« Le Sénégal est le point de départ et de chute de la lutte »

El Hadj Malick Diop, lors du lancement de la campagne internationale pour l’interdiction des mutilations génitales féminines :



Mis à part quelques zones encore allergiques ou réfractaires à l’abandon pur et simple de l’excision, le Sénégal continue sa croisade, en demandant notamment aux pays voisins d’avoir la même détermination dans cette lutte. Lors du lancement de la campagne, Mme Awa Ndiaye, ministre d’Etat, ministre du Genre, a réitéré la position du gouvernement qui consiste à éliminer ces pratiques qui sont souvent sources de transmission du vih/ sida.
El Hadj Malick Diop, le coordonnateur du réseau des parlementaires chargés de la lutte contre les mutilations génitales et député maire de Tivaouane, en tant que maître d’œuvre de la rencontre, est revenu sur la position du Sénégal en tant que pays leader dans le processus lancé par la communauté internationale. Il s’est félicité de l’appui reçu des autorités gouvernementales.

Mais il sait pouvoir compter sur le soutien des présidents des 3 institutions que sont Pape Diop du Sénat, Mamadou Seck de l’Assemblée nationale et Ousmane Masseck Ndiaye, du Conseil économique et social. A l’avant-garde de la lutte, le Sénégal en compagnie de 19 pays africains, constitue le point de départ et de chute de la lutte, dira El Hadj Malick Diop. Avant d’ajouter : « après la résolution de la Conférence de Maputo, le mérite est revenu aux acteurs qui ont travaillé d’arrache-pied, lors du Sommet de l’Union Africaine. Il ne reste qu’à mutualiser nos efforts pour éradiquer le fléau ».Ndèye Soukeye Guèye, la directrice de la Famille, dira pour sa part que sur 14 zones visitées, 12 restaient encore des lieus de prévalence car certaines ethnies pratiquent l’excision, surtout par rapport à l’accès au mariage. Ce qui justifie amplement les difficultés rencontrées sur le terrain.

Certes, la loi de 1999 reste coercitive, mais sur le terrain il y a encore des résistances, surtout que cette pratique remonte à plus de 2000 ans avant l’arrivée de l’Islam : « la question de l’excision se règle dans les familles et nous devons tendre à 0 cas d’ici 2015, ce qui passe par une plus grande sensibilisation et une meilleure information. A sa suite, le vice président de l’Assemblée nationale, Allé Lô, se fera le relais auprès des présidents de communautés rurales, des présidents des régions, et de l’ensemble des élus locaux. Allé Lô ajoutera que cette loi doit être bien connue pour être acceptée. L’occasion de proposer une alliance des parlementaires et des élus locaux tendant à une meilleure protection et des droits de la femme et de l’enfant. Enfin, Mme Awa Ndiaye précisera que le gouvernement a déjà pris les devants et que malgré tout, l’application de cette loi connaît des difficultés du fait des résistances : « il faut donc sensibiliser les juges et ce qui rend difficile la lutte, la porosité des frontières, car une exciseuse peut opérer de part et d’autre de la frontière. Mieux, l’exciseuse utilise les mêmes instruments sans les stériliser. Ce qui ne peut qu’augmenter le taux de transmission du Vih/ sida ».

IBRAHIMA DIOP

Jeudi 22 Décembre 2011
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