Arrivera-t-il un jour, où l'homme et la femme auront les même droits et les mêmes devoirs ? La réponse à cette question, du moins sous nos cieux, semble être plus proche de la négative que de l'affirmative. La preuve, depuis des années, la gent féminine ne cesse de se déployer sur le terrain de la parité sans grands résultats. Il faudrait, en effet, souligner que mises à part quelques satisfactions mineures, le respect des droits de la femme reste encore un idéal auquel on tend, sans jamais l'atteindre. Des femmes battues, des femmes abandonnées, des femmes violées etc.
C'est le spectacle qui nous est quotidiennement servi par la presse. La faute à qui ? A cette interrogation, la plupart des Sénégalais indexent une sociologie défavorable au respect des droits de la femme. Effectivement, de l'avis de la majorité de nos compatriotes que nous avons eu à interpeller sur la question, c'est la place qu'occupe la femme dans notre société qui n'est pas compatible avec le respect de ses droits. « Il faut comprendre que nous sommes en Afrique. Et dans notre conception des choses, la femme doit rester à la maison pour s'occuper du ménage et des enfants », tranchera
L. N. Abondant dans le même sens, J. K. qui étale ses talents de macho, estime que les femmes exagèrent en réclamant une égalité avec les hommes. « Je suis écœuré quand j'entends une femme parler de parité. Il est temps que les femmes redescendent sur terre et arrêtent de rêver. La place d'une femme est au foyer. Et c'est, justement, parce que l'on a oublié cette réalité, que la société est aujourd'hui en déperdition », martèlera-t-il. Indexant l'Occident qui aurait fait un lavage de cerveaux à nos femmes, I. D. considère que tant que les filles iront à l'école, il n'y aura pas un retour aux valeurs traditionnelles. « Je me suis toujours dit que je n'allais jamais épouser une fille qui est allée à l'école, parce que je reste convaincu que tout cela est le résultat des idées qu'on leur met dans la tête à l'école. Nos mères et nos grands-mères qui ne fréquentaient pas l'école n'ont jamais développé de telles idées. Elles se sont toujours attelées à leur devoir de femmes de foyer et les mariages duraient plus longtemps », soulignera-t-il, au bord de l'énervement. Une nervosité, qui cache toutefois mal, les non-dits de son discours. Ce qu'I. D. a oublié de dire, c'est que les temps ne sont plus les mêmes. Il est, en effet, bien loin l' époque où tous les besoins de la femme étaient pris en charge par le mari. Quand il entrait dans une grosse colère, parce que simplement la femme s'est permise d'acheter le sel qui relevait le repas avec son propre argent. Aujourd'hui, c'est « moitié, moitié ». Les dépenses sont partagées. Mieux encore, dans certains foyers, c'est la femme qui prend en charge toutes les dépenses. D'ailleurs, il a été démontré, à travers une étude faite par l'Agence nationale des statistiques, que les femmes chefs de foyers sont de plus en plus nombreuses. Il y a aussi que de nos jours, les femmes atteignent des niveaux d'étude jamais égalés auparavent. Aussi, n'est-il pas étonnant que ces dernières aspirent, de plus en plus, à avoir les mêmes droits que les hommes, à être traitées au même pied d'égalité que ces derniers.
Reste maintenant à savoir, si leurs requêtes seront satisfaites. Dans notre pays, en tout cas, des avancées ont été notées. Même si, par ailleurs, il y a encore beaucoup à faire.
En attendant de savourer les fruits de leur labeur, les femmes qui sont devenues des actrices de développement incontournables, continuent à se battre pour obtenir ce qui leur revient de droit.
Thiané NDIAYE