« Karim m’ a motivée à faire de la politique »

Fa Mbengue Sène, présidente des femmes pour le développement des Hlm Las Palmas (Guédiawaye)



Elle a toujours été Wadiste. Mais, c’est la séduction que la vision de Karim Wade a opéré sur elle qui l’a décidée à faire le grand saut, en descendant dans l’arène politique. Ainsi, depuis plus d’un an, Fa Mbengue Sène, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, s’investit pleinement pour offrir, à la mouvance présidentielle, une majorité confortable au niveau de la banlieue. Seulement, des blocages qu’elle n’arrive pas à s’expliquer l’empêchent d’avoir accès à son mentor, en l’occurrence, Karim Wade, qu’elle considère comme étant le seul messie après Me Wade.



« Karim m’ a motivée à faire de la politique »

Le Messager : Vous avez récemment organisé un grand meeting de soutien à Karim Wade. Pouvez-vous revenir sur cet évènement ?

Fa Mbengue Sène : Effectivement, j’ai organisé un meeting, le 07 mars dernier, en soutien à la Génération du Concret. Je me suis dit que quand on aime quelqu’un, on le soutient dans ce qu’il fait. Et comme je porte une grande affection à Karim Wade, j’ai décidé d’organiser cette manifestation politique. Mais, je dois dire que cela a failli me coûter cher puisque les partisans de Benno sont venus tout saccager. Comme vous le savez, la localité où je milite, à savoir les Hlm Las Palmas de Guédiawaye, a été remportée par l’opposition lors des dernières locales. Ainsi, quand les autorités locales ont eu écho du meeting, elles ont promis de tout mettre en œuvre pour le saboter. Toutefois, je tiens à dire que rien ne peut me décourager parce que j’agis par conviction. Et j’ai été d’autant plus confortée dans ma position que j’ai réussi à leur montrer que les Hlm Las Palmas étaient loin d’être leur fief. Cela, alors même que je suis entourée par le maire de Guédiawaye, Cherif Macky Sall, le maire de Golf Sud, Aïda Sow Diawara et l’ancien maire de Yarakh, Mansour Tambédou qui appartiennent, tous, à Benno. C’est dire que j’évolue dans une zone assez hostile. Mais, du fait de l’estime que je porte à Karim et de l’espoir que je place en lui, j’ai pris mon courage à deux mains pour affronter ces adversaires politiques du régime.

Et pour tous ces efforts que je suis en train de faire par mes propres moyens, j’aimerai, au moins, que Karim me connaisse et, surtout, qu’il sache le travail que je suis en train d’abattre au niveau de la banlieue où je dispose d’une base solide.

Est-ce que vous pouvez, justement, revenir sur le travail que vous faites au niveau de la banlieue pour ramener la majorité au premier plan ?

Dans mon travail, j’ai surtout ciblé les jeunes et les femmes. Il y a, dans ma localité, beaucoup de jeunes diplômés qui sont au chômage. Et, aujourd’hui, ils sont tous derrière moi. Aussi, j’aimerai bien leur être utile à quelque chose. C’est ainsi que je m’étais rapprochée de l’Ofejban (office pour l’emploi des jeunes de la banlieue) pour la mise en place d’une structure de gardiennage. Si chacune des 1 004 maisons que compte la cité paie 3 000 francs Cfa par mois, on pourra caser beaucoup de jeunes et leur assurer des salaires décents. Et c’est la même chose pour les femmes. Aujourd’hui, mon ambition, c’est de créer une mutuelle pour permettre aux femmes d’accéder au crédit et de développer des activités génératrices de revenus. Nous ne sommes plus à l’ère des folklores et autres. Aujourd’hui, les femmes veulent participer activement au développement de leur pays. J’ai déjà eu à solliciter le Ministère de la Jeunesse pour obtenir des maillots pour mon Asc, le Ministère de la Santé pour mettre à la disposition des populations des moustiquaires pour lutter contre le paludisme, mais aussi le Ministère de l’Environnement pour disposer de pots à ordures. Et tout cela, je le fais dans le cadre du soutien que j’apporte à la Gc. Aussi, je voudrais que mes responsables me connaissent et m’appuient pour que je puisse réaliser les ambitions que j’ai pour ma localité et qui, à coup sûr, participeront à l’éradication de la pauvreté qui frappe particulièrement la banlieue.

Vous parliez, tantôt, des démarches que vous avez eu à faire au niveau de l’Ofejban. Quelle est la suite qui leur a été réservée ?

