«II faut que nous ayons le sens de l'humilité, de l'ouverture et du partage»

ALIOU NIANG S'ADRESSE AUX RESPONSABLES LIBERAUX DE PIKINE :


La vie des hommes est le plus souvent rythmée par des hauts et des bas. Responsable politique à Pikine, Aliou Niang ne constitue pas une exception à cette règle. Nommé tout puissant directeur général de l'Agence d'Électrification Rurale (Aser) en août 2001, il a, ironie du sort, quitté ce poste le même mois de l'an 2007. Récemment promu directeur de l'Économie et de la maîtrise de l'Énergie, Aliou Niang reprend peu à peu du poil de la bête. Tant mieux pour le Pdsl qui peut compter sur son engagement et sa disponibilité, pour la reconquête de Pikine en 2012.



«II faut que nous ayons le sens de l'humilité, de l'ouverture et du partage»

Le Messager- Pouvez-vous nous brosser de manière ramassée votre parcours ?

Aliou Niang- Je suis né en 1953 à Thiarr, dans le département de Diourbel. J'ai fait mes études primaires à Dankah-séne, dans la communauté rurale du même nom. J'ai fait quelques années à l'école privée Seydou Nourou Tall de Pikine et, ensuite, j'ai continué au lycée Van vollenovhen où j'ai obtenu le BEPC et le baccalauréat série c (Maths et Physique). Par la suite, je suis parti a l'école des travaux publics de Casablanca, où j'ai obtenu mon diplôme d'ingénieur d'application, option Génie Électrique, en 1978. Rentré au Sénégal, J'ai été embauché à la Sénélec où j'ai servi plus de vingt (20) ans comme cadre dans cette entreprise. Pour cause de convenance personnelle, j'ai dû quitter cette société en 1998. J'ai été recruté comme ingénieur électricien à l'Agence Sénégalaise d'Électrification Rurale (Aser). Le 06 aout 2001, j'ai été nommé directeur général de l'Agence et il a été mis fin à mes fonctions au mois d'aout 2007. Par la suite, j'ai exercé la fonction de consultant indépendant, auprès d'institutions internationales comme la SFI et un tout petit peu en collaboration avec le cabinet français Burgeap.

Quelle est, selon vous, l'utilité d'une Direction de l'Économie et de la maîtrise de l'Énergie ?

Vous me posez une question fort intéressante, dans la mesure où nous sommes aujourd'hui confrontés à beaucoup d'incertitudes. Selon les experts les plus optimistes, l'approvisionnement en pétrole va connaitre des dysfonctionnements sans précédent dans cinquante (50) ans. La majeure partie des pays du monde sont donc en train d'examiner les voies et moyens d'économiser l'énergie. Comment faire une utilisation rationnelle de l'énergie et comment diversifier l'énergie qu'on utilise, ce sont des questions auxquelles on doit trouver des réponses le plus rapidement possible. C'est l'une des raisons principales qui ont concouru à la mise en place de la direction de l'Économie d'Énergie. II ne faut pas oublier que le Sénégal est un importateur de pétrole, donc toute économie sur l'énergie aura des répercussions sur le produit intérieur brut et sur la vie des ménages. Nous espérons, dans un très court terme, faire des démonstrations qui vont attester de la pertinence de l'existence de cette structure.

Vous avez quitté l'Aser en 2007 avant d'être nommé récemment directeur de l'Économie et de la maîtrise de l'Énergie. Comment avez-vous vécu cette période transitoire ?

Je faisais de la consultance, comme je vous l'ai dit plus haut. J'ai été agréé par des institutions internationales comme la Société Financière Internationale. J'ai également collaboré avec le bureau d'études français BURGEA pendant cette période transitoire. Ce qui m'a permis de me replonger dans mes souvenirs d'étudiant et de réactualiser mes connaissances. Je ne considère pas cette période comme une descente aux enfers, bien au contraire. Je suis un intellectuel qui vit d'idées. Cette période m'a permis de me ressourcer et d'améliorer mes connaissances, dans certains domaines pointus que j'avais délaissés pendant mes occupations à la Sénélec et à l'Aser.

