C’est précisément le Cdh (Centre de développement horticole) de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra) qui, par le biais du chercheur Pape Demba Kane, a restitué hier, au cours d’un atelier, les conclusions des travaux sur la filière manioc. Et le Fnraa, dans le cadre de son projet manioc est venu appuyer les travaux du chercheur Pape Demba Kane du Cdh. Présidant les travaux de l’atelier de restitution, Alioune Fall, le Directeur scientifique de l’Isra, a expliqué que « ce projet vient en appui à cet important programme qu’est la Goana. Et dans l’atelier, nous avons réuni tous les acteurs qui évoluent autour de cette spéculation. Il s’agit des producteurs, transformateurs, consommateurs, mais aussi des chercheurs de l’Isra et de l’Ita ». A son avis, les structures de recherche comme l’Isra et l’Ita, sont particulièrement impliquées dans le projet manioc. En ce sens que « nous travaillons autour d’une spéculation qui est consommée, récoltée, mais qui a également besoin d’être transformée en d’autres produits facilement utilisables par les consommateurs ». Le financement du Fnraa, dans le cadre de ce projet manioc, concerne donc l’itinéraire technique qui va du matériel végétal à la transformation, mais aussi à la conservation. C’est en cela que les conclusions de l’atelier sont particulièrement importantes, dans le cadre de la Goana. Pour le chercheur Pape Demba Kane dont les travaux de recherche sur le manioc ont été, durant cet atelier, soumis à l’approbation des producteurs, transformateurs, consommateurs et conservateurs « depuis 2005, le Sénégal a eu des pics en termes de rendements pour le manioc. Mais ce rendement a vite baissé. Or, nous savons qu’il y a, dans la production de manioc, une maladie très répandue, dont les effets ravageurs réduisent à néant tous les efforts. Au niveau de la recherche, il fallait trouver des solutions pour contourner cette difficulté. Nous nous sommes investis là-dessus et les résultats sont probants. C’est donc un bilan d’étape que nous présentons aux différents acteurs de la filière manioc ». La deuxième phase du projet consistera, de l’avis du chercheur, à s’orienter vers « la multiplication rapide des boutures, à travers des techniques que nous avons déjà développées ». L’itinéraire technique étant déjà maitrisé. Il faut désormais que les différents producteurs intéressés par la filière puissent accéder aux clones de manioc sains. Ce qui leur permettra de booster la production, en vue d’atteindre les objectifs définis dans le cadre de la Goana.
Le Manioc, un produit économiquement rentable
‘’Le manioc qui est une plante à tubercule, a été introduit au Sénégal depuis le 16ème siècle’’ nous apprennent les techniciens de l’Isra, qui rappellent que la plante est originaire de l’Afrique du Sud. Au Sénégal, le manioc est utilisé comme condiment, alors qu’il est particulièrement nutritif. Les techniciens nous précisent que sur le plan énergétique, « le manioc produit 8,2 millions de calories par hectare contre 3,3 millions pour le maïs. C’est ainsi que, selon des études sérieuses qui remontent à 1979, « le manioc contribue à plus de 50% à la satisfaction des besoins en calories pour plus de 420 millions d’habitants dans 26 pays tropicaux ». Ces mêmes sources révèlent que le manioc est consommé par « près de 500 millions de personnes dans les pays en voie de développement, dont 80 millions en Afrique de l’Ouest ».
Au Sénégal, cette spéculation a vu sa production croître de façon assez importante entre 2006 et 2008. La production de manioc est ainsi passée de 120 000 tonnes en 2006/2007 à 308312 T pour la campagne 2007/2008. Au plan économique, il n’est pas exagéré de vanter les mérites du manioc. « Avec l’amidon de manioc, on peut faire beaucoup de choses », nous apprend M. Assane Ndiaye, le chef du projet manioc. Il précise que l’amidon de manioc est « utilisé dans la fabrication de matières collantes, la production de papier et de matières textiles ». Mieux, il nous apprend que « le manioc est de plus en plus utilisé en substitution partielle à la farine de blé. Ce qui fait que beaucoup de mets peuvent être préparés à partir de ce produit. Ces quelques précisions peuvent valablement justifier l’intérêt que le chef de l’Etat accorde au manioc, pour lequel il souhaite une production d’un million de tonnes, dans le cadre de la Goana.
M. SYLLA