Que l’on se comprenne bien ! Ce ne sont pas les balivernes des Latif Coulibaly et autres Tanor Dieng qui dérangent, mais plutôt les délestages fréquents et répétitifs qui empêchent de travailler. On a reproché jadis à la Senelec son manque de communication. Depuis deux jours elle se met à le faire, mais, malheureusement, elle pratique une communication mensongère.Un avis de coupure de courant, paru dans l’Observateur du 1 septembre 2009, situait la durée de la diète entre 8 heures et 17 heures, pour plusieurs secteurs, dont celui de Bourguiba- Front de Terre où se trouvent nos locaux. Or, ce jour là, le courant y était coupé juqu’au-delà de 18 heures ! Une telle manière de communiquer est pire que le silence.
La gestion de la distribution de l’électricité est un véritable casse-tête chinois pour le gouvernement. Depuis 2006, l’Etat élabore des calendriers de retour à la normale, injecte des sommes faramineuses, mais le jour « j», l’on se retrouve devant l’incertitude et le tâtonnement…On ne peut pas gérer un secteur aussi stratégique que l’électricité de la sorte. Les Sénégalais sont las des discours creux et des promesses sans lendemain. Il est vrai que le Premier ministre, mieux informé que nous, a officiellement démenti l’information relayée par la presse d’hier, relative à une éventuelle démission de Samuel Sarr, de son poste de ministre de l’Enérgie et des Biocarburants. Pourtant, un tel acte, s’il était confirmé, serait un bon exemple de patriotisme.
En effet, il ne sert à rien de vouloir s’entêter à maintenir sur le terrain un attaquant, qui, non seulement ne marque pas de but, mais n’est pas non plus aimé par le public, qui, du haut des gradins, ne cesse de réclamer son départ. Pour dire qu’une telle démission, pourrait rendre un grand service au chef de l’Etat, appelé à sélectionner un autre joueur plus performant. Au-delà des contingences, le cas de la Senelec est préoccupant. A défaut d’une privatisation pure et simple, il me semble nécessaire de mettre la production et la distribution de l’électricité, en gestion déléguée, avec un cahier de charges garantissant les intérêts du Sénégal. D’autres pays, même émergents, ont essayé et réussi la formule. Pourquoi pas alors le Sénégal?
En attendant, l’Etat pourrait développer une politique de multiplication des sources d’énergie en mettant notamment l’accent sur les énergies renouvelables. L’autre dossier brûlant est bien sûr les inondations en banlieue. Il s’agit là d’appliquer une politique de vérité qui consisterait à négocier la vente des surfaces inondées à des promoteurs privés et procéder au relogement des déguerpis dans d’autres sites aménagés et construits, grâce au produit de la vente desdites zones. Une telle décision implique un courage politique, sans lequel, aucune politique sociale ne pourrait réussir. Nous osons espérer qu’une fois sur le tarmac de l’aéroport, le chef de l’Etat prendra les décisions qui s’imposent et annoncera l’amorce d’une nouvelle démarche politique qui tiendra en compte les urgences sociales et les alertes qui fusent de toutes parts.
M. Bamba Ndiaye