Un effet stimulant avec 5 millions CFA pour l'excellence et 2 millions CFA pour l'encouragement !
Pr Ousseynou Dia aura la lourde tâche de piloter l'édition 2010 du Grand Prix du Président de la République qui, soit dit en passant, a été institué par décret. Le maître d'œuvre étant le ministre de la Recherche scientifique. Cet exercice d'émulation a disparu de la circulation pour une simple raison : les critères d'excellence n'ont pas été remplis, puisque c'est une note supérieure à 14 qui ouvre les portes de l'attribution.
Pr Ousseynou Dia expliquera que : « ce Grand Prix permettra de valoriser la recherche au Sénégal ; en donnant de la valeur ajoutée à la recherche en tant qu'activité, aux chercheurs en tant qu'acteurs et aux résultats en tant que produits. Nous voulons faire du Grand Prix, un véritable outil d'impulsion, de promotion et de valorisation de la recherche scientifique dans notre pays ».
Le président du jury demandera à la tutelle de : constituer les commissions techniques sectorielles chargées d'examiner les dossiers de candidatures ; mettre en place la conférence des présidents, composée du président du jury national et des présidents et rapporteurs de commissions techniques sectorielles, chargés de valider les principales décisions prises par le jury ; réactualiser le formulaire de candidature et, au besoin, la fiche de notation des dossiers ; assurer une large diffusion du formulaire à travers les sites web du Ministère, de l'Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal, des Universités, des Instituts et Centres de Recherche ; et maîtriser les contours du volet communicationnel.
Pr Amadou Tidiane Bâ liera le développement des pays à l'importance de l'allocation dans le budget national : « en 1991, les Usa consacraient 2,78% de leur Pib à la recherche et avaient un taux de croissance de 4,2% ; alors que le Japon lui consacrait 2,85% pour un taux de croissance de 7,4% ». Amadou Tidiane Bâ ajoutera que « l'économie de la connaissance est à la base des grands progrès techniques et technologiques dans le monde. S'il appartient aux industriels de créer des richesses, aux services d'apporter des emplois, c'est à la recherche d'apporter la connaissance nécessaire ». Et de poursuivre : « la recherche fondamentale est la mère de l'innovation ; l'innovation, la mère de l'emploi qui garantit la cohésion sociale ; et enfin la cohésion sociale qui, à son tour, garantit la paix ».
Le ministre évoquera aussi que dans notre pays, la recherche publique a pour vocation : le développement et le progrès de la recherche dans tous les domaines de la connaissance ; la valorisation des résultats de la recherche ; la diffusion et la vulgarisation des connaissances scientifiques et la formation à la recherche par la recherche.
Le Président de la République est déterminé à faire de notre pays, un pays émergent par la science et la technologie, en s'appuyant sur la qualité de ses ressources humaines et leur créativité. Il a été instauré en 1990 pour récompenser les scientifiques les plus créatifs, les plus inventifs et les plus méritants, dira le ministre de la Recherche scientifique.
Ce dernier reviendra sur la rigueur des critères d'attribution : « il n'a été décerné que 4 fois avec 5 prix ».
Sont concernés les domaines suivants :
-recherches médicales et pharmaceutiques
-recherches agricoles et agro-industrielles
-recherches technologiques et industrielles
-recherches en sciences exactes
-recherches en sciences sociales et humaines.
Le jury comprend 35 membres, dont 5 venant de l'ANSTS, 15 scientifiques de haut niveau, 15 responsables des principales institutions et structures de recherche.
Le ministre a encore réaffirmé l'attachement du Chef de l'Etat à ce prix, car entrant dans les domaines de priorités : Goana, santé et énergie, solaires et renouvelables.
Pr Amadou Tidiane Bâ renseignera que : « les travaux n'atteignaient pas la note exigée, à savoir 14/ 20 au moins, ce qui fait que le prix n'a pas été décerné ».
Sur la question relative à la baisse de la fréquentation des filières scientifiques, le ministre précisera que : « l'Ansts a fait le constat, de même que le Chef de l'Etat. Et un groupe de travail a été mis en place. La restitution des résultats sera accompagnée de recommandations, lors de le rentrée solennelle de l'ANSTS.
A noter que deux lauréats ont mis en relief, en matière de recherche appliquée, la batteuse pour le développement et la production rapide de riz à travers l'Adrao. Cela a été expérimenté avec succès dans nombre de pays. Le Sénégal occupe déjà une place prépondérante dans la production de riz à l'hectare. La moyenne mondiale est de 4 tonnes à l'hectare, alors que dans la vallée, la production tourne autour de 11 tonnes pour la même surface.
D'autre part, l'autre lauréat a mis en exergue les chaussées rigides qui résistent mieux et sont moins chères. 100 millions de francs CFA sont nécessaires pour un Km de route et l'entretien à lieu tous les 5 ans. Dans 10 ans, il en faudra le double. Or, la chaussée rigide a une durée de vie de 30 ans au moins, donc très largement supérieure. Les matériaux utilisés sont, entre autres, les gravats et le sable.
IBRAHIMA DIOP
Ibashubidiop2002@yahoo.fr