NDIOUGA SAKHO, DG DE LA SAPCO : « Nous avons pour objectif deux millions de touristes »


Le tourisme est une des mamelles de notre économie nationale et les acteurs de ce secteur ne baissent pas les bras . Déjà la première édition du salon international du tourisme de Dakar (salon TICAA), qui sera organisé du 18 au 30 mai prochain, sera un évènement majeur pour les acteurs de ce secteur. En marge de la cérémonie de remise du document définitif de ce salon, Ndiouga Sakho, le directeur général de la Sapco (Société d'aménagement de la petite côte), s'est prêté à quelques unes de nos questions.



NDIOUGA SAKHO, DG DE LA SAPCO :  « Nous avons pour objectif deux millions de touristes »

Le Messager : Le Sénégal va abriter le 1er salon international du tourisme de Dakar. Qu'elle est la place de la Sapco dans cette manifestation ?

L'organisation du salon nous offre une opportunité unique de pouvoir recevoir non seulement l'ensemble des pays émetteurs, l'ensemble des professionnels du secteur touristique international, mais surtout de les réunir en un seul endroit pour leur montrer les potentialités touristiques du Sénégal. La Sapco pour ce qui la concerne comme vous le savez, est l'outil de coordination et de planification de l'ensemble des programmes d'aménagement touristiques du Sénégal. Depuis quelques années, nous travaillons dans l'idée d'enrichir notre premier produit touristique qui est le balnéaire , mais surtout de développer tout le potentiel, donc de créer, de diversifier nos produits touristiques. Et nous avons travaillé sur trois grandes régions touristiques. Sur la petite côte, dans des projets de développement à Mbodiène, Pointe Sarène et Joal. Aussi au niveau du delta du Saloum et dans la zone nord : Saint-Louis, le parc du Diouth, la station balnéaire de Potou et la zone de Keur Momar Sarr dans l'arrière pays. Aujourd'hui, nous sommes inscrit dans une dynamique d'aménagement, de construction et, dans une certaine mesure, de mener d'autres études qui nous permettent de pouvoir explorer le potentiel qui existe dans la zone orientale, autour du parc du Niokolo Koba et dans le sud du pays , en Casamance. La Sapco est une société d'aménagement qui travaille aussi pour créer des conditions d'intégration des populations locales au niveau des zones touristiques dans l'activité économique existante. Voilà pourquoi nous avons créé la fondation Sapco Solidaire, qui est un outil d'intégration qui permet aux groupements d'intérêts économiques qui sont installés dans les zones d'aménagement, de pouvoir exister, d'avoir des unités agricoles, d'avoir des activités économiques qui permettent de pouvoir non seulement fournir les hôtels pour les produits demandés, mais aussi, comme disait le président de la République, « faire en sorte que les retombées du tourisme profitent aux populations ».

Justement sur les retombées du secteur, l'on a beaucoup spéculé cette année sur la baisse des recettes du tourisme. Qu'elles en sont les causes ?

Vous savez, c'est toujours l'éternel problème des statistiques. Quand vous venez au ministère, les données que nous avons sont issues des fiches que nous avons exploitées et elles nous renseignent qu'il y a quand même un niveau acceptable d'arrivées qui tournent autour de 900 000 touristes. Mais, quand vous allez au niveau des professionnels, certains en tout cas vous disent qu'il y a une baisse qui est constatée au niveau des arrivées hôtelières. Donc allez savoir si c'est au niveau des arrivées hôtelières qu'il y a une baisse ou si c'est globalement. Puisqu'il arrive que des touristes puissent être accueillis dans des résidences para hôtelières ou chez l'habitant. Ceci dit, il y a aussi une autre dimension qu'il faudrait intégrer, c'est que de plus en plus, il y a une diversification dans l'hébergement touristique. Le ministère est en train de travailler pour harmoniser tout cela et de veiller à ce que les gens qui hébergent des touristes puissent respecter un certain nombre de normes et que nous puissions avoir des données statistiques fiables et mesurer les performances dans ce domaine.

Justement, il est souvent fait cas de la concurrence déloyale que les réceptifs touristiques subissent face aux résidences. Qu'en est-il ?

Tout à fait .C'est une excellente question et je crois comme je viens de le dire, dans le travail que nous sommes en train de faire aussi bien dans la classification que dans la réglementation et dans l'assainissement du secteur, on cherche à débusquer tous les clandestins et faire en sorte que les professionnels du secteur puissent faire leur travail. Cela permettra de mieux contrôler cette concurrence que vous qualifiez, vous avez raison , de déloyale et qui malheureusement est en train de se développer.

Qu'elles sont les retombées de ce premier salon de Dakar pour le tourisme sénégalais ?

Les retombées sont évidentes. D'abord, le Sénégal doit occuper sa position dans la sous région africaine qui est d'être la première destination touristique. D'ailleurs, au Burkina Faso, au Mali, de plus en plus en Gambie, les gens organisent des salons du tourisme. Mais, c'est certain que si le Sénégal prend date et organise son premier salon du tourisme, ça va être la première destination ouest africaine. Ce salon permettra de réunir tous les professionnels du tourisme international pour faire de la destination Sénégal une réalité. Nous travaillons à cela. Nous veillerons à ce que les pays émetteurs découvrent les merveilles du Sénégal, mais qu'ils se rendent compte aussi que nous sommes en train de travailler pour créer des produits qui soient concurrentiels.

La Sapco est donc à pied d'œuvre pour la réussite de ce salon ?

Effectivement ! Et nous allons restituer tout le travail que nous avons fait en amont. Travail qui permet de montrer tout ce que nous avons réalisé dans les trois grandes régions que sont la Petite côte, le delta du Saloum et la zone nord. Et cela nous permettra de pouvoir enclencher les études pour la zone orientale et le sud du pays.

La vision du chef de l'Etat en matière de politique touristique , est-ce qu'elle est bien enclenchée ?

Absolument ! Et non seulement elle est bien enclenchée puisque nous avons pour ambition de vouloir atteindre un objectif quantitatif qui est de créer des conditions de capacité d'accueil par rapport à l'objectif de 2 millions de touristes que nous avons, mais aussi et surtout, le président a beaucoup insisté sur cet aspect : l'objectif qualitatif. Faire un tourisme haut de gamme. Les études que nous avons menées, les travaux que nous sommes en train de dérouler montrent que ce que nous sommes en train de faire, c'est pour pouvoir accueillir des touristes qui soient en mesure de pouvoir dépenser au Sénégal. Et aussi de faire en sorte que ce tourisme là profite au Sénégal, à l'économie nationale, mais aussi aux populations locales. Et aussi, créer les conditions pour que les opérateurs sénégalais puissent investir dans ce secteur.

Moustapha SYLLA

Mardi 23 Février 2010
© lemessagersn. info


Politique | Économie | Socièté | Actualité | Faits divers | Sport | Culture | Contributions | Entretien | Education | Santé | La page Une du journal | Afrique | Editorial | Sciences et Technologies | International | Annonce & Communiqué



S'identifier

Inscription à la newsletter