CRISE NIGERIENNE : Le président Wade nommé médiateur


La crise du Niger, certes complexe, pourrait bientôt trouver une issue heureuse. Le président Abdoulaye Wade, nommé chef de file de la médiation dans ce pays, dispose d'assez de ressources pour mettre fin à ce véritable casse-tête politique.



CRISE NIGERIENNE :  Le président Wade nommé médiateur
Après avoir étalé ses talents de conciliateur à Madagascar, en Mauritanie et dans d'autres zones de conflits à travers le monde, le président Abdoulaye Wade vient d'être nommé médiateur au Niger par ses pairs africains réunis mardi à Abuja où se tenait le 37e sommet de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao). C'est le porte-parole de la Présidence, par ailleurs ministre conseiller , en charge de la Communication, des Relations avec la presse, des Affaires religieuses, qui le révèle par le biais d'un communiqué de presse. Dans ledit document, Mamadou Bamba Ndiaye précise que le chef de l'Etat sénégalais travaillera sur ce dossier avec l'ancien médiateur qui se trouve être l'ex président du Nigeria, le Général Abdusalami Abubakar. Mais aussi, avec un représentant de l'Union africaine (Ua). « Le dossier du Niger est certes complexe, mais le nouveau chef de file de la médiation, dispose d'assez de ressources pour mettre fin à ce véritable casse-tête politique », fait comprendre le communiqué du porte-parole de la présidence de la République, qui fait état d'une éventuelle visite à Dakar du Premier ministre nigérien, Ali Badjo Gamatié, afin de rencontrer le président Abdoulaye Wade.

Avec cette désignation du président de la République en qualité de médiateur, la question nigérienne qui figurait au menu des travaux des chefs d'Etat et de Gouvernement de la Cedeao, a de réelles chances de trouver une issue heureuse. Niamey qui est au cœur d'une grave crise politique depuis des mois maintenant.

Pour rappel, le président Mouhamadou Tandja devait céder son fauteuil à la fin de l'année 2009, au terme de son deuxième quinquennat. Pour se maintenir au pouvoir, le chef de l'Etat nigérien avait donc organisé un référendum constitutionnel pour modifier la constitution qui l'empêchait de briguer un troisième mandat à la tête du pays. Ce référendum lui permet désormais de se présenter une nouvelle fois à la présidence. Fermement décidé à mener à bien son projet, il a dissous le Parlement, le 26 mai 2009, parce que celui-ci s'y opposait. Il a également dissous la Cour constitutionnelle, qui l'empêchait d'organiser un référendum sur le sujet et s'est finalement octroyé, par la suite, des « pouvoirs exceptionnels » pour gouverner par décrets et ordonnances. Finalement, le président Tandja a obtenu le 4 août de la même année, par ce référendum constitutionnel, une rallonge de trois ans, après 10 ans à la tête du pays. La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et l'Union européenne, avaient alors demandé au président Mouhamadou Tandja de renouer le dialogue avec ses opposants. Il y a quelques mois, l'Union européenne a suspendu son aide à Niamey.

Ibou DIAO

Jeudi 18 Février 2010
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