En raison des perspectives optimistes pour l’économie sénégalaise, 53 milliards de francs Cfa supplémentaires sont attendus dans les ressources budgétaires de l’Etat pour l’exercice 2011. C’est le ministre d’Etat, en charge de l’Economie et des Finances, qui l’a annoncé hier à l’Assemblée nationale, où se tenait le débat d’orientation budgétaire pour l’année à venir. « La situation des finances publiques pour l’exercice prochain s’inscrit dans des perspectives optimistes, à la faveur de l’amélioration de la croissance attendue de la reprise au niveau mondial, de l’évolution positive prévue des secteurs secondaire et tertiaire, avec l’espoir que le secteur primaire tienne toutes ses promesses grâce à une bonne campagne agricole », renseigne le rapport produit à cet effet. Lequel document, qui précise que le Sénégal est une exception dans l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), où la tendance est à la baisse des recettes dans tous les autres pays. Et par conséquent, souligne l’argentier de l’Etat, il est difficile d’aller au-delà de cette barre des 53 milliards de hausse de ressources budgétaires.
Cependant, le ministre d’Etat révèle que le Sénégal respectera encore les critères de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine), pour réussir la convergence communautaire. Même s’il manquera au respect du critère relatif au solde budgétaire de base. Et les différentes mesures d’allégements fiscaux en cours entraîneront une moins-value de l’ordre de 20 milliards de francs Cfa.
Ce qui n’entravera pas la maîtrise des dépenses publiques dans un contexte marqué par le fléchissement des recettes de l’ordre de 2,7% qui a eu pour conséquence l’aggravation du déficit du solde budgétaire de base qui passe ainsi de 0,8% du Produit intérieur brut (Pib) à 2,9% en 2009.
Et c’est pour expliquer qu’il ne s’agit pas pour autant d’un signe de mauvaise gestion, mais plutôt celui d’une action volontariste de soutien à l’activité économique à travers la hausse des investissements et la baisse des impôts. « Du reste, ce déficit, selon toutes les analyses, reste soutenable », rassure Abdoulaye Diop, qui signale un solde excédentaire de la balance des paiements de 96,3 milliards de francs Cfa en 2009, après un déficit de 88,4 milliards en 2008, expliquant ce surplus par une baisse des importations et la bonne tenue du compte de capital et des opérations financières.
Ibou DIAO