De la nécessité du dialogue politique !

Le Sénégal est un pays de dialogue, a-t-on l’habitude de dire. Dans les faits, ce dialogue n’a jamais été rompu. L’Assemblée nationale, le Sénat et le Conseil économique et social ont toujours servi de cadres d’échange et de dialogue entre les différentes forces sociopolitiques qui les composent. Nous savons, par ailleurs, que l’accès à ces institutions a été obstrué, pour certaines d’entre elles, par le fameux boycott des législatives de juillet 2007.



Cet état de fait a mis en marge quelques franges des forces politiques, qui, malgré la tenue d’Assises, qualifiées -unilatéralement- de nationales, ne disposent pas de tribune officielle ou officieuse pour échanger avec les tenants du pouvoir. Fidèle à une tradition de dialogue, le président de la République, Me Abdoulaye Wade, a réitéré en juin dernier son appel au dialogue, en adressant une correspondance à ses interlocuteurs de l’opposition.

Des blocages de dernière minute avaient retardé ce processus. Processus qui vient d’être enclenché à nouveau depuis la réception par le président Wade de la dernière lettre/réponse de Bennoo Siggil Senegaal. Tout laisse croire, cette fois, que le dialogue politique aura bien lieu entre le chef de l’Etat et l’opposition. C’est une exigence du peuple sénégalais, qui ne comprend plus que les acteurs politiques n’arrivent point à discuter des problèmes du pays autour d’une table. C’est également la volonté du président de la République qui tient à répondre, autant que faire se peut, aux exigences de ces mandants.

Les termes de cette lettre/réponse sont suffisamment édifiants sur l’état d’esprit, positif, qui habite également l’opposition. Il reste entendu qu’il y a des questions de souveraineté qui relèvent exclusivement de la responsabilité du président de la République, seul mandataire des populations sénégalaises. Ces questions, concernent notamment la justice, l’intégrité territoriale et la sécurité nationale.

Usant de son pouvoir discrétionnaire, le chef de l’Etat pourrait cependant inclure dans l’ordre du jour, toutes questions, jugées opportunes pour de tels débats. Afin de mieux associer les populations à ce dialogue, dont elles constituent l’enjeu, et lui garantir le maximum de transparence et de sincérité, il serait indiqué de radio téléviser en direct, toutes les plénières de ce grand débat. Ce serait, sûrement, une première dans ce pays, mais l’évolution de notre démocratie et la maturité de la classe politique, pourraient bien justifier une telle option.


M. Bamba Ndiaye

Mercredi 7 Octobre 2009
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