Au delà du faux débat sur la candidature



Le débat sur les dispositifs constitutionnels concernant la candidature du Président Abdoulaye WADE n’est en réalité qu’une manière de noyer le poisson en attendant de régler les fondamentaux au niveau de la fameuse coalition « Benno Siggil Senegaal » qui manque bizarrement de tout : coordonnateur, charte, de projet politique et qui a donné naissance récemment à une autre coalition dont les vrais animateurs sont encore en son sein pour terminer sa mise à mort. La constitution de 2001 n’offre aucune ambigüité sur la question des candidatures aux élections présidentielles notamment la validité de celle de Maître Abdoulaye WADE.




En effet, après prés de six mois d’amalgame ponctués par des simulations d’actions républicaines pour faire croire aux citoyens sénégalais qu’ils incarnent l’espoir, l’alternative au régime en place, ils ont fait tomber les masques. Le spectacle qu’ils nous montrent actuellement et cela depuis l’annonce de la candidature du Président Abdoulaye WADE, révèle sans zone d’ombre aucune qu’ils sont des adeptes de la politique politicienne, des politiciens véreux ; des assoiffés de pouvoir. Les propos tenus ici et là sont largement révélateurs du fossé qui sépare les uns des autres dans ce qu’ils appellent Benno.

Si aujourd’hui encore à moins de vingt mois des présidentielles de 2012 la question de la candidature n’est pas résolue dans la coalition, « Benno Siggil Senegaal », pire encore la charte des assises pas totalement ratifiée, alors c’est parce qu’au sein de cette coalition la confiance en soi et l’engagement sincère n’y sont pas du tout.

Les raisons toutes simples peuvent s’analyser sous deux ordres :
• L’absence d’un leadership fort et unanime transcendant les limites entre entités politiques composant cette coalition à l’image de Maître Abdoulaye WADE en 2000 ;

• La constitution de cette coalition était plus vouée à un désir de se maintenir en vie politiquement parlant qu’à une réelle volonté de constituer un bloc pour s’opposer au régime en place ;
En vérité, les relations dans la coalition « Benno Siggil Senegaal » sont, en jargon mathématique, de simples relations d’ordre par nature antisymétriques induisant un nombrilisme avec comme soubassement une hypertrophie délirante d’un Moi partisan qui regarde l’autre en misérable. Les propos tenus çà et là sont largement révélateurs de cet état de fait.

En effet, Ibrahima SENE du Parti de l’indépendance et du travail (Pit) disait dans un journal de la place que : « Macky Sall s’est allié avec « Benno Siggil Senegaal » pour conserver sa mairie de Fatick….. Comment on a pu lui monter à la tête qu’il a des chances d’être Président de la République du Sénégal en 2012 ? ». Et Seydou GUEYE de lui répliquer dans un autre quotidien en déclarant : « la dictature de la pensée unique ne saurait prospérer dans Benno Siggil Senegaal ».
Les questions que l’on est en droit de se poser sont alors les suivantes :

• Que vaut cette théorie de partage ou de gestion sans responsable désigné ou du moins sans pouvoir réel sur la base du simple principe de consensus entre Nawlés ?

• Que ferait-on de la logique politique et des exigences urgentes des populations face à cette transition du genre comité de salut dans lequel chacun veille à ses intérêts comme à la prunelle de ses yeux ?

Le projet politique actuellement discuté au sein de Benno et dans certains cercles dits apolitiques mais en réalité très intéressés par la politique tourne autour des trois axes fondamentaux suivants :

• Un Président de transition pour trois ans ;
• Un référendum constitutionnel ;
• Une élection au bout de trois ans

Pour le premier point, sa réalisation est plus qu’hypothétique ou presque irréalisable. Comment faire pour réduire le mandat d’un président légalement élu sur la base d’une constitution qui en fixe la durée à cinq ans ? Il n’y a qu’une seule et unique possibilité à la réalisation de cela c’est celle qui consiste à une démission du président élu ou une réduction volontaire de son mandat et dans l’un ou l’autre des situations il y aura nécessairement une mise à plat du dispositif constitutionnel avant l’organisation d’élections.

Les deux derniers points conduisant à une situation de non état, de chaos ou de déstabilisation de notre pays ne sont pas acceptables dans le contexte mondial actuel caractérisé par des crises socioéconomiques cycliques. Tout citoyen sénégalais conscient sait que le pays ne peut pas se permettre ce luxe. En théorisant cette idée les partis de benno n’ont pas pris en compte le fait que le calendrier républicain obéit dans notre pays à des séquences et des délais en ce qui concerne l’organisation d’élections.

Que l’on ne s’y méprenne point ; ces questions sont hautement importantes ainsi elles ne peuvent pas être bâclées par de simples calculs d’épicier.

Une telle pratique ne peut qu’engendrer des situations de conflit d’intérêts pouvant déboucher même sur une instabilité politique semblable à ce qui se passe dans certains pays africains par ce que chacun défendra sa chapelle et ses intérêts au prix de sa vie. D’ailleurs, elle repose sur deux préoccupations qui s’excluent mutuellement : comment arriver le plus vite au pouvoir et comment éliminer d’autres candidats gênant de la course avec une constitution taillée à l’aune de cette volonté.
Vouloir instaurer une telle pratique c’est prendre les sénégalais pour des dupes pire encore c’est insulter leur l’intelligence à travers celles-ci.

Heureusement que dans cette coalition ou conglomérat d’intérêts il y en a qui ne sont pas totalement rongés par l’hérésie à l’image du porte parole de l’Alliance pour la République (Apr) Seydou GUEYE, qui soutient dans le quotidien Le Soleil que : « la transition proposée à la coalition « Benno
Siggil Senegaal » n’est pas démocratique…

Abdoulaye SECK, Conseiller Technique du Ministère de la Jeunesse ; Coordonnateur de M2C, Membre de la Commission Nationale de l’UJTL
Tel 338593842

Mercredi 18 Août 2010
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