Malaise a «Benno» Le Ps et le Pit annoncent la tempête

Plus l’opposition persiste dans sa tentative d’occuper les devants de l’actualité par presse interposée, plus ses clivages internes apparaissent au grand jour.



Malaise a «Benno» Le Ps et le Pit annoncent la tempête
Contrairement à l’unité de façade que la coalition «Benno Siggil Sénégal » veut afficher dans les relations entre les différentes formations politiques qui la composent, il apparait manifestement que ses partis ne pourront jamais parler le même langage. Macky Sall de l’Apr qui est le premier à percevoir qu’il ne pouvait y avoir d’unité dans cette coalition hétéroclite avait, dès l’entame du débat sur la candidature unique, pris ses responsabilités. Même s’il ne le dit pas ouvertement, sa position vis-à-vis de la question de la candidature unique laisse croire qu’il traite ses autres camarades opposants de farceurs, pour une affaire aussi sérieuse que l’élection présidentielle.

De l’autre côté, il y a le jeu de yoyo auquel Abdoulaye Bathily s’est adonné il y a quelques mois. En allant négocier « nuitamment » le poste de Premier ministre, tour à tour chez Ousmane Tanor Dieng du Ps, puis chez Moustapha Niasse de l’Afp, tous deux potentiels candidats à la candidature unique de Benno, si l’on en croit Talla Sylla qui a percé le secret.

Ils sont certes dans une même coalition, mais l’on doit à la vérité de reconnaitre que ces différentes formations politiques ne se sont jamais, au cours de leur histoire, fait confiance. Mieux, étant donné que cette coalition a toutes les caractéristiques d’une armée mexicaine avec une flopée de généraux, il est normal que chacun affiche ses ambitions. Et c’est le cas. Le récent comportement de Bathily qui, sachant que sa candidature n’avait pas de chance de passer, s’est subitement rappelé que conformément aux closes des « Assises nationales », dans le schéma de gouvernement qui a été paraphé, c’est le Premier ministre qui détenait les pouvoirs, a, en fin politicien, joué sur ce levier. Ce comportement-là durement fustigé en son temps par Talla Sylla, a accru le climat de méfiance entre les différents leaders de la coalition. Il faut le dire, depuis lors, les relations ne sont plus les mêmes entre les différents leaders de « Benno ». Le benjamin du groupe, Cheikh Bamba Dièye, sans doute excédé par les comportements de ces dinosaures politiques avides de pouvoir, n’a pas manqué quand l’occasion s’est présentée, de leur dire de façon assez subtile que leur adversaire, Me Wade, valait mieux qu’eux à tout point de vue. Rappelons-nous que le leader du Fsd/Bj avait clairement laissé entendre que les ténors de « Benno » étaient moins présidentiables que leur adversaire. « Il y en a parmi les leaders de Benno qui sont quasiment disqualifiés pour diriger ce pays », avait-il dit en substance. Et voilà que le malaise s’accentue à Benno, où les seconds couteaux du Ps et du Pit annoncent la tempête qui, certainement, aura raison de cette coalition hétéroclite.

Moustapha SYLLA

Jeudi 9 Septembre 2010
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