Les blessures se sont refermées, mais les douleurs se font toujours ressentir. L'Afrique a besoins de tirer de l'oubli cette première forme de mondialisation, la traite des Noirs et ses conséquences. C'est ce qui ressort des propos de l'initiateur de la fondation Diverscites, Karfa Diallo, selon qui ceci n'est possible que grâce à une nouvelle conscience, reconnaissant et valorisant la contribution des diasporas à l'édification de ce qu'il appèle un « Tout-monde » de libertés et de droits humains. Et pour ce faire, M. Diallo propose de mettre en place une veille citoyenne pour obtenir des résultats concrets, en termes de lutte contre le racisme, de respect de la diversité et d'émergence des minorités dans la représentation sociale, politique et économique.
C'est la raison pour laquelle le fondateur de Diverscités a préféré porter son choix sur la personne de Maître Abdoulaye Wade, qui a fait de l'intégration économique et de la renaissance africaine des enjeux majeurs de son mandat. « Puisque le président de la République est bien écouté par ses homologues, on a porté notre choix sur lui », a-t-il indiqué. Avant de poursuivre : « C'est un homme qui s'est toujours évertué à défendre les couleurs de l'Afrique ». Donc, pour lui, le peuple africain doit se mobiliser autour de cette cause « noble », exiger l'indemnisation et la réparation des dommages causés par la traite négrière et ses conséquences. Pour ce faire, ils doivent, à en croire à ce fils du Sénégal, réfléchir pour trouver des formes de bourses parce que les formes de réparation et d'indemnisation peuvent varier d'un pays à un autre. Ce pour promouvoir le travail de mémoire sur cette traite, afin d'envisager les réparations sous formes d'initiative de développement. Mais aussi, il s'agira pour lui de demander aux pouvoirs publics de faire en sorte que toutes les populations soient traitées sur un même pied d'égalité. D'où la pertinence de l'appel lancé à Maître Abdoulaye Wade par la fondation. Et ce dernier a, de l'avis de Karfa Diallo, promis de déposer au niveau du parlement un projet de loi déclarant la traite des Noirs comme crime contre l'humanité. Et en se sens, le parlement sénégalais sera ainsi le second parlement au monde, après la France, à faire de la traite des Noirs un crime contre l'humanité. En effet, placée dans le cadre du cinquantenaire des indépendances africaines, du 3ème Fesman et de la renaissance africaine tant défendue par le Sénégal, cette déclaration du parlement serait, selon M. Diallo, conforme au rôle d'avant-garde que le pays a toujours joué. Aussi, cette déclaration pourrait, à ses yeux, avoir un effet dissuasif pour les formes d'esclavage qui existent aujourd'hui. En outre, étendant son action sur le Sénégal, le Mali et le Bénin, la fondation compte intervenir dans les collèges et lycées avec l'organisation d'un parcours-mémoire sur les sites, l'édification d'une école de mémoire, des campagnes de sensibilisation et d'action citoyennes entre autres. A cet effet, une école de relation, du partage et de l'humanisme sera mise en place, afin de former des citoyens dans la conscience du « Tout-monde », de ce que l'Afrique a et peut apporter à l'humanité.
Awa SARR
(stagaire)