L’Etat sénégalais dépense près de 260 millions de francs Cfa pour combattre la maladie et faire face à la gratuité des soins, dans le cadre de la lutte contre la tuberculose. C’est ce que confie le Dr Talla Diop, chargé de l’approvisionnement au Programme national de lutte contre la tuberculose (Pnt), dans un entretien qu’il a accordé à l’Agence de presse sénégalaise (Aps).
Les médicaments pour la lutte contre la tuberculose sont achetés par la Pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna) qui, avec ses moyens logistiques, procède ensuite au transfert vers les Pharmacies régionales d’approvisionnement (Pra) où les districts viennent s’approvisionner, précise le docteur. Selon monsieur Diop, « l’approvisionnement en médicaments d’une structure de santé est lié au nombre de cas qu’elle avait enregistrés lors du trimestre précédent. C’est sur cette base que la commande est acceptée », a-t-il souligné. Par exemple, une structure qui se retrouve avec 10 cas de morbidité lors du trimestre précédent, aurait une commande pour 20 malades.
« Pour faire face à d’éventuels cas de péremption des médicaments, le Pnt n’achète pas ses médicaments d’un seul coup, mais procède sur la base d’un système de bon de commande », a-t-il ajouté.
« Nous ne prenons pas d’un seul coup tous les médicaments. Par mesure de prudence, nous procédons par étape. Par exemple, si nos besoins annuels pour la molécule phare tournent autour de 12 millions de comprimés, nous nous limitons à nos besoins. Sachant que nous avons une marge sécuritaire d’au moins deux ans, avant que les médicaments ne périment. Ce qui fait que la disponibilité est assurée », a-t-il poursuivi.
Selon lui, la dispensation qui engendre souvent des cas de péremption, se fait par le traitement directement observé (Tdo).
« Nous faisons en sorte que chaque matin, soit c’est l’agent de santé, s’il s’agit d’un Tdo sanitaire ; soit c’est un membre de la famille, qui administre les médicaments au patient », a-t-il souligné.
« Le programme a instruit toutes les structures de santé, afin que tout malade puisse être accompagné par un proche. Nous insistons pour que le malade vienne avec quelqu’un pouvant assurer la dispensation des médicaments, en lui donnant tous les matins ses médicaments. Ce qui nous permet d’être sûrs que le patient est en train de prendre correctement ses médicaments. En plus, au niveau de la structure de santé, les prises sont cochées sur le document d’enregistrement, le suivi est fait à domicile, ou par un relais communautaire. Ces derniers disposent d’un petit carnet, où sont relevées toutes les prises », soutient-il.
Fatou N. Ndao (stagiaire)