Le Cadre unitaire des syndicats d’enseignement joue la ruse. Il a décidé d’adopter la tactique du « bâton et de la carotte », dans le règlement de la crise scolaire au Sénégal. En effet, dans un document remis à la presse, hier, la coordination indique qu’ « en tout état de cause, le Cuse reste déterminé et vigilant, préoccupé par la stabilité et la recherche de la paix sociale dans l’espace scolaire, mais fortement attaché au respect des accords et à la défense de l’intérêt de l’école et des enseignants ». Avant de renchérir : « nous sentons des signes avant coureurs de confrontation ».
Seulement, à la lecture de cette sortie, les enseignants semblent oublier qu’on ne peut pas vouloir une chose et son contraire ! Comment peut-on prêcher la stabilité en matière d’éducation sans pour autant minimiser les grèves. Cela signifie aussi qu’on ne peut pas compter sur ces syndicalistes qui déclenchent des grèves à tout bout de champ. Même s’ils disent qu’ « une trêve ne se réclame pas, mais elle se crée ». C’est dire que le gouvernement doit réunir les conditions pour asseoir une trêve. Et toujours dans le document distribué à la presse, le Cadre unitaire des syndicats d’enseignants pense que la mise en place d’un mécanisme de concertation régulière pour assurer le suivi des accords et anticiper sur de nouvelles crises, s’impose. Ce qui ne manque pas du reste avec les nombreuses rencontres que le Ministère de l’Education a tenues avec les organisations syndicales. En effet, il n’est pas aisé de comprendre que, quelques jours après l’atelier de concertation que le ministre Kalidou Diallo avait organisé, le Cuse tient une autre rencontre avec la presse pour, dit-il, faire le point. A ce titre, l’essence même de la rencontre qui se voulait un cadre de concertation et de gestion participative des problèmes liés à l’année scolaire, a été trahie. Et pourtant, à cet effet, le coordinateur avait même manifesté son engagement à promouvoir une année scolaire de paix. « Nous aussi nous ne souhaitons pas ces situations de crise et j’espère qu’on va trouver des solutions dans l’intérêt des élèves » avait t-il dit, sourire aux lèvres. Quelle franchise !!! Cependant, force est de reconnaître que leur présence n’était qu’une manière de leurrer leur ministre de tutelle et l’opinion publique pour une stabilité inespérée. Et à la question de savoir pourquoi ils n’ont pas saisi cette occasion pour poser les problèmes, le coordinateur Mamadou Diouf rétorque : « Ce n’était ni l’heure, ni le moment de parler de crise ». Et d’ajouter, « cette rencontre était carrément destinée à l’évaluation de la phase 2 du Pdef et la programmation de la phase 3 ». Mais il semble oublier qu’on ne peut pas parler de phase 2 sans pour autant parler des modalités et principes qui devront accompagner cette démarche. C’est dire que le Cadre unitaire des enseignants n’a pas joué franc jeu. Il a préféré garder ses revendications pour des raisons encore méconnues des observateurs. Et sans demie-mesure, ces syndicalistes reviennent pour dire que « le gouvernement a intérêt à se concerter avec les acteurs ». En tout état de cause, le Cuse doit revoir sa position s’il souhaite, comme il le dit, soustraire l’année scolaire à des perturbations.
Awa SARR
Stagiaire