Absent depuis 1999, la promotion de l’invention et de l’innovation à la base, est enfin de retour à travers le grand prix du chef de l’Etat. L’événement a réuni plusieurs personnes, mais la compétition n’a pas été rude parce que les techniciens, au niveau local, n’osent pas pour la plupart entreprendre, du fait d’un certain complexe qu’ils développent vis à vis des autres, des grandes villes ou des autres pays. C’est d’ailleurs pour encourager et promouvoir cet esprit de créativité que le chef de l’Etat a instruit Abdoul Wahab Ka, directeur général de l’Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l’innovation technologique, direction rattachée au Ministère des Mines, de l’Industrie, de l’Agro industrie et des PME, d’aller distribuer des prix dans les différentes régions du Sénégal. Il a confirmé la volonté affichée du gouvernement du Sénégal qui s’engage à mettre à la disposition des chercheurs des lignes de crédit, des polytechniciens, pour favoriser l’invention des machines adaptées à nos réalités. C’est ce que Mouhamadou Lamine Mané, gouverneur adjoint chargé du développement, a résumé en ces termes : « Voir global, agir local ». Il a par ailleurs indiqué que cette heureuse initiative ne peut être profitable au peuple Sénégalais que si les acteurs sont accompagnés, formés et suffisamment sensibilisés. Selon Abdoul Wahab Ka, toutes les dispositions sont prises, allant de la protection des réalisations (inventions), à la prise en charge entière du brevet.
Le lauréat Ibrahima Sidibé, ingénieur agronome de formation a remporté le premier et le deuxième prix pour avoir réalisé un extracteur de miel mécanique pour ruche traditionnelle et une faucheuse mécanique manuelle. Les gens ont trouvé en lui un esprit averti, conscient des enjeux qui gravitent autour d’un développement local. L’extracteur de miel à haute pression modulable vise à développer l’apiculture qui est une activité au niveau de la Casamance pouvant apporter beaucoup de profits aux populations sans grand effort. Mais l’assistance a apprécié davantage, lorsque le lauréat a présenté la faucheuse mécanique manuelle, qui sert à la constitution de réserve fourragère dont le kilogramme de paille est vendu à 30f.
« Cet engin à bon marché peut couper jusqu’à 1 tonne de paille par jour et employer 1000 jeunes à Sédhiou et à Kolda avec un revenu mensuel de 900.000f », a soutenu Ibrahima Sidibé. Expliquant toujours les vertus de sa machine, il a indiqué que la forêt qui sera débarrassée de cette paille, pourra échapper aux feux de brousse et à la désertification. Conscient que notre environnement est constamment agressé par les charbonniers, il a adapté un fourneau « éco, éco », c'est-à-dire économique et écologique qui utilise la souillure de bois et la poudre de paille sans dégager d’oxyde de carbone et à la fois très économique. Pour toutes ces réalisations, il a été récompensé pour le premier prix à hauteur de 400.000f et pour le deuxième prix à hauteur de 200.000 f. Certains ont pris l’engagement à compter de ce jour de travailler d’arrache pied pour pouvoir lui emboiter le pas.
Ibrahima Diallo ( correspondance particulière)