Les dirigeants du centre Jacques Chirac évaluent le travail accompliQUINZE ANS DE LA LUTTE PREVENTIVE CONTRE LA DROGUEMeilleur prétexte ne saurait être offert à l’instance dirigeante du centre Jacques Chirac de Thiaroye, que la célébration des quinze années d’existence pour tenir un déjeuner de presse. La rencontre avec les journalistes a été saisie pour évaluer le travail mené et mettre en exergue les difficultés du centre.
Selon M. Cheikh Tidiane Diop, le coordonnateur du centre, en quinze ans d’existence, la structure d’accueil implantée au cœur de la banlieue a permis à trente trois jeunes de se libérer de la drogue et à seize autres qui y sont formés, de monnayer leurs talents de basketteurs dans des clubs européens. Sans vouloir verser dans le triomphalisme, M. Diop dira que le bilan peut être qualifié de positif si l’on prend en compte la complexité du phénomène. Pour M. Diop, le bilan dressé plus haut ne constitue que la partie visible de l’iceberg.
En effet, note-t-il, bien avant l’avènement du centre, les activités de lutte contre l’usage des drogues ne se faisaient que de manière épisodique et répressive. Ce n’est qu’avec l’avènement du centre de Thiaroye que le tabou de la consommation des drogues a été brisé, par des relais communautaires formés par le centre et issus des associations de quartier. Grâce à l’approche participative, les jeunes des localités de la banlieue s’approprient le centre, en y pratiquant des activités sportives et de loisirs. Des jeunes qui auraient pu élargir le cercle des drogués sont ainsi détournés dans le bon sens. Membre fondateur du CSID, M. Ousmane Tabara dira que le manque de moyens financiers est l’un des plus grands obstacles auxquels le centre est confronté pour remplir la mission qu’il s’est assignée. Aussi lancera-t-il un appel aux autorités étatiques pour la prise en charge du personnel, qui n’a que trop fait dans le bénévolat, avant de se féliciter de la subvention de huit millions CFA accordée par l’Etat. Abdoulaye Diouf, le gestionnaire du centre, a mis en exergue l’expertise des dirigeants du centre, qui est le plus souvent sollicitée par des organismes internationaux. Afin que cela soit beaucoup plus utile dans notre pays et dans la perspective de toucher le maximum de cibles, un centre de prise en charge psychosociale, d’un coût de 500 millions CFA, est en train d’être érigé à Keur Massar, grâce au partenariat noué avec une organisation italienne. Pour rappel, le Centre Jacques Chirac, de Sensibilisation et d’Informations sur les Drogues – qui porte le nom de l’ex président français - a été inauguré le 23 février 1995. II a obtenu le statut d’utilité publique par le décret No 9634 du 10 janvier 1996 et s’est ensuite mué en Organisation non gouvernementale, en janvier 1998. Amary Guèye (correspondant) Mercredi 24 Février 2010
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12/05/2010
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