Le Messager : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Cheikh Gallo Thiaw Laye : Je m’appelle Serigne Cheikh Gallo Thiaw Laye et je suis le fils du Khalife Général des Layènes, El Hadji Abdoulaye Thiaw Laye. J’habite Yeumbeul.
Vous préparez actuellement un grand événement pour la date du 22 janvier 2012. Pouvez-vous nous donner le sens de cet événement ?
Il faut dire que nous sommes membres d’une famille religieuse. Nous sommes aussi des jeunes conscients que nous avons une part à jouer dans la bonne marche de ce pays. Notre principale ambition consiste à développer la religion ici au niveau de la banlieue et partout ailleurs. Nous envisageons d’organiser une conférence à la date du 22 janvier 2012 au Cices. Nous avons décidé d’organiser cette manifestation parce que nous sommes des citoyens à part entière de ce pays. En même temps nous sommes des fils de dignitaires religieux. Nous avons aussi constaté que le pays est vraiment secoué par beaucoup de soubresauts surtout au niveau politique. Nous sommes des jeunes Layènes et tout le monde sait que notre confrérie est essentiellement basée à Dakar. Nous avons constaté que toutes les autres familles viennent organiser des conférences et rencontres au niveau de Dakar. Comme nous sommes vraiment bien ancrés à Dakar, nous avons décidé de parler sur la bonne marche du pays tout en priant pour que la paix continue de régner au Sénégal. C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous joindre à tous les sénégalais pour prier pour la Paix au Sénégal à la date du 22 janvier.
Pourquoi avez-vous choisi de lancer cet appel en ce moment précis et sur ce thème de la paix ?
C’est parce que nous avons constaté que la violence commence à gagner du terrain au Sénégal. Nous avons pensé qu’avec les prochaines élections, si nous ne prions pas pour une paix au Sénégal, il pourrait y avoir des difficultés et des incompréhensions exacerbées. Et cela n’en vaut pas la peine car nous sommes en majorité des musulmans. Dieu a fait que nous avons la chance d’animer des conférences et de discuter au niveau des familles religieuses, c’est pourquoi nous avons décidé de nous investir pleinement pour formuler d’ardentes prières pour la paix au Sénégal. Nous sommes conscients qu’il faut entamer des discussions pour inverser la tendance et faire revenir les gens à la raison. Il faut beaucoup discuter pour atteindre ce résultat. Nous sommes arrivés à la croisée des chemins et cette période est plus propice au dialogue et aux discussions qu’aux invectives et autres batailles stériles. Il faut savoir que nous n’avons pas intérêt à détruire ce pays qui nous appartient à nous tous. L’idéal est que tous les sénégalais se réunissent autour de l’essentiel en privilégiant le dialogue et la paix.
Comment va se dérouler concrètement la conférence ?
Il faut savoir qu’il ne sera pas difficile d’expliquer le contenu de cette conférence. Nous les Layènes avons cette particularité d’être très ouverts à l’endroit de toutes les familles religieuses du Sénégal. Tout le monde est au courant des relations privilégiées que mon père Serigne Abdoulaye Thiaw entretient avec toutes les confréries de ce pays. Dieu a fait que nous marchons sur ses pas et nous entretenons d’excellentes relations avec toutes les chapelles religieuses. Je profite de cette opportunité pour féliciter chaleureusement Serigne Mamoune Bousso l’imam de Touba et sa famille sans oublier mon ami Serigne Mansour Sy Djamil et tous les autres. Le conférencier sera Seydina Issa Laye Thiaw Ibn Chérif Abdoulaye Thiaw. Je suis convaincu que cet appel sera bien entendu par tous nos parents des grandes familles religieuses de ce pays. Je parlerais aussi des politiciens car ils sont concernés au premier chef.
Car c’est eux qui sont toujours derrière les violences et autres affrontements qui ont cours actuellement au Sénégal. C’est pour cette raison que nous avons choisi de réunir sur un même plateau tous les chefs religieux et aussi tous les politiciens de ce pays, aussi bien les tenants du pouvoir que les opposants. On doit être conscient que ce pays est le nôtre. Et c’est un fils de ce pays et membre de la famille des Layènes qui les invite à cette rencontre. Notre confrérie est connue pour son attachement à la Paix. A preuve on fait toujours état de « Diamalaye » qui veut dire la Paix du Seigneur. C’est pour cette raison que notre appel requiert une importance capitale à nos yeux. Nous avons senti la nécessité de lancer cet appel pour marcher sur les traces de notre père et continuer son œuvre. Cette date n’est pas choisie au hasard car elle annonce le début des joutes électorales qui vont commencer moins d’une semaine après le 22 janvier. C’est donc une occasion propice pour une large concertation axée sur la paix. Tout le monde est concerné aussi bien les familles religieuses, les hommes politiques sans oublier nos amis chrétiens du Sénégal. C’est l’affaire de tout le peuple dans sa grande diversité. La paix doit être notre seule préoccupation.
Quel est votre dernier mot ?
Il faut savoir qu’un grand symbolisme est attaché au choix du site même du Cices. En effet c’est sur ces mêmes terres que Seydina Limamou Laye avait lancé sa grande prédiction. Il avait choisi ce lieu pour dire à son oncle qu’il y aura un jour de grands serpents à plusieurs têtes à Dakar. Il parlait de ces infrastructures qui jaillissent un peu partout à Dakar. Ce lieu abritait les champs de son oncle. C’est pour cette raison que nous avons bon espoir sur la belle réussite de cette conférence. J’en profite pour lancer un appel aux hommes politiques de tous bords. Ils doivent garder à l’esprit que nul n’a intérêt à brûler ce pays. D’autant plus que la majorité des candidats qui aspirent à diriger ce pays sont des musulmans. Un musulman ne doit pas propager la violence car l’Islam est par essence une religion de paix.
Un jour mon père Serigne Abdoulaye Thiaw Laye m’a dit que si en voulant monter sur le trône on cherche à semer le chaos, on ne régnera que sur des ruines et cela n’est pas souhaitable. Il faut donc préserver les acquis et éviter de sombrer dans une situation inconfortable pour tous. Nous les jeunes avons un rôle capital à jouer, à mon avis et c’est pour cette raison que nous avons décidé de nous impliquer pour apporter notre pierre à l’édifice. Les jeunes recrutés pour semer la zizanie doivent savoir que cela ne les mènera nulle part car on ne peut pas instaurer l’anarchie et le désordre et en profiter en même temps. Il faut donc qu’ils soient un peu plus conscients et plus responsables car c’est d’abord à eux qu’incombe la tâche de développer ce pays.
Recueillis par M. F. LO