«Si on me dit qu’Abdoulaye Wilane a commis un crime, je crierais au complot car il est plus aboyeur que violent »

Samba Ndiaye, Dg de la Sirn, maire de Ndoffane et porte-parole de la Fncl :

Le crime, homicide volontaire ou involontaire, est-il cessible ou transmissible selon la filiation, confirmant ainsi le dicton « tel père, tel fils » ? On serait tenté de le croire, puisque Ndoffane a célébré il y a 3 semaines le 11e anniversaire de la mort de deux (2) jeunes adolescents fauchés par Jean Paul Dias, lequel fonça sur une foule de militants qui accueillant le candidat Abdoulaye Wade. Comme si la malédiction s’acharnait sur la famille Dias, voilà que son fils, Barthélémy, croupit en prison pour avoir causé la mort du jeune Ndiaga Diouf.



«Si on me dit qu’Abdoulaye Wilane a commis un crime, je crierais au complot car il est plus aboyeur que violent »
Loin de nous la prétention de prendre les Sénégalais pour des amnésiques, mais il est bon de revisiter l’histoire de notre pays… qui ne s’arrêtera surement pas en 2012. Au lieu d’adopter un profil bas, histoire de ne pas en rajouter, Jean Paul Dias se met à vociférer et à s’égosiller, oubliant qu’il avait lui-même fait des siennes. Bien avant son fils. « Ça suffit », lui dit le maire de Ndoffane. Samba Ndiaye, interpellé en marge de la 3ème édition de la finale de la coupe qui porte son nom, menace de porter l’affaire devant les juridictions si ce dernier continue de verser dans le langage ordurier. Il revient sur les faits qui ont eu lieu dans sa commune et commente sans détours l’actualité du moment. Entretien.

Le Messager : M. le maire, Vous venez de présider la 3ème édition de la coupe qui porte votre nom. Quel enseignement en tirez-vous ?

Samba Ndiaye : La finale de la 23ème édition de la «Coupe du maire du maire de Ndoffane » qui s’est tenue ce samedi 7 janvier 2007 a été une réussite à tout point vue. Et je remercie la jeunesse de la commune pour la confiance qu’elle ne cesse de me témoigner. La finale qui a été âprement disputé, a été remportée par l’Asc Penc aux dépens de l’Asc Japoo. Mais le fait le plus marquant a été la remise d’une subvention de 3 millions de francs Cfa aux 12 équipes de la commune, qui ont également reçu chacune un lot d’équipements complets et de qualité. Mais si cette manifestation a connu cet éclatant succès, c’est grâce au Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye qui s’est personnellement investi à cet effet.

Vous aviez tenu une réunion à Kaolack avec les responsables du département, qu’est ce qui en est ressorti ?

En effet, il s’agissait de l’installation de l’antenne départementale de Fal 2012 sous la présidence du ministre D’Etat Mamadou Diop Decroix. Au cours de cette rencontre, nous avons apprécié l’esprit d’ouverture de ce dernier, en faisant comprendre à tous ces responsables que les conditions n’étaient pas réunies pour l’installation desdits comités électoraux. Le ministre Mamadou Diop Decroix a proposé le report, pour nous permettre de nous préparer. De ce point de vue, la démarche constructive du président est à saluer. Nous nous devons d’être vigilants en cette période préélectorale, où l’unité doit être de mise pour tirer tous dans la même direction. Nous devons également éviter les frustrations. Aujourd’hui, l’accent doit être mis sur le travail de proximité en passant par les leaders d’opinion (chefs de villages, délégués de quartiers, élus locaux, etc.) qui devront être des passerelles, afin de mieux expliquer le Sopi en tant qu’idéologie et en tant que mode de gouvernement. A notre humble avis, cette approche permettra u président de remporter l’élection présidentielle au premier tour.

En l’espace d’une journée, pas moins de quatre (4) congrès d’investiture ont eu lieu, c’est un fâcheux précédent ?

Cela démontre la vitalité de notre démocratie car chacun a tenu son congrès sans anicroches. Cela m’amène à féliciter le secrétaire général national du Pds, qui a créé les conditions d’une pratique démocratique dans laquelle toutes les sensibilités peuvent s’exprimer sans problème.
Cela nous amène à parler du Congrès d’investiture de votre candidat, Me Abdoulaye Wade…

