La grosse bourde «diplomatique» du conseiller de Sarkozy

André Parant accuse Wade de vouloir favoriser son fils pour sa succession



Le conseiller aux Affaires africaines de Nicolas Sarkozy, n’était certainement pas attendu sur ce terrain. A Dakar pour négocier les accords de défense entre le Sénégal et son pays, André Parant, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a eu la langue trop pendue. Cité par le republicainlorrain.fr, le monsieur Afrique de l’Elysée a, en effet, accusé le chef de l’Etat sénégalais, de vouloir favoriser son fils, Karim Wade pour sa propre succession. Une vraie bourde diplomatique, venant d’un officiel français.



La grosse bourde «diplomatique»  du conseiller de Sarkozy

Tant que le travail de sape et de déstabilisation contre le président de la République et son régime était confié à des organes de presse français, la portée politique en était moins grande. Mais en attaquant ouvertement le chef de l’Etat Sénégalais, Me Abdoulaye Wade, André Parant, le conseiller de Nicolas Sarkozy aux Affaires africaines, donne une autre tournure aux relations empruntées depuis un certain temps entre les deux pays liés par l’histoire. Non content de prédire une instabilité à venir pour le Sénégal, André Parant s’est laissé aller à une attaque en règle contre le président Wade. «Il paraît évident que le président Wade ne pourra pas se représenter : il a 84 ans, voire même 85 ou 86. On le voit mal solliciter un nouveau mandat de sept ans !» Il est clair «qu’il a pour projet de favoriser l’accession de son fils à sa succession». Voilà en substance les propos d’André Parant, relayés hier sur le site d’informations français. Le conseiller de Sarkozy ajoute même que le fils du président en question, «a une mauvaise image auprès de l’opinion» dans un pays où, «il y a une véritable vie démocratique».

Et toujours selon le spécialiste des questions africaines de l’Elysée, «la lutte pour la succession va être extrêmement vive et susciter des tensions. Tout cela risque de ne pas être très simple dans un contexte social extrêmement difficile ; il y a un risque d’explosion sociale, et donc politique, extrêmement élevé…» Des propos gravissimes tenus par un officiel français. Mais des attaques qui s’inscrivent en droite ligne de celles menées par certains journaux français contre le Sénégal, depuis un certain temps. Ces organes de presse qui ont tenté de tourner en dérision le monument de la renaissance africaine, parlant de «folie des grandeurs» de la part du président Sénégalais, qui a osé ériger un telle œuvre, au moment où son pays est tenaillé par la misère. Certains témoins de l’histoire n’avaient pas manqué de rappeler à ces oiseaux de mauvais augure, le contexte dans lequel la Tour Eiffel, a été construite, ou même le fameux château de Versailles. Et aujourd’hui encore, les sans-domicile-fixe, les abonnés des restos du cœur de feu Coluche, sont une partie importante de la population française. Mais ce qui est constant, c’est que ces médias français si prompts à s’ériger en donneurs de leçons, se sont braqués contre le Sénégal depuis qu’une certaine grosse entreprise française a perdu son marché juteux du port de Dakar. Ce groupe dont les innombrables ramifications dans le continent noir, étaient encore les derniers vestiges d’une françafrique révolue. Pour s’être rapproché de pays émergents dans ses relations de coopération économique, Wade et son fils ont donc commis ce crime de lèse majesté, impardonnable. Et puis, en appelant les africains à l’éveil des consciences pour changer le cours de l’histoire, en prônant cette renaissance africaine à laquelle une majorité de pays du continent et même une partie de la diaspora a fini d’adhérer ; le président Wade est devenu forcément gênant pour ces puissances encore jalouses de leurs intérêts économiques. Certes, l’annonce faite solennellement du retrait des bases françaises du Sénégal, n’est pas venue adoucir ces relations. Et pourtant Wade, n’a fait que suivre le président Sarkozy qui avait annoncé la volonté de la France de retirer ses bases militaires en Afrique occidentale notamment, il y a quelques mois en Afrique du Sud. L’on en oublie même que le Sénégal est un Etat souverain, indépendant depuis 50 ans maintenant. Et cette accusation ouverte de dévolution monarchique du pouvoir, qu’André Parant vient de prêter au président du Sénégal, n’est certainement pas une petite entorse diplomatique. La tentative de nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (Epad), ce jeune homme de 23 ans, alors qualifiée de «népotisme français» par la presse occidentale, l’année dernière ; n’est pourtant pas loin dans les mémoires. La décence voudrait simplement que l’on balaie devant sa porte avant d’aller voir ce qui se passe ailleurs !

Bassirou Seck

Mercredi 28 Avril 2010
© lemessagersn. info


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