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Les niaiseries du GodillotC’est fait. L’ancien ministre des Affaires étrangères s’est paré de son torque d’opposant. Samedi dernier, il s’est longuement répandu dans la presse à travers un communiqué fleuve, sorte de manifeste de son mouvement. Louye Jot Jotna. Diantre ! Quelle facétie ! Un fruste réquisitoire que Cheikh Tidiane Gadio s’est employé à dresser contre le chef de l’Etat et son régime. Lui qui a pourtant été aux affaires dès les premières heures de l’alternance. Depuis avril 2000, date à laquelle Me Wade le tirait de son exil sans gloire au pays de l’oncle Sam. Lui l’illustre inconnu, même auprès de ses frères émigrés, partis chercher fortune aux USA, devint alors le premier chef de la diplomatie sénégalaise sous Wade. Poste qu’il occupa jusqu’en mai 2009. C’est dire que son image est consubstantielle du régime libéral. Mais c’est surtout souligner que cet ex parfait godillot, aux discours dithyrambiques en faveur de Wade et du régime libéral, doit beaucoup au Maître. Celui-là même qui l’a sorti de l’anonymat, pour le façonner et faire de lui ce qu’il est aujourd’hui. On ne parlera point d’ingratitude pour qualifier la nouvelle posture de Gadio contre Wade et son régime. Nous dirons simplement qu’elle est nauséeuse. Elle dégage de très loin la rancœur éructée par un homme soudainement pris d’inanition. Un pacha en faillite, qui vient de perdre ses privilèges. Et du jour au lendemain, il s’est mis à honnir ce qu’il a toujours sacralisé par des louanges emportées. Heureux que le ridicule ne tue pas ! Car le manifeste de Gadio pue le manque de sincérité et d’objectivité. Louye Jot Jotna est beaucoup trop décalé dans le temps pour être sérieux et vrai. Après neuf années passées dans les arcanes du pouvoir. Moins d’un an après son départ du gouvernement. Tel un anachorète, Gadio prêche désormais pour sa chapelle. A la reconquête de ses biens perdus. Mais même armée de sa cognée, sa litanie de ce samedi n’a pas créé la trépidation escomptée. Et ce n’est point parce que l’ancien ministre des Affaires étrangères n’a jamais été un tribun renommé, mais plutôt parce que son discours benêt n’a enchanté personne. Et en se liguant désormais avec l’opposition, Gadio a certes franchi le rubicond, mais il a surtout fait tomber son masque. Il a montré son vrai caractère. Celui d’un personnage égoïste, fortement regardant sur ses intérêts personnels. Trop peu imbu d’une quelconque valeur de loyauté. En chantant les éloges d’un Bennoo Siggil Senegaal qu’il a toujours dénigré et cloué au pilori, Gadio a certainement suscité une forte aversion de la part des Sénégalais. Ses compatriotes qui ont assurément senti le manque de considération que l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise vient de démontrer à leur encontre. Mais inutile de dire qu’ils ne seront point ce pantin auquel Cheikh Gadio semble les assimiler. Intitule également de dire que Tanor, Dansokho et les autres, sauront prendre par le bon bout ce nouvel allié d’infortune qui semble les narguer. En définitive, ce qui est constant, c’est que Gadio a déçu. Car de cet intellectuel, on attendait la persévérance dans les idées. La fidélité à des principes. L’attachement à une doctrine. Mais il vient de démontrer à la face de Sunugaal que ces valeurs ne sont pas les siennes. Et pourtant, à défaut de reconnaissance, il se devait de témoigner du respect au Président Wade. Celui qui a fait de lui, non pas un planton, mais le patron du Ministère des Affaires étrangères. Pendant une décennie ! PAR BASSIROU SECK Lundi 10 Mai 2010
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