SCENE DE VANDALISME A L'UCAD Le retard des bourses serait-il un bon prétexte ?



La cadence des actes de violence a été particulièrement soutenue, l'année dernière, à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. Et pratiquement tous les mouvements d'humeur des étudiants qui barraient l'avenue Cheikh Anta Diop portaient sur une seule revendication, le paiement à temps de leurs bourses. Avant-hier, les étudiants ont remis ça en érigeant des barricades sur la voie publique, sous le seul prétexte qu'ils n'ont pas perçu leurs bourses. Mais, est-ce là une raison valable pour poser des actes de vandalisme ?



SCENE DE VANDALISME A L'UCAD    Le retard des bourses serait-il un bon prétexte ?

Cette année encore, le cycle de violence semble avoir repris de plus belle, si l'on en juge par les affrontements constatés avant hier au niveau du campus universitaire entre étudiants et forces de l'ordre. Lesquels évènements se sont traduits par l'occupation illégale de la voie publique et la séquestration de véhicules, par les étudiants qui manifestaient suite au retard enregistré sur le paiement de leurs bourses d'études. Les étudiants ne se plaignent pas du taux de la bourse, qui est actuellement indexée au coût réel de la vie. Ils se plaignent encore moins de l'insuffisance du nombre de boursiers, car les efforts de l'Etat dans ce sens ne souffrent d'aucun doute. Tous les étudiants sont boursiers ou titulaires d'une aide.

C'est aujourd'hui une lapalissade de dire que le Sénégal, sous le magistère de Me Wade, a investi dans l'éducation, en moins de 10 ans, plus que ses devanciers en 40 ans de règne. Le président Wade, dont l'amour pour la jeunesse de son pays et son engagement à voir l'élite africaine de demain bénéficier des meilleures formations académiques, peut bien être surpris par le comportement affiché par les étudiants, avant hier. Depuis l'avènement de l'alternance, en effet, pas moins de 40 % du budget national ont été régulièrement affectés au secteur de l'éducation. Sous Senghor et plus tard avec le régime de Abdou Diouf, l'on n'a jamais consacré plus de 30% du budget à l'éducation.

Mais, attention ! quelle que soit la volonté du chef de l'Etat d'améliorer les conditions de vie et d'études de nos étudiants, il demeure que l'administration est ce qu'elle est. Elle a ses lourdeurs, qui la poursuivent comme une tare congénitale. C'est à ce niveau, justement, qu'il est important d'agir pour préserver la quiétude dans notre prestigieuse université. Rappelons-nous qu'en 1988, la grève qui avait conduit à l'année blanche était partie du non paiement des bourses, à temps. C'est toujours un bon prétexte pour les fauteurs de troubles, camouflés dans leurs habits d'étudiants pour entraîner leurs camarades dans une spirale de violence, comme ce fut le cas avant hier, à l'Ucad.

De l'autre côté également, il est urgent que la direction des Bourses et celle du Centre des œuvres universitaires de Dakar, prennent des initiatives allant dans le sens de confirmer aux étudiants que Me Wade est très attentif à leurs préoccupations. Le contexte économique est certes difficile ; mais l'Etat, dans le cadre de son arbitrage budgétaire et conformément au souhait du président de la République, ne cesse d'injecter le maximum de ressources, pour le plein épanouissement de ses élèves et de ses étudiants. Gageons que la Direction des bourses ainsi que le Coud vont travailler d'arrache-pied pour juguler les retards dans le paiement des bourses d'étudiants. Le pays a beaucoup sacrifié, consacrant 40% de son budget à l'éducation et à la formation de sa jeunesse, méditons-y…

Moustapha Sylla


Samedi 9 Janvier 2010
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