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Le Calife et les impies
Leurs vrombissements envahissent les airs. Ils polluent l’atmosphère. De partout, leurs cris d’orfraie se font tympanisants. On n’entend plus qu’eux. Ces rhéteurs au discours jargonneux tentent ainsi de semer la terreur et la peur sur Sunugaal. Comme le soldat qui arme sa dernière cartouche, ils ne veulent pas rater leur cible. Depuis trop longtemps, ils mènent un combat sans conviction. Parce que la défaite leur est promise. Mais ils feignent d’y croire encore. Contre la candidature du président de la République, ils veulent, désormais, user de l’arme de destruction massive. Celle du chaos. De la violence aveugle. Et ils le crient sur tous les toits. « Nous sommes prêts à y laisser nos vies ». Sacrilège ! Ils veulent faire du Sénégal un pays de non droit. Simplement parce qu’ils n’ont pas le courage de faire face à un homme. Quelqu’un parmi eux l’a clairement affirmé : « Si la candidature de Wade est validée, il va gagner ». Voilà qui a le mérite d’être clair. Et l’on comprend dès lors, pourquoi Malick Noël a brandi le corbillard contre les 5 sages du Conseil constitutionnel, les menaçant de se retrouver ad patres s’ils avaient la mauvaise idée de valider la candidature de Wade. Le chef du M23, lui, a conduit ses troupes hors de nos terres. Très loin. Aux pays de l’oncle Sam et de Marianne. Ses manœuvres délatrices n’ont séduit personne.
« Puisque cet homme finissant est aussi impopulaire que vous le dites, vous n’aurez pas de difficulté à le battre devant les urnes », leur a-t-on rétorqué. Mais cela, évidemment, ils ne veulent pas l’entendre, parce qu’en fait ils ont une peur… bleue du « vieil homme ». Cet homme qu’ils veulent tous abattre, mais face à qui personne ne veut se tenir. Alioune Tine, aussi, a fait le serment. Celui d’offrir sa vie pour le départ de Wade. Avant le 26 février ! Parce lui aussi s’est engagé. Devant des lobbies sataniques qui aspirent à diriger le monde. Il a pris, il doit payer. Et c’est le prix qu’on lui a fixé. Les sermons des khalifes qu’il est allé voir n’y changeront rien. Certains d’entre ces hommes de Dieu l’ont même vertement tancé. Parce qu’il veut mettre le feu dans sa propre hutte. Mais l’enjeu est trop grand pour Alioune. Pour ses chefs. Et il a décidé d’y aller jusqu’au bout. Contre vents et marées, lui et ses acolytes ont décidé de passer à l’acte. Le 23 janvier prochain, ils seront dans la rue. Les oripeaux de la mort sur les épaules. Pour que l’épouvantail soit encore plus effrayant. Ils auront à leurs côtés, des jeunes à la conscience piégée. Ceux-ci disent en avoir marre de tout. Alors, ils ont embarqué sur ce même Radeau de la mort. Complètement sourds aux appels de ces califes. Ces hommes de Dieu qui ne cessent de prêcher la paix et la concorde pour Sunugaal. L’on vogue désormais sans bouée de sauvetage. A la merci des flots. Ces califes, jadis vénérés, que des stipendiés de la plume ont même osé défier. Pris eux aussi dans l’étau de ces forces maléfiques qui veulent établir un ordre nouveau sur la terre de Serigne Touba, de Maodo Malick et les autres. Une société de contre-valeurs. Sans foi. Où la religion serait le vrai opium du peuple. Un canard bien connu, joue ce rôle de désacralisation de nos modèles religieux, de manière systématique. Sa cible est l’un des plus grands foyers confrériques de ce pays. Cette grande famille religieuse accusée récemment d’être corrompue par le chef de l’Etat à hauteur de 2,5 milliards. Pour un Ndigueul, disent-ils. Quel affront ! Avant cela, la disparition d’un de ses illustres khalifes a été assaisonnée d’une intoxication alimentaire. Ce même khalife dont les mêmes auteurs ont eu le toupet de parler publiquement d’une de ses épouses qui ‘’regrettait de ne pas avoir de descendant avec lui’’. Ils ont voulu faire parler l’imaginaire. Tout cela procède de la banalisation et de la démystification de l’autorité du Khalife en tant que guide religieux et responsable moral. Mais qu’ils le sachent tous, ces racines qui ont fait émerger ce Sénégal sont solidement enfouies sous nos terres. Ce pays ne sera jamais un no man’s land de quelques libertaires. Nos anciens et nos marabouts auront toujours le respect dû à leur rang. C’est dit. Ce pays ne brûlera pas. Le Sénégal survivra au 26 février 2012. Nos institutions resteront sauves. La République vaincra. Contre les hors-la-loi. Les pyromanes. Et les impies ! Bassirou Seck Vendredi 20 Janvier 2012
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