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Fausse note !
Ça y est, il a franchi le pas. Youssou Ndour veut se parer du torque présidentiel. Il l’a annoncé, lundi soir, dans un message radiotélévisé diffusé sur ses chaînes. Pas contre toute attente. Puisqu’on s’attendait à ce plongeon sans parachute du chanteur, malgré ses atermoiements anachroniques. Une décision que You a prise au lendemain de son ‘’bal poussière’’ de juin 2010. « Je vais descendre dans l’arène politique en 2012 », avait-il prévenu devant les journalistes qu’il avait dépêchés dans la capitale française, le temps d’un show. Non sans accuser : « Karim Wade cherche à se faire de la publicité ». Rappel des faits. Le roi du Mbalakh n’avait pas du tout apprécié que le ministre d’Etat en charge de l’Energie et des Infrastructures, publiât un certain communiqué dans la presse. En fait de communiqué, il s’agissait de la réponse du ministre d’Etat qui déclinait ainsi l’invitation du chanteur à son grand ‘’bal poussière’’ de Bercy. Karim Wade avait aussi assuré le roi du Mbalax de son soutien moral pour la réussite de son concerto. Une sorte de fin de non recevoir à sa supplique pour une aide financière, que le chanteur avait adressée au ministre d’Etat. Une pilule amère qui reste encore en travers de la gorge de Youssou Ndour. Surtout que cela faisait suite à la tragédie guerrière qu’il avait servie aux Sénégalais pour l’obtention de sa licence de télévision. Depuis, l’enfant de la Médina s’est mis sur l’autre bord, ruminant sa colère et sa soif de vengeance contre ceux qui ont osé fermer le robinet béni. Il est du côté des ‘’Mer nguimbou’’ (frustrés). Et lundi dernier, il a fait irruption dans la danse. Pas au rythme de son Mbalax endiablé, mais à celui au tempo mesuré, où les faux-pas se paient cash et très cher. Dans son discours mêlé d’arguties, il a essayé de minimiser son plus grand handicap, une limite objective à sa candidature. Son illettrisme ! « Je n’ai pas fait d’études supérieures », a-t-il consenti, évoquant des supers conseillers qui voleraient à tout instant et en tout lieu à son secours, si les Sénégalais commettent l’imprudence de lui confier les rênes du pays en 2012. A-t-il fait des études secondaires ? Est-il tout simplement instruit ? Les Sénégalais savent que non. Et c’est là le premier écueil d’une candidature déraisonnable. La constitution sénégalaise de 2001, stipule bien en son article 28 que : "Tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civiques et politiques, être âgé de 35 ans au moins, le jour du scrutin. Il doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle". Un animateur bruyant, qui faisait un simulacre de revue de presse sur sa radio, avant d’aller voir ailleurs, a affirmé dernièrement que son ancien patron n’a pas le niveau d’un élève moyen de CM2. Sans doute est-il trop jeune pour savoir que son ex patron a quitté les bancs en classe de CE2. Pour avoir suivi le roi du Mbalax de ses débuts à aujourd’hui, nous sommes tentés de lui donner raison. Sans rancune aucune ! Et comme cet ancien promoteur de lutte qui avait battu campagne en 2007 sur le thème farfelu des « Mains propres », avant de s’exiler au pays de l’oncle Sam, rattrapé par ses nombreuses forfaitures ; Youssou Ndour a aussi joué au brave gentilhomme lundi soir. Il a travaillé à la sueur de son front pour se construire sa ‘’fortune’’.
D’ailleurs, il préfère la transpiration à l’inspiration. Mais le sympathique docteur Jekyll n’a jamais su inhiber le monstrueux Mister Hyde. Ceux qui le connaissent disent que Youssou Ndour est ignoble en affaires. Les témoignages d’artistes broyés pendant sa marche majestueuse vers le trône, par le roi du Mbalax, sont nombreux. Vous n’avez certainement pas la double nationalité, mais il vous faudra, tout de même, payer quelques unes de vos dettes, avant de pouvoir briguer la magistrature suprême. Le Code électoral, dans sa Loi organique n°2000-21 du 07 février 2000 exige, comme préalable à toute participation à la course pour la Présidentielle, une déclaration sur l’honneur par laquelle le candidat atteste être en règle avec la législation fiscale du Sénégal. Or, il se susurre que le roi du Mbalax reste devoir plus d’un demi-milliard de nos francs au fisc sénégalais. Peut-être compte-t-il sur son entregent et son portefeuille relationnel pour se mettre à jour d’ici les élections ? Nous vous le concédons, vous avez été adulé, ici et ailleurs. Tant que vous êtes resté dans le rythme de votre Mbalax. Vous avez tenté une nouvelle mélodie, lundi soir. Mais vous avez pincé une fausse note. Désagréable à l’ouïe. Pour ne pas dire insultante. Mais que Youssou Ndour le sache : « en politique on peut savoir les pas, mais ne pas savoir les danser » ! Bassirou Seck Mercredi 4 Janvier 2012
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