COUPE DU MONDE DE FOOTBALL : Quelques repères historiques de la participation africaine




L'Afrique du Sud sera le premier pays africain à abriter une coupe du monde. Ce sera du 11 juin au 11 juillet 2010. Six représentants du continent y seront : Il s'agit du Cameroun, du Ghana, de la Côte d'Ivoire, du Nigeria, de l'Algérie et de L'Afrique du Sud. Retour sur les faits saillants de la participation africaine à ce grand rendez-vous africain.



COUPE DU MONDE DE FOOTBALL :  Quelques repères historiques de la participation africaine

La Tunisie a été le premier pays à gagner un match de Coupe du monde, face au Mexique. C'était en Argentine, le 2 juin 1978. Pourtant, les choses commencent mal pour les Maghrébins. Les Mexicains ouvrent la marque en fin de première partie, sur penalty. Les Tunisiens, sous la houlette de Tarak Dhiab (ballon d'or africain 1977), se métamorphosent en seconde période et inscrivent trois buts. Mais quatre jours plus tard, ils s'inclinent par un petit but à zéro, face à la Pologne de Boniek, Lato et d'un certain Kasperczak. D'ailleurs, ce dernier sera à la tête de la Sélection de Tunisie, avec qui il a été finaliste malheureux en 1996 contre l'Afrique du sud, pays hôte de la Coupe d'Afrique des Nations. Le dernier match contre l'Allemagne se solde par un match nul (0-0). La même année, le Zaïre remportait la CAN en Egypte, après avoir battu la Zambie au cours d'une finale palpitante et indécise, qui s'est jouée en deux

rencontres (deux buts partout à l'issue du premier match et 2 à 0 après le deuxième match joué 48h plus tard). Le pays de Mobutu, au faîte de sa gloire politique et footballistique, porte l'espoir de tout un continent. La première participation effective d'une équipe africaine à une phase finale de coupe du monde date du Mondial italien de 1934, qui avait regroupé 16 équipes contre 32 aujourd'hui. L'Egypte, qui a eu ce privilège, s'est fait éliminer par la Hongrie (4 à 2). A l'époque, il n'y avait pas de matches de poules. Ce furent des matchs à élimination directe dès la première journée. Les Pharaons s'étaient déjà qualifiés pour la 1ère édition, organisée et remportée par l'Uruguay en 1930. Mais l'éloignement du pays se révéla un obstacle infranchissable qui a empêché l'Egypte, affilié en 1923 à la FIFA (Fédération internationale de football association, créée en 1904), de participer à cette

compétition. Il a fallu attendre trente-six ans pour revoir une équipe africaine à la coupe du monde.



Le foot africain prend des galons

La coupe du monde espagnole, en 1982, accueille pour la première fois deux équipes africaines : l'Algérie et le Cameroun. Les Fennecs d'Algérie sont opposés dès leur premier match à l'ogre allemand, champion d'Europe en titre et probablement la meilleure équipe du monde du moment. Les Stielike, Briegel, Breitner, Littbarski, Hrubesch, et autres Rummenigge terrorisent les équipes adverses sur tous les stades du monde. En face, le capitaine Ali Fergani et ses camarades Chabane Merzekane, Noureddine Kourichi, Mahmoud Guendouz, Mustapha Dahleb, Lakhdar Belloumi (ballon d'or africain 1981), Salah Assad et autres Rabah Madjer sont certes talentueux, mais n'ont ni l'expérience ni le réalisme de leurs adversaires allemands. Malgré ce handicap, les Algériens ne sont nullement impressionnés. Le score de zéro but partout à la mi-temps fait déjà douter les Allemands. Neuf minutes après la reprise, Rabah Madjer ouvre le score. Mais le

renard des surfaces de réparation qu'est Rummenigge, égalise à la 68e minute. Une minute plus tard, Lakhdar Belloumi donne définitivement l'avantage aux Fennecs. C'est la stupeur générale. Les Allemands, futurs finalistes de la compétition, restent médusés face au panache algérien. Si la Tunisie est entrée dans l'histoire comme la première équipe africaine à avoir gagné un match de coupe du monde, la victoire algérienne est celle qui confère au football africain toutes ses lettres de noblesse sur l'échiquier mondial. Au-delà de l'évènement sportif et médiatique, cette victoire a eu un retentissement politique et idéologique majeur, dans un contexte où la guerre froide faisait rage. Visiblement peu préparés à gérer une telle pression physique et surtout psychologique, Madjer et ses coéquipiers tombent face à l'Autriche.

