Selon une étude réalisée par les techniciens de la Direction de l'enseignement moyen secondaire général (Demsg) les séries scientifiques et techniques sont de plus en plus désaffectées par les élèves. A titre illustratif, entre 2001 et 2009 selon toujours cette étude, 66,79% des élèves s'orientent vers les séries littéraires et seuls 33,21 % suivent les filières scientifiques et techniques. Ce faible taux de fréquentation, par les élèves, des séries scientifiques, a toujours préoccupé le chef de l’Etat. Du haut de la tribune de remise du Grand prix du chef de l’Etat pour les sciences, Me Abdoulaye Wade l’a encore réitéré. Devant un parterre de sommités scientifiques, il a prôné une recette pour sortir le Sénégal de cette « anomalie ». « Nous avons à relever un grand défi, celui des filières scientifiques. C’est la raison pour laquelle j’ai instruit le ministre de l’Enseignement supérieur et celui de l’Education, à former dans les deux ans, 100 professeurs de Mathématiques et de Sciences physiques », révèle-t-il. Avant de rappeler que c’est ce qui l’a amené à créer un institut des Mathématiques. Et d’inviter les Sénégalais à développer cette vocation dès l’élémentaire, en poussant les élèves à s’intéresser aux matières scientifiques.
Récemment, un certain nombre de recommandations et de suggestions ont été faites dans ce sens, au terme d’un séminaire qui s'est tenu à l'initiative du cercle de qualité de la Demsg. Et les participants ont ébauché des pistes de solution. Ils ont d'abord demandé aux ministères concernés de fédérer toutes les initiatives qui ont été menées, pour résoudre le problème.
La deuxième proposition porte sur le recrutement et la motivation d'élèves professeurs, pour un enseignement attractif et de qualité. Les élèves aussi ont été pris en compte : la réflexion sur une motivation supplémentaire par l'octroi de bourses a été évoquée, pour qu'ils aient envie de venir dans ces disciplines. Certains intervenants ont suggéré la généralisation de l'enseignement des sciences physiques dès la sixième, d'autres ont proposé de revoir les coefficients des matières scientifiques à la baisse. Les coefficients trop élevés rebuteraient les élèves.
D'autres sont allés plus loin, en proposant d'harmoniser les coefficients de toutes les matières fondamentales.
Aussi, dans ce sillage, le chef de l’Etat a-t-il envisagé la création d’un Conseil national pour la recherche scientifique et technologique. « C’est la culture scientifique qu’il faut développer. Il y a là un plus à imaginer la création d’un institut d’application, pour faire passer les innovations technologiques dans le domaine économique », justifie-t-il.
I. DIAO