Lors des élections du 22 mars on vous a accusé d'être de connivence avec la coalition Bennoo Siggil Sénégal, pour contribuer à la défaite de la coalition Sopi. Qu'en est-il réellement ?

Effectivement, j'étais le mandataire du parti au niveau du tribunal départemental. Ceux qui m'accusent ne sont rien d'autre que de mauvais perdants. Le système électoral sénégalais est conçu de telle sorte qu'à mon avis, il ne peut y avoir de tricherie. Même l'opposition qui crie haro sur le fichier électoral à partir duquel elle a gagné dans certaines localités, doit revoir son discours. Moi, j'étais au tribunal en tant que représentant du parti. Au niveau du tribunal, la voix du président de la commission et celle du représentant du Cena étaient prépondérantes. Les partis n'étaient consultés que quand il y avait discordance entre les résultats d'un procès-verbal détenu par le président du tribunal et ceux du procès-verbal détenu par le représentant du Cena. C'est vraiment me prêter des pouvoirs que je suis loin de posséder que de m'accuser d'avoir été à l'origine de l'échec de certains individus. Cette accusation n'est que l'imagination d'un groupuscule. Je n'étais pas le mandataire à Diourbel, Saint-Louis et Kaolack ; des localités où les mêmes causes ont produit les mêmes effets.

Quelle analyse faites-vous de la défaite des libéraux lors des locales du 22 mars dernier ?

Les causes profondes découlent simplement de notre division, parce que l'erreur fondamentale est que ceux qui confectionnaient les listes croyaient qu'en éliminant les responsables politiques attitrés, ils allaient se faire du chemin. C'est une erreur fondamentale et ça été un des points de la déroute mais aussi de la division. Le point que j'ai évoqué plus haut a eu pour conséquence la marginalisation de responsables politiques, dont la représentativité ne souffre d'aucune ambigüité par ceux là qui confectionnaient les listes. C'est cela, en fait, qui a conduit à notre échec lors des élections locales. Je crois que le résultat d'une élection est le fruit du travail d'un ensemble de personnes. Aucun individu n'est à sous estimer dans un tel processus. Je ne cesse de le dire, les cartes d'électeurs se comptent, elles ne se pèsent pas. II n'y a pas de différence entre la carte d'un chômeur invétéré et celle du milliardaire. II faut que nous apprenions à avoir le sens de l'humilité, de l'ouverture et du partage.

Les responsables politiques doivent se le tenir pour dit. Quand quelqu'un essaie de marginaliser un militant qui appartient au même parti que lui, il l'affaiblit sans en avoir conscience. Quand on veut réussir en politique, il ne faut pas faire de l'exclusion. II faut au contraire faire converger les forces vers un même but. Tel n'a pas été le cas, lors des élections locales.

Le ministre, M. Aliou Sow, par ailleurs superviseur départemental de Pikine, a récemment rencontré les responsables pour une union sacrée autour de la candidature du président Abdoulaye Wade en 2012. Êtes-vous prêt à vous impliquer en faveur de cette unité ?

Absolument ! Je pense qu'aujourd'hui œuvrer pour l'unité doit être le credo de chaque responsable libéral. Et c'est l'occasion, pour moi, de féliciter les frères Amadou Yoro Sy, Kansoumbaly Ndiaye, Mafatim Mbaye et singulièrement Mamadou Seck, le président de l'Assemblée nationale qui, en dépit de ses lourdes charges administratives, s'investit courageusement pour que l'unité prévale dans le département. Je n'oublie pas le frère Daour Niang Ndiaye qui a aussi la même préoccupation. C'est le lieu, pour moi, de tendre la main à tous les grands électeurs du département pour qu'ensemble nous puissions contribuer à la réélection du frère secrétaire général national, en 2012. La tâche devrait être d'autant plus facile que nous avons un seul candidat. Si nous sommes sincères dans notre volonté de réélire le président Abdoulaye Wade, nous devons taire les querelles.