Notre lecture, c’est que le congrès qui s’est tenu en compagnie des partis alliés dans une ambiance survoltée, a montré un fait : le Pds reste ce grand parti capable de se surpasser pour gagner une élection. Ce congrès qui a connu un succès éclatant a été un stimulant pour les partis d’opposition. Et cela se comprend. Aucune inquiétude de notre côté, surtout si on a en en face le « Benno » de Ousmane Tanor Dieng, qui a mis le Sénégal dans le gouffre avec les 40 ans de pouvoir ; et le Benno de Moustapha Niasse qui criait sur tous les toits que Me Abdoulaye Wade était le meilleur président du monde, parce que simplement lui-même était son Premier ministre. Tout ce qui dénote aujourd’hui, surtout à travers l’éclatement de leur unité de façade, que ces responsables ne sont mus que par leurs ambitions personnelles. Quant aux élèves de Wade (Idrissa Seck, Macky Sall, Cheikh Tidiane Gadio, Aminata Tall), je considère qu’ils se sont égarés et que les Sénégalais apprécieront leur attitude, alors qu’il n’y a pas longtemps ils étaient les thuriféraires les plus zélés de Me Wade. Je considère que les Sénégalais doivent analyser la situation, car le jour venu, ils sauront faire la différence entre celui qui veut développer le Sénégal et ceux qui se battent pour leurs ambitions personnelles. A l’analyse et avec le recul, les Sénégalais choisiront la continuité avec Me Wade, pour l’ensemble de son œuvre entamée dans la santé, l’éducation, les infrastructures… Je suis persuadé qu’ils signeront un nouveau pacte de confiance avec lui, pour qu’il puisse achever les œuvres et impulser le pays vers l’émergence.

Que pensez-vous de la candidature fantaisiste de Youssou Ndour et d’un éventuel gouvernement d’union nationale?

Youssou Ndour est un citoyen, il a le droit de se présenter conformément aux règles. Je ne peux donc pas lui dénier ce droit. Seulement, certains candidats sont mus par des intérêts personnels. Imaginez 20 candidats, 20 soi-disant programmes pour un petit pays comme le Sénégal. Cela ne fait pas sérieux. Une opposition sérieuse aurait voulu que les responsables se regroupent pour faire face au président de la République. Les Sénégalais qui sont sur le terrain savent que la plupart de ceux-là se positionnent pour l’après 2012. Au Parti démocratique sénégalais, on a l’expérience et ceux qui gagnent doivent gouverner, c’est ma conviction. Par contre, connaissant le président Wade, je sais que c’est un homme d’ouverture, un homme qui veut à tout prix éviter l’instabilité à son pays. S’il trouve que l’intérêt du Sénégal passe par un gouvernement d’union nationale, il le fera. Faisons-lui confiance car lorsqu’il était ministre d’Etat dans le gouvernement Diouf, nous étions contre. Avec le recul, on s’est rendu compte qu’il a agi en fonction des intérêts du pays. Maintenant qu’il est au dessus des contingences politiques, il peut gouverner avec ceux qui veulent vraiment développer le Sénégal.

Nous allons rebondir sur l’affaire Barthélémy Dias…

Je ne suis pas surpris et les Sénégalais doivent partager cette conviction. Dias a longtemps fait de son arme à feu, son jouet favori. Je ne suis donc pas surpris. Si on me disait qu’Abdoulaye Wilane avait commis un crime, j’aurais crié au complot car il est plus aboyeur que violent. Quant à Dias son père, il doit se taire. Car en 2000, il avait tué deux (2) jeunes de Ndoffane dont je suis le maire, en fonçant sur une foule de militants qui accueillaient le candidat Abdoulaye Wade. Par conséquent, je l’invite à faire profil bas, sinon, à cause du préjudice que nous avons subi à Ndoffane, nous allons porter plainte contre Jean Paul Dias.

2012 signifiera tout simplement l’alternance générationnelle ?

Tous les résultats des élections passées montrent qu’on tend vers cela. Dans nos circonscriptions, les résultats des dernières élections locales prouvent qu’il faut forcément aller vers une alternance générationnelle. Ce qui se dessine, c’est que nous allons vers des situations difficiles, surtout dans le département où l’on a obtenu des résultats désastreux avec 1 collectivité gagnée sur 14. Il y a donc lieu de se ceindre les reins pour gagner le département. J’espère que le parti a pris la bonne mesure de cette situation, sachant que nous nous battons contre 13 collectivités locales de l’opposition. Il est donc temps de mettre en place des stratégies concertées découlant d’une orientation claire, pour nous permettre de faire face à l’opposition. Le parachutage n’est pas la solution, il faut identifier les responsables qui travaillent, mettre les moyens à leur disposition et arrêter les tâtonnements. Enfin, il faudra surtout renforcer les responsables en moyens, mettant ainsi fin aux tâtonnements.

Propos recueillis par IBRAHIMA DIOP

Lundi 9 Janvier 2012
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