Le Messager : Vous avez récemment lancé un mouvement de soutien à Karim Wade. Qu’est-ce qui explique cette initiative ?
Ndiogou Malick Dieng : Nous avons lancé ce mouvement en tant que militants de la Génération du concret et donc du Pds. La Génération du concret travaille pour le Pds, pour Abdoulaye Wade et pour Karim Wade. C’est notre affection pour Karim qui nous a motivés à créer Tata 2 012, après avoir monté nos secteurs à travers tout le département de Guédiawaye.
Qu’est-ce qui peut pousser des transporteurs à soutenir Karim ?
Personnellement, mon soutien se justifie, avant tout, par l’affection que j’ai pour lui. Mais, également, par le travail important que Karim est en train de faire depuis que son père est au pouvoir. Un travail que tout le monde peut constater, en particulier, nous les chauffeurs, avec notamment, la construction d’infrastructures routières. Son père n’est pas le premier Président du Sénégal. Mais aucun des fils des prédécesseurs de Me Wade ne s’était impliqué dans le développement de notre pays comme le fait si bien Karim. Et ce que l’on admire le plus chez lui, c’est qu’il travaille dans la plus grande discrétion. Malgré toutes les attaques dont il fait l’objet, lui et sa famille, il sait prendre de la hauteur.
Pour en revenir à votre meeting, j’ai lu, dans la presse, que les militants, frustrés par l’absence de Karim, avaient boudé la rencontre.
C’est vrai que l’absence de Karim a créé beaucoup de frustrations. Il faut dire que j’ai invité toutes ces personnes en leur disant que j’allais recevoir la visite de Karim. Et ce n’était pas des paroles en l’air. Si on ne m’avait pas donné des assurances fermes par rapport à sa présence, je n’aurais pas annoncé sa venue. Bien que celui qui l’a représenté, en l’occurrence, le ministre d’Etat et directeur de cabinet du Président de la République, Habib Sy, est un responsable de haut rang. Mais, toujours est-il que les militants ont été déçus. Et je profite de l’occasion pour appeler Karim à descendre dans l’arène politique. Il est temps qu’il le fasse pour soutenir le Pds et encourager ses partisans. C’est une condition incontournable pour favoriser la victoire du Pds. Aucun Sénégalais n’est plus indiqué que lui pour prétendre diriger ce pays.
Est-ce Karim, lui-même, qui avait donné sa parole quant à sa présence au meeting ?
Absolument ! Son chef de cabinet, son directeur de cabinet et son secrétaire l’ont appelé devant moi. Et il a clairement dit qu’il allait venir. Pourtant, beaucoup de gens m’avaient dit qu’il n’allait pas se déplacer. Aussi, j’ai été très frustré. C’est difficile de s’investir, physiquement et matériellement, pour quelqu’un qui donne l’impression de ne t’accorder aucune importance. Nous travaillons dans le développement avec plus de 50 groupements, des associations et des Gie. Et nous souhaitons qu’on nous accompagne dans cette politique que nous sommes en train de mener pour le développement du pays.
Quelles sont vos relations avec les autres libéraux de Guédiawaye ?
Personnellement, j’entretiens de bonnes relations avec tout le monde. Même si le mouvement que je dirige, du fait de son aura, dérange certains. Il faut dire que j’ai réussi à faire revenir beaucoup de responsables qui avaient été frustrés par les investitures lors des dernières locales. J’ai aussi amené des gens qui étaient de l’autre camp à rejoindre le Pds. Je vais vous citer le cas d’Awa Guèye Kébé. Je suis allé la rencontrer pour lui demander de revenir dans la famille libérale à laquelle elle appartient à part entière. Et elle a accepté de suivre mon conseil après l’avoir refusé à beaucoup d’autres. Il y a aussi le socialiste, Amadou Sarr, qui est un grand responsable à Podor où il dirige le département. Il a aussi eu à diriger le Conseil régional de Saint-Louis. Il fut directeur de l’Ecole du Parti Socialiste, porte-parole de cette même formation, directeur de Sn/ Hlm. Je l’ai convaincu à venir au Pds. D’ailleurs, nous avons déjà été reçus par Aminata Tall, en attendant que le chef de l’Etat nous accorde une audience pour qu’enfin, nous puissions commencer le travail pour la réélection de Me Wade en 2 012.
Etes-vous confiant quant à cette réélection ?
Bien sûr ! En tout cas, pour ce qui concerne Guédiawaye, je peux dire que Me Wade y sera plébiscité. Non seulement, on va le réélire en 2 012, mais, on fera de Karim le quatrième Président de la République du Sénégal.
On parle de plus en plus de dévolution monarchique…
Ce ne sont que des allégations. Jusque-là, personne n’a jamais entendu Karim dire qu’il va remplacer son père. De même, on n’a jamais entendu Me Wade dire qu’il sera remplacé par son fils. Le fait est que ceux qui lorgnent le fauteuil présidentiel nourrissent des craintes par rapport à Karim qui a réussi à leur ravir la vedette par ses réalisations. C’est un faux débat que de dire que Karim ne peut pas aspirer à présider aux destinées des Sénégalais parce que son père est l’actuel Président. C’est absurde ! Ce que l’on pourrait lui reprocher, à la rigueur, c’est d’utiliser son statut de fils de président pour accéder au sommet. Ce qu’il ne compte nullement faire. Nous allons travailler pour qu’il ait une base solide qui puisse lui permettre, le moment venu, d’être élu de la manière la plus démocratique.
Un appel à lancer ?
Je voudrais saisir cette opportunité pour appeler, à l’unité, tous les libéraux. Aussi bien ceux qui sont dans le Pds que ceux qui sont dans la Génération du concret pour réélire Me Wade en 2 012. Qu’on arrête de nourrir de la jalousie, les uns, par rapport aux autres. Le champ politique est assez vaste pour que chacun puisse s’y investir. Unissons-nous pour offrir un troisième mandat à notre Secrétaire Général National et pour faire de Karim le quatrième Président du Sénégal. Je lance le même appel à l’endroit de ceux qui sont dans cette coalition dénommée Benno Siggil Senegal et que l’on devrait, plutôt, appeler «Benno Sëggël Senegal». Qu’ils viennent travailler avec Me Wade pour le développement du Sénégal. D’autant plus qu’ils n’arrivent même pas à s’entendre entre eux. Je reste convaincu que l’unité au sein de cette entité restera toujours un mirage.
Propos recueillis par
Thiané NDIAYE