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Gog et Magog sont déjà passés !CHRONIQUE DE AKA
Dans la dernière livraison de sa chronique hebdomadaire intitulée ’’scène de vie coloniale’’, Mame Less Camara nous signale, que l’opinion publique nationale n’est pas totalement ignorante sur le débat tournant actuellement autour de la recevabilité de la candidature du président sortant, Me Abdoulaye Wade himself. A l’en croire, grâce aux tribunes diverses offertes par les médias de la place, ayant permis aux savants et aux profanes de dire leur science ou leur avis, les Sénégalais se sont déjà fait une opinion, quelle qu’elle soit. Chez un journaliste genre Mame Less Camara cultivant une rigueur et une éthique irréprochables, tout comme chez cet autre atypique politologue, Babacar Justin Ndiaye, le déni de complexé pose un réel problème. Quand bien même on accorderait, sans le moindre commentaire, à l’autre bord, de se référer à l’expertise étrangère, de voyager à travers le monde pour l’interpeller, on ne voit pas vraiment en quoi, inviter des occidentaux spécialistes du droit constitutionnel, serait un complexe pour le camp de la majorité présidentielle.
Encore qu’il faille, ici, lever une équivoque de taille, le récent séminaire des constitutionnalistes étrangers n’est pas le fait et l’initiative du président sortant, mais celui de ses partisans parmi lesquels la Cap 21. L’autre équivoque nécessitant d’être levée est relative à son coût. Ici et là, des montants faramineux ont été avancés, sans pour autant que leurs auteurs aient, jusqu’ici, pu apporter la moindre preuve. Plutôt, revenons au déni de complexé du visage pâle. Puisque, dans les faits, au rythme du tollé soulevé, l’on a constaté qu’il a gêné jusqu’à nos plus brillants chroniqueurs politiques et autres politologues genre Babacar Justin Ndiaye. Même s’il ne peut se réclamer d’aucune académie, d’aucune socialité socialisante à son âge. Dans sa dernière cogitation intellectuelle marquée par une convulsion d’indignations, cet extrait : ‘’Curieux Sénégal, en effet, où l’on importe, 60 ans après l’indépendance, une kyrielle d’experts étrangers -avec un bon lot de Français- pour interpréter une constitution nationale entièrement rédigée par des nationaux’’. Mais, à ce qu’on l’on sache, parmi ces constitutionnalistes invités récemment par le camp de la majorité présidentielle, il y avait des Noirs et des Blancs. Alors, pourquoi la présence des Blancs a-t-elle fait sortir de leurs gongs tous ceux-là donnés comme étant des intellectuels par leurs concitoyens ? Souffriraient-il d’un racisme ou d’un nationalisme de très mauvais aloi ? Curieusement, quoique n’étant pas d’accord avec le président Abdoulaye Wade, le constitutionnaliste Mounirou Sy et le politologue Babacar Justin Ndiaye ont explicitement admis qu’il ne figure point parmi ces complexés. Alors qui ? Il s’y ajoute que le très cultivé Babacar Justin Ndiaye ignorait que la constitution dont il est aujourd’hui question, est l’œuvre du président sortant. La preuve, il a déclaré ce qui suit quelques jours après le séminaire, pour éclairer la lanterne de l’opinion : ‘’La constitution de 2001, c’est moi qui l’ai rédigée. Il n’y a jamais eu de comité de rédaction. Ceux qui soutiennent qu’ils font partie du comité de rédaction racontent des histoires’’. Pour dire, que les professeurs Babacar Guèye, Serigne Diop et Amsatou Sow Sidibé n’ont été mis en appoint que pour des besoins d’observation. Venons-en maintenant au fond du débat sur la recevabilité de la candidature du président sortant. Le constitutionnaliste Mounirou Sy a voulu faire un parallélisme entre la loi Sada Ndiaye ayant fait destituer Macky Sall de son perchoir de président de l’Assemblée nationale, avec celle relative à la constitutionnalité de la prochaine candidature du président sortant. Il n’en est absolument rien. Puisqu’une loi constitutionnelle n’étant jamais rétroactive. Même s’il se trouve qu’avec la loi Sada Ndiaye, expressément, pour des raisons politiques, les parlementaires l’ont exigé. Et un autre chroniqueur de la place, Fallou Mbacké Diallo, de s’interroger dans le ‘’Regard de Fallou’’, pourquoi les cinq sages du Conseil constitutionnel, laissent-ils enfler une vaine polémique ? On peut lui rétorquer : quel péril y-a-t-il en la demeure, si une date a été au préalable avancée ? Mais, parmi tous ces chroniqueurs, s’il en est quelqu’un qui a été beaucoup plus émotionnel que rationnel, c’est Babacar Justin Ndiaye. Même qu’il a accusé la république des juristes -Me Abdoulaye Wade, Me Madické Niang, Me Ousmane Ngom et Me Souleymane Ndéné Ndiaye- d’avoir fait appel à ‘’un conclave de mercenaires du droit’’, faute, dit-il, de pouvoir se défendre. Pire, il en a même déduit que cette ‘’ escouade d’experts, légitime d’avance l’enfer policier qu’on envisage de faire tomber sur la tête de futurs manifestants qui voudront empêcher le régime de valider en rond !’’. Laissant couler pour de bon son excès d’émotivité, l’honorable Babacar Justin Ndiaye est allé jusqu’à écrire ceci : ‘’En clair, ce séminaire est le premier jalon d’une victoire pré annoncée et, enceinte d’un mode de dévolution monarchique ou libérale du pouvoir !’’. Du ‘’Tassaro’’ de l’opposition, de ses réelles difficultés à se réunir autour de l’essentiel, de sa défaite très probable qui se dessine inexorablement, l’honorable Babacar Justin Ndiaye n’en pipe un seul mot. Dès lors, à son sujet, certains se posent d’ores et déjà la question de savoir, comment un intellectuel de sa trempe peut-il se permettre de réfléchir avec des œillères ? Même que le jeune Tamsir Jupiter Ndiaye n’a guère manqué de ratiociner sur le dégoût actuel des Sénégalais par rapport au théâtre de ces gens si bien pensants de l’opposition. Recentrons. Ce n’est pas le président sortant, Me Abdoulaye Wade, qui a organisé le dernier séminaire des constitutionnalistes étrangers sur le thème de la recevabilité de sa candidature. Plutôt, il s’agit des membres de son camp. Ce séminaire n’a pas coûté les montants avancés. Aucun de ceux qui y ont spéculé, n’ont la moindre preuve de leurs allégations. Ceux qui mettent la pression sur les cinq sages du Conseil constitutionnel, sont ceux-là qui ont envoyé leurs garnements les menacer de mort ; et qui clament à qui leur prête oreille, qu’ils ne se fieront pas à son verdict, s’il jugeait recevable la candidature du président sortant. Organiser un séminaire avec des constitutionnalistes de tous bords, de toute nationalité, sur le thème de la recevabilité de la candidature du président sortant n’avait d’autre objectif que d’aider à éclairer la lanterne de l’opinion sur le sujet. Tout ceci, pour dire, que Gog et Magog passeront et repasseront, mais le Sénégal restera ce phare éternel que nos aïeuls nous ont légué. Lundi 28 Novembre 2011
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