« Le rachat de la Git va permettre à l'Etat de maîtriser son exploitation»

Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen)

Le rachat de la Gti annoncé en conseil des ministres fait déjà couler beaucoup de salive. Toutefois, si pour d’aucuns, cette initiative dessert le Sénégal, il n’en est pas de même pour le patron de l’Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen). En effet, de l’avis de Momar Ndao, le Sénégal vient, ainsi, de réaliser une bonne opération.



« Le rachat de la Git va permettre à l'Etat de maîtriser son exploitation»
Pour une meilleure distribution de l’électricité auprès des populations, la Société nationale d’électricité (Senelec), envisage de racheter la Gti. Mais, cette décision annoncée par le ministre de l’Energie, Samuel Sarr, lors du dernier conseil des ministres, suscite déjà moult commentaires. Et si pour certains, c’est là une mauvaise option, pour d’autres, la Senelec vient de faire, avec ce rachat, un grand bond en avant. C’est le cas du président de l’Ascosen, en l’occurrence, Momar Ndao. Si l’on en croit ce dernier, cette transaction permettra à notre pays d’avoir, désormais, une parfaite maîtrise sur l’exploitation de la centrale qui nous fournit la plus grande partie de nos besoins en énergie. « Pour moi, le rachat de Gti est une très bonne chose. En achetant Gti, l’Etat du Sénégal va maîtriser son exploitation. Il va aussi pouvoir veiller à ce qu’elle fonctionne normalement », laissera entendre le consumériste en chef.

Apportant une réplique à ceux qui s’inscrivent en faux contre cette décision du ministre en charge de l’Energie, sous prétexte que le matériel de Gti est obsolète, M. Ndao fera savoir qu’il n’en est rien. D’ailleurs, selon lui, l’Etat du Sénégal n’a d’autre choix que de racheter la centrale puisque Gti a commencé à lui appartenir depuis qu’il a paraphé le contrat. « Ce n’est pas du matériel d’occasion. Il faut pas le voir comme tel. (…). C’est un matériel qu’on a commencé à acheter depuis qu’on a signé le contrat », informera-t-il. Et le n° 1 de l’Ascosen de développer, en renseignant que selon les clauses du contrat, la centrale Gti doit appartenir à l’Etat du Sénégal au terme de la durée d’exploitation.

« Gti, c’est une propriété de l’Etat au terme du contrat. C’est une Dut. Ce qui veut dire qu’au terme du délai qui a été signé avec l’Etat, Gti appartient à l’Etat du Sénégal. Aussi, qu’on rachète Gti maintenant ou qu’on attende la fin du contrat, Gti appartient à l’Etat du Sénégal. C’est la nature du contrat qui a été signé », dira-t-il avant de poursuivre en ces termes : « c’est une formule de financement d’activités d’investissement. C’est la même formule qui a été utilisée avec l’autoroute à péage. Donc, il y a forcément le service de la dette qui fait qu’au terme de la durée d’exploitation, cela va vous appartenir, que la machine marche ou pas ».

Pour autant, M. Ndao estime que cette acquisition ne peut pas constituer une solution aux problèmes auxquels la Senelec est confrontée. « Ce système ne permet pas à la Senelec de fonctionner normalement parce que cela va lui faire faire du « bana bana » », note-t-il. Selon lui, la solution idéale serait de renforcer la Société africaine de raffinage (Sar) afin qu’elle puisse approvisionner correctement la Senelec en produits pétroliers. « Il faut qu’on change le système. La Senelec doit continuer à s’approvisionner par le biais de la Sar qui va fonctionner en achetant du fuel. Cela va coûter moins cher », martèlera-t-il avant de conclure en soulignant qu’« il faut que l’on développe la raffinerie pour qu’il y ait des économies d’échelle ».

Thiané NDIAYE

Samedi 6 Mars 2010
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