Je dois dire que jusque-là mes démarches sont restées vaines. Pourtant, je me suis déplacée à deux reprises pour rencontrer le maître des lieux, après l’avoir contacté par téléphone. Mais, depuis le mois de février dernier, je n’ai eu aucun feed-back. Ofejban a été créé par Me Wade pour lutter contre le chômage des jeunes de la banlieue. Donc, les jeunes qui sont avec moi devraient pouvoir en bénéficier.
Est-ce que celui que vous soutenez, en l’occurrence, Karim Wade, est conscient de votre soutien ?

C’est, justement, cela mon plus grand problème. Je n’ai jamais eu le privilège de rencontrer mon leader. Je ne le vois que lors de certaines manifestations. Cela a été le cas lorsqu’il se déplaçait à la Senelec de Guédiawaye. On m’a appelée la veille, vers 20 heures, pour m’informer de son arrivée, le lendemain à 9 heures. Je me suis immédiatement levée pour mobiliser mes partisans afin de lui réserver un grand accueil.
Pourquoi n’avoir pas saisi cette opportunité pour vous rapprocher de lui ?

Je n’ai pas jugé utile de le faire d’autant plus que je connais bien son chef de cabinet, Bachir Diawara, qui sait, mieux que quiconque, les efforts que je fais pour implanter la Gc dans ma localité. D’ailleurs, il était venu prendre part au meeting que j’ai eu à organiser. Donc, je ne peux pas dire que Karim ne me connaît pas. Mais, je pense que cela ne suffit pas. Quand tu investis tes propres moyens pour soutenir quelqu’un, ce quelqu’un doit, au moins, te connaître. Mais, je ne l’ai jamais rencontré. Je n’ai jamais échangé avec lui au téléphone. Bref, je n’ai jamais eu aucun contact avec lui. Je n’ai jamais reçu le plus petit soutien de lui. C’est lorsque j’ai été victime de saccages, lors de mon meeting, que Bachir Diawara m’a aidé à rembourser le matériel qui a été saccagé. Mais ce dont j’ai besoin, c’est que mon leader sache qui je suis et ce que je représente dans la banlieue. Je veux qu’il se rende compte, par lui-même, du travail que je suis en train de faire pour la Gc.

Concrètement, quelles sont vos attentes par rapport à Karim ?

Je veux qu’il me soutienne à mieux fidéliser ma base en permettant, notamment, aux jeunes et aux femmes de pouvoir s’activer. Je veux aider les populations de ma localité à se développer et à participer au développement de notre cité.

Vous soutenez Karim depuis plus d’un an sans rien avoir en retour. Et vous entendez poursuivre dans cette voie. Qu’est-ce qui vous attire tant chez lui ?

Si je tiens, coûte que coûte, à soutenir Karim, c’est parce que c’est quelqu’un qui a beaucoup de qualités et qui aime profondément le Sénégal. J’ai toujours voté pour Me Wade mais, je dois dire que c’est Karim qui m’a motivée à faire de la politique. C’est quelqu’un que j’estime beaucoup. Il parle peu mais bien. Il sait ce qu’il veut et où il va. Il nourrit des ambitions pour le pays. Et c’est compte tenu de tout cela et surtout du constat qu’il est le mieux placé pour poursuivre les chantiers de Me Wade que j’ai pris la décision de lui apporter mon soutien. Et il n’y a rien qui pourra me détourner de cette voie. Seulement, j’aurais bien aimé avoir accès à lui pour que notre collaboration soit plus renforcée et qu’on puisse atteindre l’objectif de rayer Benno de la banlieue. En tout cas, nous sommes derrière lui pour la réélection de Me Wade en 2 012.

On va aborder un autre sujet. En tant que femme qui aspire à contribuer au développement de son pays, quel regard portez-vous sur la parité ?

Tout le monde connaît la place de choix que Me Wade accorde aux femmes. Aussi, cette initiative ne nous surprend guère. Personnellement, je ne trouve pas les mots pour exprimer ma gratitude au Président de la République. La balle est maintenant dans le camp des femmes. C’est à elles de se souder, de travailler dans la solidarité pour que Me Wade n’ait jamais à regretter cet acte salutaire qu’il vient de poser mais également pour qu’il ne soit pas déçu en 2 012.
Propos recueillis par

Thiané NDIAYE


Samedi 29 Mai 2010
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