Soulignons que la séance de restitution a enregistré la présence des opérateurs sur le marché des services fixe, mobile et Internet, des associations des consommateurs, de la société civile et des organisations internationales.
Comme l'a souligné le directeur général de l'Ansd, Babacar Fall, les informations dont dispose notre pays dans le domaine des Tics sont insuffisantes. Or, une bonne visibilité s'impose dans ce domaine qui constitue un facteur important dans le développement économique et social de notre pays. C'est justement consciente de cette réalité, que l'Artp a sollicité auprès de l'Ansd une étude sur l'état des lieux des Tic, au Sénégal. Celle-ci devrait permettre de constituer une base de données fiables et actualisées, en vue d'analyser l'impact des mesures politiques réglementaires et permettre d'identifier les mesures à prendre pour le développement du secteur des Tic. D'où toute son importance. «Le thème qui nous réunit revêt une importance capitale, dans la mesure où il nous permet de disposer d'éléments quantitatifs et qualitatifs, recueillis à la base, pour mieux orienter nos actions et profiter des multiples opportunités offertes par les TIC. La place importante de ces secteurs dans l'économie nationale, les opportunités en termes d'ouverture aux marchés, le taux de croissance, le potentiel et la marge de progression encore importante, font qu'ils constituent un facteur important dans le processus de développement économique et social de notre pays», dira le secrétaire général de l'Artp, Amadou Lamime Dial, qui estime ainsi que l'étude arrive à son heure.
Soulignons que l'enquête avait également pour objectif de permettre aux acteurs concernés d'avoir une certaine visibilité, par rapport à l'usage et à l'appropriation de ces nouvelles technologies par les populations. «Il s'agit aussi, par ce biais, d'apprécier le degré d'usage et d'appropriation de ces technologies par les citoyens, les ménages, les entreprises et les administrations, avec l'objectif d'orienter les politiques publiques en matière de Tic», a souligné le directeur des études et du développement de l'Artp, Ousmane Ndiaye. Et sur ce point, l'étude qui a porté sur un échantillon de 1 200 ménages - dont 480 à Dakar, 360 dans les autres villes et 360 dans le monde rural - a montré que l'utilisation des Tic par les Sénégalais, reste encore faible. Ainsi, seuls 14,5 % des ménages disposent de téléphones fixes. Un taux qui est plus important à Dakar (48,6 %) que dans les autres villes (29 %) et en zone rurale (14 %). La même situation est notée pour ce qui est de l'équipement en ordinateurs, avec un taux national de 11,5 %. L'accès à l'Internet reste aussi très faible, avec une moyenne nationale de moins de 15 %. La situation est plus reluisante pour ce qui est du mobile, avec un taux de 85,75 %, de la télévision avec 80 % des ménages qui disposent d'un posté téléviseur et de la radio. Ce dernier médium est le plus présent dans les ménages sénégalais. Ainsi, en milieu rural, on dénombre 160 postes radios pour 100 ménages et, dans les autres villes, 140 postes radios pour 100 ménages. L'enquête révèle de fortes disparités d'accès, selon l'âge, le sexe, le niveau d'études, les revenus et la catégorie socioprofessionnelle, entre Dakar, les autres villes et le monde rural. Par ailleurs, elle révèle que les femmes sont plus équipées que les hommes, en matière de Tic. Par exemple, sur 100 ménages dirigés par des femmes, on dénombre 19 lignes téléphoniques contre 13 pour les ménages dirigés par les hommes. «Quel que soit l'équipement considéré, les femmes devancent les hommes», a noté le directeur des études et du développement de l'Artp.
Thiané NDIAYE