Au mondial mexicain de 1986, le Maroc devient le 1er pays africain à accéder au second tour.

Pour la première fois, un pays africain - en l'occurrence le Maroc - accède au second tour de la plus prestigieuse et plus populaire des compétitions sportives. Les Lions de l'Atlas retrouvent les mondiaux, seize ans après leur première participation. Apres deux matchs nuls de zéro partout contre la Pologne et l'Angleterre, ils humilient le Portugal de Paulo Futre, par 3 buts à 1 et franchissent le cap du premier tour. En huitième de finales, le Maroc croise l'Allemagne qui l'avait déjà battu (2 à 1) en match de poule, au Mondial 1970. L'équipe d'Allemagne est un mélange de joueurs d'expérience (Schumacher, Briegel, Rummenigge...) et de jeunes loups aux dents longues (Matthäus, Völler, Allofs...), sous l'encadrement du monumental Franz Beckenbauer, champion du monde 1974. Le Maroc avec Zaki (ballon d'or africain 1986), Lemriss, El Haddaoui, Bouderbala, Timoumi (ballon d'or africain 1985) et autres Krimau, est la

meilleure équipe africaine du moment. Les hommes de l'entraîneur Jose Faria tiennent tête à la redoutable Mannschaft, jusqu'à trois minutes de la fin du match. A ce moment précis de la rencontre, Matthäus inscrit l'unique but de la partie. Le Maroc confirme tout le bien qu'on pensait du football africain. La performance marocaine a même fait oublier la petite forme de l'Algérie, l'autre représentant africain. Après un match nul face à l'Irlande du Nord (1-1) de Whiteside et deux défaites contre le Brésil (1à 0) de Socrates et l'Espagne (3 à 0) de Butragueño, les Fennecs sont éliminés dès le premier tour. L'équipe, minée par des querelles entre joueurs expatriés et locaux, n'était pas aussi soudée et aussi fringante que celle de 1982, même si elle avait gardé la même ossature.





Le Cameroun bouscule la hiérarchie mondiale

Le Mondial 1990 reste incontestablement celui du Cameroun et de son vieux briscard, Roger Milla (ballon d'or africain 1976 et 1990). En match d'ouverture, Les Lions Indomptables ont le redoutable privilège de croiser les Albiceleste (équipe nationale d'Argentine, championne du monde en titre) de Caniggia, Sensini, Calderon, Batista, Burruchaga et du dieu vivant des stades qu'est Maradona. Personne ne donne cher de la peau des Kunde, Pagal, Tataw, M'Bouh, Makanaky, Maboang, M'Fede et autres Milla face à la puissance de frappe argentine. Les Camerounais, nullement impressionnés, jouent crânement leur chance. A la 65mn, François Omam-Biyik saute plus haut que tout le monde et loge la balle au fond des filets du gardien Pumpido. Cameroun 1 Argentine 0. Le score restera inchangé jusqu'à la fin de la partie. Face à la Roumanie, Milla, entré à la 58e mn à la place de Emmanuel Maboang, inscrit deux buts (76 et 86 mn) et qualifie son pays

pour le second tour, malgré la réduction du score par les Roumains en toute fin de partie. Déjà qualifiés, les Camerounais lèvent le pied face à l'URSS lors du dernier match de poule : score final 4 à 0 en faveur de Zavarov et de ses coéquipiers. En 8e de finales, le Cameroun est opposé à la Colombie du stratège Carlos Valderama, spécialiste des passes courtes et dépositaire du jeu créatif de l'équipe colombienne. Le match est serré. Les deux équipes se séparent dos à dos (zéro but partout) à l'issue des 90 minutes. Roger Milla, qui avait remplacé Louis-Paul M'Fede à la 54e minute, se joue par deux fois (106e et 109e mn) du fantasque gardien Higuita et propulse son équipe en quarts de finale. Une première pour une équipe africaine. La Colombie réduit le score à la 116e mn. En quarts de finale, Milla et ses coéquipiers affrontent l'Angleterre de Waddle, Platt, Gascoigne, Barnes ; et autres Lineker et perd par 3 buts

à 2, après 120 minutes.

Les Camerounais, puis les Sénégalais sont les seuls pays africains à avoir franchi les quarts de finale d'une Coupe du monde.

Ousseynou GAYE (avec Adama Savadogo de L'Observateur Paalga)


Jeudi 10 Juin 2010
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