L’AFRIQUE FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES : S’ADAPTER OU PERIR

I ) AMERS CONSTATS :



A cause du réchauffement climatique, le paysage de l’ensemble du continent africain se transforme. Les cimes enneigées des monts Kilimandjaro, Kenya et Elgon fondent. Les rivages des lacs Tchad, Tanganyka et Victoria reculent. La superficie du lac Tchad est actuellement le vingtième de celle d’il y a 35 ans... Les sécheresses et les inondations ainsi que les pluies et les périodes sèches hors saison, portent atteinte au bien-être de millions de personnes en Afrique.



L’AFRIQUE FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES : S’ADAPTER OU PERIR

Les changements climatiques, qu’on présume être la cause du problème, sont un phénomène bien concret pour la population africaine (des familles entières sont encore aujourd’hui sous les eaux un peu partout en Afrique, dans la banlieue de Dakar... par exemple). Ces changements et bien d’autres encore ont déréglé les saisons de culture : les pluies qui, autrefois, tombaient de la mi-juin à la fin août, commencent aujourd’hui en mi-juillet et se terminent en fin septembre... Les ramifications agricoles et socio-économiques sont énormes... L’approvisionnement en eau potable est réduit.... Un vrai désastre pour un continent dont l’agriculture dépend presque exclusivement de la pluie.

II) L’EXTREME VULNERABILITE DU CONTINENT : LES PREVISIONS
Bien que ce soient les Africains qui ont le moins contribué à ces changements climatiques d’origine humaine, beaucoup craignent que l’Afrique soit la plus touchée.
Les experts et scientifiques prévoient dans les années à venir que :
- 30 % des infrastructures côtières d’Afrique, y compris les aménagements humains le long du Golfe de Guinée et des côtes sénégalaises, gambiennes et égyptiennes, risquent d’être submergés.
- De 25 % à plus de 40% des habitats d’espèces en Afrique pourraient disparaître d’ici 2085.
- Le rendement des cultures céréalières baissera de 5%, au plus, d’ici les années 2080 ; et les cultures de base comme le sorgho au Soudan, en Ethiopie, en Erythrée et en Zambie, le mais au Ghana, le millet au Soudan ou l’arachide au Sénégal et en Gambie, se détérioreront également en raison du changement climatique. L’agriculture génère 20 à 30% du PNB de l’Afrique subsaharienne et représente 55% de l’ensemble des exportations du continent. L’agriculture africaine dépend de plus de 95% des eaux de pluies... Les changements climatiques entraîneront, certes, une amélioration de 80.000 km2 de terres agricoles subsahariennes ; par contre, le même phénomène provoquera l’extrême dégradation de 600.000 km2 de sols aujourd’hui catégorisés maigres...
- Le niveau des mers augmentera de 15 à 20% d’ici 2100. En Afrique, le nombre de personnes menacées par les inondations côtières passera de un million à 70 millions en 2080. Une élévation de 1 mètre du niveau de l’Atlantique résultera en la disparition d’une partie de Lagos, la capitale économique du Nigeria. Alexandrie, en Egypte, pourrait également être gravement affectée : le pays perdrait alors 30 millions de dollars par an en terme de terres englouties, d’infrastructures détruites et de revenus touristiques perdus. Une élévation du niveau marin de 50 cm submergera 2000 kilomètres carrés de la Tanzanie, et coûterait 50 millions de dollars au pays… Des villes comme Rufisque au Sénégal, dont certains quartiers se situent en dessous du niveau zéro de la mer, sont en risque.
- La biodiversité et les écosystèmes sont menacées : une baisse de la quantité d’eau de ruissellement aura un impact sur les écosystèmes des terres humides.
- Quant aux zones côtières, le changement climatique y provoquera une baisse de la productivité halieutique, le blanchissement du corail, l’intrusion d’eau salée sur les terres cultivables (exemple de la Casamance), la perte d’aménagements balnéaires et de revenus touristiques.
- Les experts prédisent une chute des pluies de 10 à 60% dans les régions septentrionales d’Afrique ; en revanche, les précipitations augmenteront de 10 à 35% en Afrique occidentale. En général, les phénomènes extrêmes comme les sécheresses et les inondations, deviendront de plus en plus fréquents. La superficie des zones inondées augmentera... Plusieurs habitations risquent d’être encore évacuées, les prochaines années... si rien n’est fait. Transformer les zones inondées en bassins de rétention comme suggéré, serait une grave erreur d’appréciation si l’on tient en compte les prévisions des experts.
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III ) SECURITE MARITIME : tempêtes, ouragans et typhons.... ces facteurs aggravants :
Depuis plus d’une décennie, malgré toutes les dispositions prises par l’OMI pour renforcer la sécurité sur les navires, le monde maritime fait face à une augmentation du nombre de naufrages de ferries (navires à passagers et transbordeurs)... avec des milliers de morts et disparus. Même si les principales causes de ces naufrages sont attribuées généralement au manque d’entretien et /ou à la surcharge - cas des pétroliers “Erika” (Samedi 11 décembre 1999), du “Prestige” (13 Novembre 2002), des ferries : le “Joola” (26 Septembre 2002) avec ses 1863 passagers officiellement disparus, l’AL Salam 98” Egypt (4 Février 2006) avec plus de 1000 morts et disparus en mer rouge, le “Princess of Stars” (en 2008) plus de 800 disparus, le “Super Ferry 9”.... la liste est longue - il faut savoir que quand les normes de sécurité ne sont pas respectées (ce qui est souvent le cas en Afrique et en Asie) les navires peuvent être en équilibre instable. Ils deviennent alors des proies faciles face aux tempêtes, typhons ou ouragans. Ces derniers constituent des facteurs aggravants pouvant faire chavirer paquebots, ferries, pétroliers et, bien sûr, pirogues. D’où l’importance de disposer d’un système d’alerte météo efficace.
Avec les changements climatiques, on rencontre de plus en plus vers les zones côtières des tempêtes avec des vents de force 8 à 9, accompagnés souvent, en mer, de creux de plus de 6 mètres. Les navires mal entretenus ou en surcharge (la répétition est pédagogique), les pirogues traditionnelles pour la pêche artisanale ainsi que les embarcations de fortune, ne peuvent résister aux vagues et paquets de mer quand ils se déchaînent.

