« Délivrer une sommation interpellative au Président Wade, serait une hérésie juridique »

Me Mouhamadou Moustapha Dieng, responsable politique Pds à Guédiawaye

Si le Préambule d’une nation reste un noble dessein poursuivi par le législateur, la Constitution entend la mettre en œuvre en termes pratiques. Le peuple souverain, lui-même, qui a confié son destin au Président de la République, Me Abdoulaye Wade, un soir du 19 mars 2000 n’a en aucun moment jugé bon, encore moins utile d’écourter le mandat confié à ce dernier ni de prendre part aux débats qui font rage. Il y a un peu plus de 2 années, le refrain choisi était couplage-découplage, présentement , le discours le plus usité reste la recevabilité ou non de la candidature de Me Abdoulaye Wade en 2012.



« Délivrer une sommation interpellative au Président Wade, serait une hérésie juridique »
Experts, non initiés, politologues ; tous y vont gaiement, oubliant que ceux qui décrient cette hypothèse d’école, à savoir les opposants regroupés au sein de Benno, sont atteints d’une amnésie pas possible. Une telle amnésie, a fait bondir de son fauteuil, Me Mouhamadou Moustapha Dieng, l’ancien clerc au cabinet du plus célèbre opposant de l’époque, Me Abdoulaye Wade. Normal, car il en a vu d’autres et rappelle le précédent de 1992. Souvenirs, souvenirs…

Le Messager : Maître, la recevabilité de la candidature du Président Wade est plus qu’à l’ordre du jour ?
Me Moustapha Dieng : la recevabilité de la candidature de Me Wade en 2012 ne fait pas l’ombre d’un doute. Au regard du Titre 13 de la Constitution en son article 104, il n’y a pas lieu de créer autant de débats, car cette disposition est univoque et ne souffre d’aucune espèce d’ambigüité. Laquelle disposition énonce que : « le président de la République en fonction poursuit son mandat jusqu’à son terme ; toutes les autres dispositions de la présente constitution lui sont applicables ». Cela signifie simplement que la limitation des mandats à 5 ans ne peut s’appliquer qu’à partir des élections de 2007. C’est ce qui a valu au peuple de retourner aux urnes, en février 2007. L’article 27 n’a pas vocation à s’appliquer au premier mandat, rien ne s’oppose à la candidature du président Wade. Me Abdoulaye Wade a le droit légitiment de se représenter en 2012. Refuser une telle candidature reviendrait à de la politique politicienne et à un juridisme de mauvais aloi.
Pour rappel en 1992, lorsqu’il s’est agi de mettre en œuvre le code consensuel, on a instauré la limitation des mandats au moment de la révision constitutionnelle. Le Président de l’époque, Abdou Diouf s’était présenté en 1993 et en 2000 alors qu’il poursuivait son mandat de 1988. J’invite en l’espèce l’opposition d’aujourd’hui à convoquer l’histoire sachant que la disposition ne s’était pas appliqué au président Abdou Diouf.

Pire, les tenants du Ps pensent délivrer une sommation interpellative au Président Wade, ce serait sans doute, un fâcheux précédent ?
C’est complètement ridicule, comment peut-on penser une telle hérésie juridique ou un tel enfantillage politique ? Le Président de la République n’est responsable de ses actes que devant la Haute Cour de Justice et en cas de haute trahison. Les huissiers de justice du Sénégal sont des praticiens du droit, ils sont compétents et je suis sûr qu’aucun d’entre eux n’ira servir une sommation interpellative au Président de la République pour ce cas d’espèce. Il faut que l’opposition nous suive sur le terrain de la légalité républicaine, car nous voulons un débat serein et sérieux qui tienne compte exclusivement de l’intérêt supérieur du peuple sénégalais. Le Sénégal sous Me Wade est un Etat de droit respecté et reconnu partout à travers le monde.

En tant que responsable politique à Guédiawaye, il y a forcément des choses à dire avec les tracts, les mouvements d’humeur, le ras le bol général, bref, ça grogne ferme quoi ?
Il est vrai que l’on note une certaine léthargie à Guédiawaye, la gestion du parti est fort décriée, les militants grognent et il y a un certain malaise. Guédiawaye est un très grand bastion libéral et le Pds reste toujours majoritaire. Les problèmes doivent être réglés par la direction nationale du parti en prenant ses responsabilités et en s’occupant sérieusement de la localité. Guédiawaye a un poids électoral conséquent, compte des militants dévoués à la cause du parti et recèle de cadres bien formés. C’est dire que la base n’a pas bougé, certes, il y a eu des défaillances après les élections locales, la léthargie s’est installée du fait des négligences coupables venant de la direction.
Fort heureusement, le président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Seck, vient apporter un souffle nouveau, tout comme le président Doudou Wade. Ces derniers viennent réarmer moralement les militants, car Guédiawaye doit être prise en charge du fait de l’existence avérée de l’expertise technique et politique. Guédiawaye souffre d’un déficit de responsabilités de ses fils.

Et Karim Wade dans tout cela, qui a mené des tournées dans la banlieue ?

Karim Wade a été d’un grand apport, car il a pris en compte les préoccupations de la banlieue à bras le corps. Peu importe la coloration politique d’un tel ou d’un tel, cela dénote chez lui, un esprit républicain puisqu’il agit pour le seul bénéfice des populations.

La question des inondations reste plus que d’actualité ?
Au départ, les maires de l’opposition dite Benno, avaient promis des solutions à ces inondations, le gouvernement du Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye , a mis tout en œuvre pour régler la question. Ce phénomène récurrent nous préoccupe et c’est le cas partout dans le monde. Ailleurs, on voit des morts et de nombreuses victimes ; l’Etat du Sénégal a pris ce problème à bras le corps, en rapport avec les populations et en synergie avec les Ocb locaux, on sent que le gouvernement est derrière les sinistrés pour mieux lutter contre ce dérèglement climatique. L’opposition qui voulait en faire un outil de propagande est aujourd’hui en manque d’arguments.

Propos recueillis par Ibrahima DIOP

Jeudi 9 Septembre 2010
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