Passer de l'informel au formel !
La vague des marchands ambulants est née dans les années 73, avec la crise économique et la sécheresse qui ont frappé notre pays. L'exode rural en fut la première conséquence, aboutissant plus tard au surpeuplement des villes. Faute de statistiques, compte tenu de sa nature même, le secteur est allé grandissant puisque les derniers recensements font état de plus de 8000 personnes évoluant directement dans le secteur. Leur apport dans l'économie nationale est donc significatif. Les contraintes sont liées à l'encombrement des rues, aux difficultés pour accéder au crédit, à l'absence de couverture sociale et aussi à l'illégalité de l'exercice, du fait du décret de 1976.
Pour autant, le marchand ambulant facilite l'écoulement des produits et la consommation, alimente l'activité commerciale et impacte positivement sur l'économie nationale.
S'y ajoutent le manque d'organisation totale et de discipline des acteurs, l'absence d'un leadership parmi les responsables, le manque de communication, le problème de la réunification, entre autres.
Pour formaliser ce secteur, rien de tel que d'organiser des réflexions tendant à rendre l'activité plus réglementaire aux yeux des pouvoirs publics.
A cet effet, El Hadj Alioune Diouf, le Directeur du Commerce Intérieur, dira que « l'objectif est de désencombrer la capitale pour, ensuite, autoriser l'exercice dans certains lieux et à certaines heures, sachant que les tabliers sont interdits ». Interrogé sur les différents sites destinés à recevoir les ambulants, le directeur du Commerce Intérieur parlera des marchés Nguelaw et Thiaroye, les Parcelles Assainies, Mbeubeus, entre autres. « Il s'agit d'une rupture, puisque c'est la première fois que l'Etat prend en charge cette question, à travers le décret présidentiel No 2009-1410 du 23 décembre 2009. Il y a également un vocable nouveau, de sorte à encourager les initiatives diverses. Aujourd'hui, il y a une Commission Nationale d'Assistance des Jeunes Ambulants, ce qui montre l'implication de l'Etat pour améliorer leur sort. Laquelle commission comprend des parlementaires, des représentants d'organisations professionnelles, des membres du CES, des agents de différents ministères et des représentants des ambulants. A cette commission, il incombera de mettre en place un centre de formation multifonctionnelle, à même de faciliter l'insertion professionnelle ; de contribuer à la conception, au financement et à la réalisation de projets initiés par les jeunes ambulants et, enfin, à l'identification des nouveaux sites de recasement adéquats, conformes aux aspirations, en collaboration avec les élus », précisera-t-il. El Hadj Alioune Diouf ajoutera que pour justifier du nouveau statut d'ambulant, il faut s'inscrire au registre du commerce et souscrire auprès de la Convention entre l'Etat et les systèmes financiers décentralisés ambulants, pour bénéficier des cantines.
Enfin, le ministre du Commerce, Amadou Niang, a retracé le compagnonnage heurté entre les pouvoirs publics et les ambulants : « celui-ci est fait d'interdictions et de défis. Maintenant, je salue le travail abouti pour en arriver là, car il y a volonté de partage des objectifs communs pour mieux réussir », a-t-il dit. Amadou Niang conclura en indiquant que les ambulants ont participé au développement de nos villes et méritent d'avoir une rémunération appropriée ».
IBRAHIMA DIOP
Ibashubidiop2002@yahoo.fr