Un rythme qui tend à onduler avec les fluctuants virages de la cadence effrénée de la mondialisation. Une cadence qui bouleverse tant de certitudes et de postures, tout en déblayant de larges boulevards de questionnements, de vides… d’ordre moral, éthique pour lesquels, l’homme (l’humanité), dans toute sa diversité, est assujetti à prendre en charge. Les genres de problématiques et prospectives (finances, environnement, gouvernance mondiale etc.), exposées lors des différents conclaves de l’organisation y participent.
La récente rencontre des Oulémas d’Afrique au cours de laquelle, le président de l’OCI, les invitait à expulser les atermoiements et à élever leurs tons à la cadence de ce monde du 21° siècle, reste un imprescriptible challenge, si l’on veut relever : « le défi existentiel des musulmans en tant que membres de la race humaine…porteurs de valeurs de civilisations qui ne peuvent que contribuer au progrès de l’humanité » A .Wade .
Des Oulémas et Imams, émanation pour l’essentiel de cette honorable couche sociale, abusivement appelée : « 3e Age ». Certainement, avec les bienfaits de la science et de la médecine, un jour, sous nos cieux, l’on parlera du « 4e Age ».
Ce « 3e Age », dépositaire d’un legs inaltérable, réceptacle de la synthèse de nos vertus et valeurs, avait marqué par sa présence physique, le 30 avril 2006 jour du lancement des travaux d’agrandissement de la corniche Ouest, prélude de la tenue du 11e sommet de l’OCI. Une contribution mémorable par sa mobilisation, pour rehausser leur honorable rang dans la stratification de la société musulmane.
Il n’est pas de coutume, que cette tranche d’âge s’exprime par une telle prestation. L’un d’eux en donna la signification.
« Cette conférence sera différente des autres pour lesquelles nous n’avions que des échos et des images des grands de ce monde. Nous sommes convaincus que son nouveau président ainsi que les dirigeants de l’ANOCI, mettront à profit pour nos populations et nous-mêmes, les vrais attributs de l’Islam : Générosité, partage, fraternité ». Sur l’une de leurs banderoles, on lisait : « Famille, Morale, Nation ».
Légitime espoir, vaste programme ! Pour ces forces matures, toujours vertes, souvent enfouies dans les profondeurs d’une retraite précoce (légale ou conjoncturelle) et qui restent (toujours) en marge pour servir leur nation. Si nombre d’entre elles aspirent à un repos mérité, ce repos ne signifie pas la cessation de toute activité, comme les y convainc l’Islam. « Travailler comme si l’on ne devait jamais mourir… ». Ont-elles d’ailleurs le choix ? Assumant toujours la vitale « Dée-pense ». A ce titre ,leurs expertises accumulées dans des domaines tels que – Les arts et métiers,l’éducation , le santé etc.,leur ouvrent d’innovantes perspectives de réinsertion dans des activités peu frénétiques .Ainsi donc,avec des approches novatrices,dans des cadres d’action institutionnalisés,aux cotés des pouvoirs publics et autres acteurs de développement,ils s’impliqueraient dans le déroulement des mises en œuvres de politiques sociales destinées à leurs communautés respectives ; avec le statut valorisé de relais, régulateurs et médiateurs sociaux .
Ce que l’Etat- providence, sous des contraintes économiques et budgétaires, tarde à pourvoir pour le renforcement de leurs capacités existentielles, ou, parcimonieusement (gratuité des soins (le plan sésame) ankylosé). l’OC I, parce que : revitalisée, renforcée par de nouvelles capacités,doit pouvoir engager des pistes de substitutions substantielles pour,compenser ou atténuer les rigueurs de déficits ou autres gaps .
- En mettant en contribution des orientations et paramètres puisés dans les préceptes de l’Islam, dans le but d’éclairer et /ou améliorer les zones d’ombre (sélectives et réductrices) de certaines normes et conventions standards qui inspirent encore nos législateurs, en matière de conceptions et gestions des régimes de retraite- et de la dimension du « 3e Age », afin de les conformer à nos réalités sociales, culturelles…religieuses.
-En libéralisant et en pourvoyant de manière efficiente, les puissants moyens économiques et financiers qu’Allah a prodigués à la Oumah.
« Le monde musulman est à la fois riche et indigent dans sa grande majorité, alors même que, les principes de solidarité, d’équité et de partage, gouvernent notre foi »
(Que faire des intérêts des pétrodollars, prohibés par la charia, stockés dans les banques occidentales, estimés à 800 milliards de $). La réponse est toujours attendue de nos financiers, oulémas, Académiciens du FIKH !
- En promouvant une politique structurante et sociale de proximité. (Nous y reviendrons).
Lorsqu’en parlant du 21e siècle, le Président de l’O .C.I, pense que « l’on ne peut le faire sans les Oulémas. », et de s’interroger sur « l’éducation à donner à la jeunesse musulmane pour la préparer pour le monde de demain ! » : le « 3e Age » Continuateur du code humain, peut étancher ses appréhensions. Ne sont-ils pas les garants et les gardiens de la famille ? La famille, étrier de l’Islam.
Au préalable, faudrait-il que la prise en charge de la problématique du « 3e Age » soit priorisée entre autres conquêtes sociales, au même titre que les politiques destinées aux tout petits,à la jeunesse et aux femmes. Au delà des journées à eux destinées, (1e octobre) par les Nations Unies, (27 novembre) par les pouvoirs publics, ils optent pour des dispositions institutionnelles pour la gestion durable et leur statut et desiderata, (Ministère,Délégation, Conseil national (du 3e Age) !
Qu’elle quelle soit, cette institution ne sera pas de trop !
Il n’est pas honorable ni profitable, que certains parmi eux continuent à squatter les parvis des mosquées, des officines de jeux ou de s’étirer en longueur de journée à l’ombre des niims.
La somme des expériences de ces hommes et femmes, issus de tous les corps de métiers et activités (formels et informels), reste un indicateur majeur de la trajectoire de notre peuple, à l’édification de notre nation. Les meilleurs hommages consacrés à ses acteurs, est d’en faire un patrimoine, dont ils seraient les gardiens actifs.
Notre intelligentsia et expertise tant pontifiées devraient dynamiser la réflexion afin de positionner des alternatives et stratégies à même de les aider à vaincre les inconforts de l’ennui, du sentiment d’inutilité ; de tout temps, le travail, la saine occupation, restent les principaux supports de l’identité.
Au royaume de la (catholique) Suède, par des approches institutionnelles, et caritatives, enrobées de simplicité et de générosité, Le « 3e Age », sécurisé, libéré, continue d’irriguer par leur apport de sagesse, toutes les institutions de cette Mecque du développement humain .
Au sortir de la conférence des Oulémas d’Afrique, le président de l’O.C.I pour amplifier l’appel de Dakar, a décidé de réaménager son agenda en y incluant l’Asie,le Moyen- orient, les Amériques. Ne faudrait –il pas symétriquement y positionner un autre chantier tout aussi honorable que vital : Mettre le « 3eAge » de la Oumah en mouvement !
Moustapha Mbacké Diop
Golf sud