenue du sommet dans l'Hexagone permet de contourner aisément le « problème » Omar el-Béchir. Car en tant que signataire du traité de la CPI, Paris aurait obligation de l'arrêter et de le livrer à la cour. Le président soudanais se trouve donc mécaniquement exclu du sommet Afrique-France. Lequel devient, de fait, un sommet France-Afrique…