LA NOUVELLE INTELLIGENCE COLLECTIVE NATIONALE ET LES CONFRERIES ISLAMIQUES DU SENEGAL


Nous avons, ces derniers temps, noté, pour nous en réjouir, que la médiatisation a, d'une part, contribué à la baisse de l'obscurantisme, du populisme et, surtout, du bluff. D'autre part, aux avancées réalisées en démocratie participative. Ce qui a, en filigrane, réduit à sa plus simple expression le culte de la personnalité. Il s'en est suivi une conscientisation collective au terme de laquelle une forte aseptisation a été réussie. Les ruptures, ainsi opérées, ont débouché, essentiellement, sur le façonnage du citoyen sénégalais. Ce qui a abouti à une nouvelle intelligence collective qui déroute les démagogues, les populistes et les « prosélytistes ». Elle chasse les « pouvoiristes » qui piétinent, sans éthique, l'intérêt et le bien publics.




Il reste, cependant, patent que le SENEGAL CITOYEN ne peut se réaliser sans le SENEGAL RELIGIEUX. D'ailleurs, notre histoire nous permet de comprendre que l'Islam demeure un des référentiels majeurs qui auront permis d'organiser la résistance aux agressions extérieures, de construire une véritable Nation. De promouvoir l'Etat et la République du SENEGAL. Et de générer une réelle intelligence nouvelle. En ce sens, TOUBA et TIVAOUANE, entre autres, constituent un patrimoine. Ils restent, sans aucun doute, des sanctuaires inaliénables. Et leur enseignement façonne notre code de conduite. A cet effet, les compétences décisionnelles en matière de sauvegarde de l'ordre social national devraient intégrer dans leur démarche le fait que le SENEGAL confrérique est un support essentiel pour le développement du SENEGAL citoyen.

A cet égard, des signes enregistrés l'année dernière exigent la définition d'une démarche, pour éviter l'installation d'une crispation sociale dans l'espace confrérique.

Car nous avons remarqué que la dégradation sociale semble quitter l'espace de l'éducation et de la santé, pour essayer de migrer vers les ordres confessionnels. Cette situation devrait être évitée parce que son escalade reste pleine de risques d'insécurité.

Nous voulons, par rapport à cette situation, vous livrer notre réflexion. C'est-à-dire quelques idées pour participer au renforcement des moyens à mettre en action pour que la décrispation sociale s'opère.

Normaliser et moraliser la communication officielle

Inviter les hautes autorités occupant des positions de pouvoir à bien réaffirmer le rôle de l'Etat et de respecter le caractère impersonnel de l'Administration.

Systématiser, en cas d'intervention dans un cérémonial, le recours à l'usage du discours, de l'allocution. De préférence écrits.

Inviter le service public national de la communication à bien doser, sans censure, la distribution de l'information.

D'autre part, il faudrait noter que le fait confessionnel devient, de plus en plus, une donnée à prendre en compte pour assurer une gouvernance citoyenne totale. Car toute marginalisation de l'activité religieuse ne pourrait que profiter à certains leaderships qui cherchent à banaliser le rapport entre le culte et le pouvoir.

Cet état de fait exige une innovation en matière de relationnel avec le confessionnel. Parce que des événements comme le Magal, le Maouloud, Popenguine, sont des manifestations de haute importance. Et demandent que la forme de la délégation et sa composition soient en corrélation avec le rang de la haute autorité religieuse. Ou, mieux, qu'elle respecte le parallélisme des formes. Le Chef de l'Etat pourrait, par exemple, s'y faire représenter par des délégations conduites par les responsables des institutions : le Président du Sénat, le Président de l'Assemblée Nationale, le Président du Conseil Economique et Social…

En outre, le SENEGAL devrait, à l'instar de certains Etats, disposer de structures de concertations avec les autorités religieuses. Pour que, sans interférence et sans ingérence, les forces confessionnelles participent à la gouvernance citoyenne. Ces concertations aideront les compétences décisionnelles à déployer une synergie qui contribuera à régler la problématique religieuse, en évitant le choc des extrêmes.

Le pouvoir a, désormais, la responsabilité et le devoir de déployer une dynamique et une gouvernance en grande corrélation avec notre capacité d'indignation. En conformité avec notre intelligence collective et en harmonie avec notre religiosité. Parce que le SENEGAL a construit un sanctuaire qui permet un commun vouloir citoyen et une conviviale coexistence cultuelle soclée, essentiellement, par un patriotisme ouvert, un nationalisme non étriqué. Et une générosité en corrélation parfaite et totale avec sa croyance, sa capacité d'indignation.

Certains ignorent que la pratique de l'Islam adoube le croyant et l'installe, progressivement, dans un espace où le respect de la règle de l'observance du juste milieu reste prépondérant. Et favorise, parfaitement, le développement d'une intelligence nationale qui conforte le discernement, la capacité d'indignation, la réserve, la retenue. Ce qui fait que l'élite musulmane, dans une bonne part, n'a point été dérangée par certaines effusions qui, d'ailleurs, ont remis en relief le sens de la tolérance et l'esprit de pardon qui caractérisent les confessions islamiques.

TOUBA 2010 ou le MAGAL 2010, sont synonymes de fierté et de sûreté. Parce que la dimension et la rigueur du management déployé révèlent une autre expression de la nouvelle intelligence collective nationale. Et démontrent, à suffisance, la solidité de l'enseignement de CHEIKH AHMADOU BAMBA. Qui a réussi, dans un monde où le rebours demeure règle et la norme exception, à forger des consciences individuelles de haut niveau.

Le MAOULOUD 2010, comme le MAGAL, sont l'occasion pour les fidèles de mesurer leur marche cultuelle, de sonder leurs acquis spirituels. Et de montrer au monde et à la UMMAH que le Djihad au SENEGAL demeure constant, permanent et intégré. L'adhésion inconditionnelle du fidèle aux nécessités confessionnelles s'apprécie avec rigueur et vigueur, au travers de l'intensité de sa ferveur. Mieux, la teneur, l'actualité, l'intérêt prospectif des messages délivrés à l'occasion des hautes cérémonies musulmanes, offrent des fondamentaux déterminants et essentiels à la construction nationale.

Wagane FAYE

Professeur d'Anglais

Coordonnateur des cadres du F.A.P

Vice Président de la Commission des Cadres et Experts de la CAP21

E-mail : waganecoumbasandiane@gmail.com

Mardi 2 Mars 2010
© lemessagersn. info



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