IV) FACE AUX DESASTRES L’AFRIQUE DOIT S’ADAPTER OU PERIR
a) Changements climatiques : les conséquences environnementales
Les effets directs :
Destructions de forêts dues aux vents, dommages résultant des inondations.
Les effects indirects :
Pollution plus ou moins grave et étendue du littoral suite à un naufrage, pollution à l’intérieur des terres résultant de dégâts occasionnés aux infrastructures de transport....
b) Changements climatiques et préjudices économiques.
Les dommages matériels dépendent de l’intensité des vents, des cyclones et de leur potentiel de pluies. Les pertes ou perturbations d’activités résultent de destructions ou de dommage, outre les habitations, l’économie est également touchée par la destruction d’infrastructures (ponts, routes, voies ferrées etc), la détérioration des outils de production industrielle, l’impact sur les réseaux d’eau, de téléphone et d’électricité (susceptibles de provoquer incendies, explosions et électrocutions). Il s’ensuit alors une interruption plus ou moins prolongée de la vie économique.
Au sommet de Copenhague qui s’ouvre ce lundi 7 Décembre 2009, l’Afrique devra y aller unie’’... Ne pas signer n’importe quoi”, comme disait le ministre de l’Environnement du Sénégal. Mais manquant surtout de moyens financiers, l’Afrique aura-t-elle vraiment le choix face aux propositions des grandes puissances économiques ?
S’il est vrai que les grands pollueurs doivent réduire progressivement les émissions de gaz à effet de serre, afin de stabiliser l’atmosphère, nous autres Africains devons :
-compter d’abord sur nous-mêmes pour faire face aux conséquences du rehaussement climatique.
-accroître et moderniser nos réseaux d’observations de nos services de météorologie et d’hydrologie (en augmentant les stations par exemple).
-mettre en place des systèmes de télécommunications pour échanger des données...
-enfin, nous devons disposer des moyens nécessaires au traitement des informations et à l'élaboration de prévisions.
Depuis plus de 40 ans, en matière d’assainissement, au Sénégal, nos avons toujours mis la charrue avant les bœufs, ce qui fait que pour une ville-presqu’île comme Dakar, l’évacuation des eaux demeure encore aujourd’hui un vrai casse-tête chinois pour les autorités.
Les inondations nous ont posé un problème technique, nous avons apporté des réponses sociales et politiques en lieu et place d’une réponse technique (plan Diaxay qui constitue, du reste, une bonne chose pour recaser les plus démunis...)
Soyons clairs ! L’aide financière ne doit servir ni à acheter des 4x4, ni à organiser à longueur d’année séminaires, ateliers, conférences, ou autres colloques dans des hôtels luxueux, au détriment des populations dont certaines personnes ont encore les pieds dans l’eau, rappelons-le.
L’Afrique aurait donc, comme disait un expert, tout intérêt ; non pas à accuser mais plutôt à s’adapter, avant que les répercussions des transformations de l’environnement ne bouleversent encore plus la vie des populations.

Sources : ACCA, CRDI, DFID, CCNUCC, PNUE, OMM
Amadou S. DIOP : Cincinnati, Ohio, Usa.
-Diplômé de l’Ecole Technique Normale des Constructions et Armes Navales de Brest.
-Opérateur en contrôle non destructif des infrastructures maritimes et industrielles.
-Certifié en contrôle par Ultrason, Magnétoscopie, Liquid Penetrant (level II).
-Certifié en radiography testing... American Society for Non destructive Testing (ASNT).

Jeudi 10 Décembre 2009
© lemessagersn. info



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