Idy, votre combat n'est pas nôtre



Le leader de l'ex-Rewmi (le pays) Idrissa Seck, était encore ce mercredi 11 août 2010, au palais de la République. Audience avec le Président Wade oblige. Le maire de Thiès a le droit de faire sa politique, mais c'est indécent d'exploiter nos souffrances pour des calculs politiques, à la limite mercantilistes. La presse qui n'était pas conviée, à l'entrée comme à la fin, a donné le menu : Idy a fait part à Wade de nos souffrances, de la réorganisation du PDS et des prochaines échéances électorales.



Idy, votre combat n'est pas nôtre
Parler du PDS et de 2012 est votre cuisine interne, si déjà on peut considérer le maire de Thiès comme membre de ce parti. Seulement, pour nos souffrances, Me Wade n'a pas besoin d'entendre Idrissa Seck pour les savoir. Il sait ce que nous vivons, les médias et les politiques en parlent, les populations sont souvent dans la rue pour le dire. Et Maître avait dit récemment qu'il n'était d'ailleurs pas contre ces manifestations.

Parlant comme notre jeune doyen, Yoro Dia, disons à Idy de cesser son jeu de yoyo politique. Parlant comme notre vieux doyen, Mame Less Camara, disons à Wade et Idy d'être sincères et de cesser ce jeu de dupes, qui peut-être fatal à la famille libérale. Et parlant comme Idy himself, disons que le film doit avoir une fin. D'ailleurs, on ne sait plus qui est acteur principal et qui est chef des bandits. Apparemment, le partage du butin n'est pas encore effectif.

On peut le dire, Idrissa Seck n'a pas le courage politique d'un Macky Sall. L'homme qui aimait raconter des anecdotes, analyser la politique et la vie sociale à forte dose d'humour et de sourates du Coran, devant tous les micros du pays, rentre maintenant au palais de la République en catimini, loin des caméras, si ce n'est avec le coup de pouce d'un religieux. Disons le ici et maintenant, cet homme, s'il n'est pas mort politiquement, est dans un état de coma politique très critique.

Après un séjour en prison pour des raisons purement politiques, Seck était arrivé deuxième derrière Wade, lors da la présidentielle de 2007. Alors, après tout cela, se retrouver aujourd'hui dans ces calculs politiques sans fin, c'est à ne rien y comprendre. Mais sachez-le Monsieur le maire, pour nos souffrances, nous avons les moyens de les rappeler à Wade. Juste rappeler, il sait, il est le Président.

Et bizarrement, au lendemain de chaque audience, la presse semble mettre les bons points du côté d'Idrissa Seck. Cet homme est mal en point, politiquement.

NDIAGA DIOUF

Rédacteur en chef Pressafrik

Jeudi 19 Août 2010
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