La signification du Gamou de Tivaouane

Il est bon de revenir sur la vie de celui à qui le Sénégal, voire le monde entier, doit une telle opportunité de rendre grâce au Très Haut. Quand en 1902, Seydil hadj Malick Sy (RTA) organisait le premier Maouloud à Tivaouane, nul ne s'attendait aux dimensions qu'a prises cette manifestation, quelque temps seulement après la première édition. Aujourd'hui, ce sont plus de 3 millions de personnes qui participent à la célébration de cette naissance pas comme les autres. Samedi prochain encore Tivaouane sera le point de ralliement de beaucoup de fidèles.



Cependant, il faut rappeler qu'avant Tivaouane, le guide avait eu à commémorer la venue au monde de celui dont il a été le plus grand serviteur. Lorsqu'en 1902 El hadji Malick Sy initiale Maouloud marquant la célébration de la naissance du prophète Mouhammed (PSL), il visait par là deux objectifs à savoir métamorphoser les consciences marquées par des pratiques païennes séculaires et asseoir une stratégie de communication en lui et ses disciples qui veulent répondre à son appel de tous les coins du Sénégal. C'était par des récitations du Saint Coran et des prières sur la Meilleure des Créatures (SAWS), durant la nuit du 11 au 12 du mois lunaire de Rabi Al Awal.

Ce fut le cas à Ngambou Thieulé, à Saint-Louis, à et Ndiarndé. Il a initié la forme actuelle du Gamou à Tivaouane en 1902, après une concertation avec les siens dont Tafsir Abdou Birane Cissé de Pire, au domicile de Djibril Guèye, un de ceux qui l'ont accueilli dans la capitale du Cayor. Le Gamou était pour lui une occasion de débattre au milieu de ses disciples des grandes questions intéressant l'Islam et les Musulmans. Pourtant la surveillance administrative de l'autorité coloniale était toujours de vigueur. Mais cela n'altéra en rien sa détermination de faire de cette commémoration une institution pérenne qui sera plus tard relayée et cela jusqu'à nos jours par descendance et celle du cercle de ses premiers disciples. C'est aujourd'hui une cérémonie religieuse annuelle effectuée sous forme de pèlerinage sur les lieux saints de la confrérie. Le Gamou de Tivaouane rassemble des millions de pèlerins. La plupart des pèlerins se rendent auprès des saints ou de leur mausolée pour se recueillir, prier, confier leurs problèmes et préoccupations à leur marabout pour qu'il puisse intercéder auprès de Dieu. Il faut noter que la moitié des fidèles préfèrent participer au Bourde Pour accéder à ses lieux saints, tous les moyens sont utilisés ; le petit commerce, la tontine, la thésaurisation, l'emprunt, l’endettement…

Sur le plan du transport, tous les moyens sont utilisés : les pèlerins de nationalité et d'ethnie diverses affluent à Tivaouane, à pied, à cheval, en charrette, en train, en voiture, en camion et en avion... Le Gamou se déroulera jusqu'à l'aube. Les pèlerins visitent également la mosquée. En contrepartie, le khalife général les exhorte à la piété et prie pour eux, pour le pays, pour tous les talibés. Au cours du Gamou, le khalife général peut donner une consigne, une recommandation à suivre, à satisfaire. Les Sénégalais de l'extérieur se font également remarquer aussi bien sur Pellan physique que financier et font l'objet d'une attention particulière et à tous les niveaux. Aujourd’hui, la célébration du Maouloud est ancrée dans la conscience collective des Sénégalais toutes obédiences confondues. C'était son vœu pieux de voir un jour les Musulmans sénégalais converger ensembles vers un idéal commun : la reproduction du modèle prophétique universel par excellence.
M F Lo


Vendredi 3 Février 2012
© lemessagersn. Info