« Je viens d’apprendre qu’Ousmane Tanor Dieng est en visite dans la banlieue. Je voudrais demander à Tanor où a-t-il puisé le courage de venir dans une zone qu’ils ont laissé pourrir dans la désolation pendant quarante ans. Heureusement que les Sénégalais sont respectueux des valeurs de la libre pensée et de la libre circulation ! En d’autres pays, il serait chassé des lieux par des jets de pierre. En quarante ans, qu’est ce que le Parti socialiste a proposé pour sortir les populations des inondations ? Je demande à Ousmane Tanor Dieng de répondre à cette question ». Voilà la phrase qui a déclenché les hostilités entre le Ps et le Pds. Situé à quelques encablures du lieu où les libéraux tenaient leur manifestation, le Premier secrétaire du Ps ne pouvait rester insensible à ce qu’il qualifie de « provocation et de paroles infantiles ». Qu’à cela ne tienne, si Tanor en vient à se mettre au niveau du coordonnateur national des Jeunesses Wadiste, c’est parce que la pilule lui est restée en travers de la gorge. Une piquante déclaration de Massaly qui a mis le socialiste dans tous ses états. Mais Ousmane Tanor Dieng n’était pas au bout de ses peines. Le discours du Wadiste en chef lui parvenait jusqu’à ses oreilles, appuyé en cela par la forte sonorisation et la grande mobilisation des jeunes qui lui ont préféré le secrétaire national chargé des relations avec les jeunes du Pds. Et, comme s’il voulait corser l’attaque et la provocation politique, le leader des jeunesses Wadistes ajoutera : « Tanor devrait avoir honte de venir ici dans la banlieue, qui a souffert de l’ostracisme socialiste pendant leur long règne sans partage. Déjà, des maisons préfabriquées sont en route vers le Sénégal, pour le recasement des populations. Alors, au moment où des solutions sont trouvées, l’opposition veut faire des inondations un fonds de commerce politique. Ne les écoutez plus jamais, parce qu’ils sont la cause de vos problèmes. Comment peut-on comparer un virus à un antidote ? ».
Mouhamed Lamine Massaly est aussi revenu sur la nécessité de coupler les élections - dispositions autorisées par la constitution - dans un souci économique, au moment où le Sénégal est en proie à des difficultés dues aux inondations et à une demande énergétique croissante.
Concernant justement ce secteur précité, Massaly considère comme « verbiages » le discours tenu par Benno, au moment où un léger mieux est constaté dans la distribution de l’électricité.
Concernant la candidature du Président Wade, les Jeunesses Wadistes ont réinvesti Me Wade, au lendemain de la présidentielle de 2007, dira-t-il. Considérant l’opposition comme une candidate en retard de programme et d’action, Massaly rappelle « qu’elle sera battue en 2012, notre candidat sera réélu au premier tour. Une ambition qui nous pousse, depuis, à occuper en permanence le terrain politique ». Ainsi après Dakar, Thiès, Kaolack, la banlieue est au programme des jeunesses wadistes, qui comptent s’y s’attarder pour porter le message du Chef de l’Etat qui est à leurs yeux, un véritable patrimoine à préserver.
Pape Amadou Gaye (correspondance particulière)