Le Sénégal a sa spécificité, ses règles, ses us et ses réalités. A force de vouloir jouer sur un registre autre que le nôtre, il y a risques d’arriver à un mur d’incompréhensions. La dernière journée de meeting organisée par les Forces Alliées (Fal) à Bambey a servi de prétexte au Président de la République, Me Abdoulaye Wade d’asséner des vérités crues à certaines grandes puissances en panne d’hégémonie. Morceau choisi : le Sénégal n’a pas de leçons à recevoir de qui que ce soit, au contraire, il doit en donner.
Allez circuler devant le trottoir qui jouxte l’Elysée et vous verrez qu’en France, il y a des limites à ne pas dépasser. Un allemand qui s’aventure devant la Chancellerie jusqu’à injurier le maître des lieux est immédiatement éconduit. Que dire lorsque l’Etat, sans doute trop démocratique, laisse à des apatrides ou à des analphabètes, la gestion de médiums, il y a forcément danger non pas de leur propre fait mais de leur ignorance voire de leur méconnaissance des conséquences. C’est en cela que le Sénégal est exceptionnel. L’excès de liberté est transformé en mur de récriminations ou au pire des cas, à une volonté inavouée d’occuper la place du Khalife à la Place du Khalife.
Me Abdoulaye Wade, hier à Bambey, a montré que la particularité sénégalaise était l’exception au regard de ce qui se fait ailleurs. Sur la base de ce constat, il est insensé de vouloir nous inculquer quelques vertus qu’on véhicule mieux quiconque sans doute même à l’excès. Le Sénégal intéresse la communauté internationale à ce point, c’est très vrai. Le Sénégal s’est affranchi des axes classiques que sont les axes Dakar/ Paris, les axes Dakar/ Washington. Désormais, de nouveaux partenaires ont fait irruption dans le pré-carré et ont brisé le monopole. Refroidies sans doute par cette nouvelle donne, les grandes puissances ont le tournis à force de se frotter à un interlocuteur qui est mu par l’intérêt du pays et non par la soumission au diktat. Il ne reste alors à trouver des « béni oui oui »payés royalement pour mettre le chaos.
Pour cela, des Sénégalais ont vendu leur âme, ont flirté avec l’ennemi et ont donné des gages moyennant espèces sonnantes trébuchantes et sonnantes. L’objectif étant de brûler ce pays. Un des grands chefs religieux de ce pays a eu à dire : « celui qui vient dans notre pays dans l’intention de le brûler, sera emporté par ses funestes desseins et retournera d’où il est venu ». Cet avertissement s’adresse à ces opposants qui font fi des directives de nos valeureux chefs religieux. Et qui, au lieu d’aller battre campagne, se réfugient, faute de moyens financiers et de capacités à capter l’électorat, derrière les rappeurs. Le hic, en cela, ce sont des humiliations à n’en plus finir essuyées devant des chenapans qui ont raté leur vie et qui n’ont que la nuit pour détruire les fondements de notre société faite de culte pur, de travail et non de musique sans inspiration. Demandez à un citoyen lambda s’il se réjouirait de voir son rejeton, emprunter ce chemin…Ce sera non et non !
IBRAHIMA DIOP