Je crois que tous les responsables ont pris la mesure des enjeux de la présidentielle de 2012, pour jouer leur partition dans la réalisation de l'unité. II reste maintenant à faire comprendre aux militants de la base que ce n'est pas Mamadou Seck, Aliou Niang où encore Kansoumbaly Ndiaye, qui sont les candidats. On a un seul et unique candidat, qui est le frère secrétaire général national, Me Abdoulaye Wade, à la réélection duquel nous devons contribuer en 2012, dans le respect mutuel et l'unité, pour lui permettre de réaliser ses nobles desseins pour le Sénégal.

La réélection du président Abdoulaye Wade passera certainement par la reconquête de Pikine. Ne doutez-vous pas de la capacité des libéraux à récupérer ce département confronté à de multiples problèmes. ?

Des efforts colossaux sont déjà déployés par le gouvernement pour faire des réalisations au niveau du département. Partout il y a des routes qui sont en chantier. II y a également la volonté du Président de la République de faire de son mieux pour l'épanouissement de la Jeunesse de la banlieue, à travers la mise en place d'un Office pour l'emploi des jeunes, dirigé par notre frère Boubacar Ba qui abat un excellent travail. Je pense que si l'on réussit à contenir les effets de la crise mondiale ressentie par tous les pays du monde - et croyez moi, c'est ce qui est en train d'être fait par les pouvoirs publics à travers la diminution des taxes sur certains produits de consommation courante - on pourra reconquérir la banlieue. je dirais même conserver la banlieue, car en termes de voix, nous avons eu la majorité lors des élections locales. C'est le phénomène des grands électeurs des listes majoritaires et proportionnelles qui nous a porté préjudice ; mais en nombre de voix, le Pds reste majoritaire dans la banlieue.

La vente des cartes ne risque-t-elle pas de réveiller les démons de la division ?

Si on prend le cas de Pikine où l'on a une élite politique responsable, il n'y a pas lieu de nourrir des craintes, jusqu'à la preuve du contraire. Je viens de l'installation de la commission de la vente des cartes. Elle s'est déroulée dans de très bonnes conditions. Sur l'ensemble du territoire départemental et à Guédiawaye, je pense qu'il en sera ainsi. Les querelles notées dans certaines zones ne sont peut-être dues qu'à une méconnaissance des règles du parti. Quand on les connait, il n'y a pas de problème. En tous cas, au niveau de Pikine, la compétition va se faire sainement, car, je ne cesse de le rappeler, Pikine est la seule localité où les renouvellements se sont faits de la base au sommet par un vote à bulletins secrets depuis 1998 à nos jours, sans qu'il ait eu des bagarres. Vous avez constaté que lors du choix des députés et des sénateurs, tout s'est fait dans la discipline. Je tiens à féliciter au passage les élites politiques du département, toutes tendances confondues.

N'est-il pas opportun que vous vous employiez à aller à la quête d'électeurs susceptibles de renforcer le Pdsl, au lieu de vous focaliser sur des militants déjà acquis à la cause de Me Wade ?

En politique, il y a des stratégies qui ne s'étalent pas sur la place publique. Nous mesurons les contours de la présidentielle de 2008 et nous nous efforçons de concevoir des stratégies qui s'appliquent la nuit. Pour surprendre nos adversaires, on a besoin de travailler en toute discrétion et, comme le dit l'adage Wolof : si ton adversaire connait le chemin par lequel tu passes, tu n'arriveras jamais destination.

Vous avez la réputation d'être une œuvre sociale ambulante. Faites-vous toujours de la satisfaction de la demande sociale locale votre leitmotiv?

De toute façon, moi, je ne dispose pas d'un coffre-fort ambulant. J'ai cependant la propension à partager tout ce que j'ai avec les gens qui viennent me voir. Quand quelqu'un vient vers moi, je me fais le plaisir et l'honneur de le recevoir comme un roi, quel que soit son rang social, de l'écouter religieusement et de l'aider dans la limite de mes possibilités. Je continuerai, quoi qu'il arrive, à soutenir les personnes autant que faire se peut. Le sens du partage est une recommandation de mon défunt père, que j'essaie d'appliquer à la lettre. C'est le meilleur hommage d'outre-tombe que je peux lui rendre.

Propos recueillis par Amary Guèye

Lundi 8 Février 2010
© lemessagersn. info


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