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Le tueur insolent !
C’est à croire que le Sénégal est devenu un pays de non droit. Au point que des énergumènes de toutes sortes y fassent, désormais, la loi. On se croirait dans l’Amérique lointaine. Celle du Far-West, quand seul le ‘’colt’’ faisait foi. Eh oui, à Sunugaal, un jeune malappris, Barthélémy Dias qu’il se nomme, se prend assurément pour Lucky Luke. Faisant pétarader ses flingues à tout bout de champ. Il y a d’abord eu Claudel, voilà deux ans. A la suite d’une altercation avec des individus, il dégaina son infernal jouet et tira en l’air, avant de s’enfuir. Dernièrement, parti semer le trouble à la prison de Tamba, il avait récidivé. Parce que la marche illégale qu’il avait initiée sur place pour la libération de Malick Noël Seck, s’était heurtée à celle des jeunes de l’UJTL. Si pour la première fois, il avait été convoqué à la DIC, pour le coup de Tamba il n’a nullement été inquiété. Pas même entendu par un commissariat de police ! Une permissivité coupable. Nous l’avions dit ici. Un Etat ne doit pas s’accommoder de compromis, ni de compromission. Mais force est de reconnaître que, concernant Barthélémy Dias, on lui a trop permis. Et ce n’est guère surprenant qu’hier, il ait encore ‘’flingué’’ des citoyens en tirant sur eux comme sur des lapins.
Loin de nous l’idée de défendre qui que ce soit. Car nous estimons que dans ce contexte préélectoral surchauffé, toute provocation ou incitation à la violence est condamnable. A ce sujet, faut-il signaler que la provocation du pouvoir par l’opposition est constante et permanente ? Sinon, comment expliquer cette décision du M23 d’organiser son ‘’congrès du peuple’’, le même jour retenu par le Pds pour le congrès d’investiture de son candidat ? Avant cela, il y a eu le 19 mars 2011, quand cette même opposition avait décidé de marcher le jour de l’anniversaire de l’alternance, pour faire monter le levain de la tension. Et puis, il y a eu le 23 juillet dernier, quand les amis de Barthélémy Dias ont paradé dans Dakar, histoire de saboter le meeting de la mouvance présidentielle organisé le même jour. Contre toutes ces attaques, l’Etat a toujours mis un pied derrière l’autre et a laissé faire. Tout comme il laissera faire l’offense d’aujourd’hui, contre le congrès d’investiture du candidat Wade. Comme dirait l’autre, « semez la graine de la démocratie et des hors-la-loi pousseront partout » ! Des desperados comme Barthélémy Diaz qui s’est payé, hier, le scalp du jeune Ndiaga Diop, tombé sous ses balles. Et pourtant, selon tous les témoins, les 3 camions pick-up, fussent-ils transporteurs de nervis, étaient simplement stationnés devant la mairie de Mermoz Sacré-Cœur. Mais il n’en fallait pas plus pour que Diaz fils surgît de son bureau, armé de deux flingues, défiant ses visiteurs indésirables, sous ses faux airs de preux chevalier. Et il ne mit pas longtemps à ouvrir le feu sur trois personnes. Ndiaga Diop rendit l’âme quelques instants plus tard. Toujours mû par son insolence grandiloquente et débordante de mépris, il a ensuite reconnu sous les feux des caméras d’une chaîne de télé d’un opposant-chanteur bien connu, avoir mitraillé ces trois personnes. Et il insulta le ministre de l’Intérieur, en des termes que nous nous garderons de répéter. Il faut le dire, Barthélémy Diaz a allègrement franchi le Rubicon. Il a tué de sang-froid. Avec insolence. Et l’a reconnu publiquement. Le défi est clair à l’endroit des autorités. Disons-le ici et maintenant. Nous sommes d’avis qu’il n’y a pas plus terrible fléau que l’injustice qui a les armes à la main. Mais qu’on se le tienne aussi pour dit : « l’injustice est une mère qui n’est jamais stérile et qui produit des enfants dignes d’elle ». Bassirou Seck Vendredi 23 Décembre 2011
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