8 Mars : Portrait de Femme Fatou Ndoye, une dame de convictions au service des autres



Au moment où le monde entier célèbre le centième anniversaire de la Journée mondiale consacrée à la femme, votre quotidien a préféré descendre sur le terrain, pour aller à la découverte d'une femme qui a volontairement décidé de consacrer sa vie aux autres. En effet, Fatou Ndoye qui s'occupe de la toilette mortuaire au niveau de la morgue des femmes, est une honorable représentante de cette gent féminine qui mérite d'être connue du public, tant son sacerdoce lui tient à cœur !



8 Mars : Portrait de Femme  Fatou Ndoye, une dame de convictions au service des autres

Fatou Ndoye ne se livre pas facilement. De taille moyenne, le visage émacié et dégageant une certaine sérénité, cette mère de neuf bouts de bois de Dieu, a un regard détaché sur la vie et la référence à Dieu sonne comme une ritournelle dans son discours. Elle a accepté de nous parler de son métier et des difficultés qu'elle rencontre dans l'exercice de ce qu'elle qualifie comme une manière sublime de rendre grâce à Dieu.

« Je m'appelle Fatou Ndoye, je suis née en 1961 et je suis mère de neuf enfants, deux garçons et sept filles. J'ai pris le relais de ma mère Arame Diouf. C'est elle qui m'a appris le métier, elle a travaillé ici durant trente cinq ans et je l'ai assisté pendant dix ans avant son décès. Je rends grâce à Dieu, car c'est une occupation qui me permet de me consacrer à Dieu et à son prophète. Cependant, il faut convenir que c'est une occupation pénible qui n'est pas rémunérée à sa juste valeur. Nous sommes sollicitées à tous moments. Chaque jour, je suis sur place à partir de 6 h du matin. Les personnes pour lesquelles nous travallons ne sont pas très reconnaissantes. Nous souffrons de cette situation, car les gens nous promettent monts et merveilles, avant de se fondre dans la nature. On nous réveille à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Je travaille dans toutes les mosquées de Dakar et je profite de l'occasion pour remercier Imam Diabel Ndiaye de Mermoz », nous a révélé avec un masque sévère la dame.

Elle avoue aimer son métier par-dessus tout et ne manque pas de fustiger l'attitude de certains parents qui refusent de l'assister durant les toilettes mortuaires de leurs proches. Une situation qui lui cause énormément de torts, car un mort doit toujours être assisté par ses proches. Une fois elle a du reprendre le même travail sur des corps, parce que les proches n'avaient pas voulu l'assister et il a fallu tout reprendre, car il y avait eu erreur sur les corps.

Sur un autre registre, la dame Fatou Ndoye affirme que dans ce métier, ce qui lui fait le plus mal est la mort d'un jeune enfant ou d'un bébé qui n'a encore rien connu de la vie. « La dépouille mortelle est une propriété de Dieu et nous sommes tenus de ne rien révéler de ce que nous voyons. C'est vrai que la mort n'est jamais gaie, mais ce qui me touche le plus, c'est la mort d'un jeune ou d'un bébé », a affirmé Mme Ndoye.

Elle a terminé par remercier l'ancien maire Pape Diop, qui l'a toujours soutenu.

« Je voudrais lancer un appel aux autorités et au chef de l'Etat.Je vis une situation difficile, je suis victime des inondations, car je vis à Guinaws Rails et je voudrais vraiment que l'on m'assiste pour que je puisse disposer d'un toit. Ce métier est mon destin et je l'assume. C'est une occupation que j'ai héritée de ma mère qui l'a aussi hérité de la sienne. Cependant malgré les difficultés, je suis prête à encourager ma fille qui serait intéressée par cette pratique », a affirmé Fatou Ndoye. Elle a tenu à remercier le colonel Daouda Diène, qui a modifié le visage de la morgue. Elle affirme travailler pour toutes les confessions et ne deséspère pas de voir un jour sa situation évoluer.

M F Lô

Mercredi 10 Mars 2010
© lemessagersn. info


Politique | Économie | Socièté | Actualité | Faits divers | Sport | Culture | Contributions | Entretien | Education | Santé | La page Une du journal | Afrique | Editorial | Sciences et Technologies | International | Annonce & Communiqué



S'identifier

Inscription à la newsletter