Le 12 janvier 2010, un énorme tremblement de terre a détruit Haïti, avec un bilan qui dépasse la barre des deux cents mille morts, selon les autorités , qui précisent toutefois, qu'elles ne connaîtront jamais le chiffre exact, dixit le ministre Paul Antoine Bien-Aimé. Ce qui aura provoqué une catastrophe majeure dans le pays dont de nombreux édifices ont été touchés, notamment les édifices gouvernementaux comme le Palais national, le Palais de Justice, les hôpitaux, les musées et autres galeries, l'Université de l'Agence universitaire de la francophonie (Auf), la prison centrale, une partie du siège de la Mission de l'Onu pour la stabilisation en Haïti, l'Hôtel Montana, le plus grand hôtel de la capitale entre autres. Et conséquences immédiates, on assiste à des scènes de vandalismes et de saccages des galeries, des musées et autres églises endommagées.
Et dans le but de pallier à tout cela et de protéger le patrimoine mobilier et culturel de tous ces pillages, l'Unesco à travers sa Directrice générale, Irina Bokova, sollicite le soutien de l'Onu, afin «d'éviter la dispersion du patrimoine haïtien». En effet, Mme Bokova a adressé une missive au Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, afin que son Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, M. John Holmes, par ailleurs envoyé spécial de ladite organisation, mais aussi aux autorités compétentes chargées de superviser la coordination de l'aide humanitaire dans ce pays, «d'assurer autant que possible, la sécurité des sites où se trouve ces oeuvres d'arts». Sur cette même lancée, Irina Bokova souhaite l'adoption d'une résolution pour instituer une «interdiction temporaire du commerce ou du transfert des biens culturels haïtiens». C'est que le patrimoine culturel haïtien selon la Secrétaire générale, «est une source d'identité et de fierté inestimable pour les habitants de l'île» et donc «sera essentielle au succès de leur reconstruction nationale».
Très encline à sauvegarder les biens culturels haïtiens, madame la secrétaire générale souhaite aussi que les «décombres des nombreux lieux emblématiques qui se sont effondrés pendant le séisme comme l'ancien Palais présidentiel et la cathédrale de Port-au-Prince ou de nombreux bâtiments de Jacmel, la ville coloniale du 17è siècle que Haïti envisageait de proposer pour inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco», ne soient pas fouillés par les chasseurs de trésors.
Pour finir, Irina Bokova s'est cependant réjouie que le seul bien inscrit sur la liste de l'Unesco, à savoir le Parc national historique-Citadelle Sans Souci, Ramier avec son palais royal et sa grande forteresse, soit épargné par le tremblement de terre.
Mamy SY