12e rapport de l’opa sur les tracasseries routières Un léger mieux dans le corridor Dakar-Bamako


Après Kaolack, il y a un plus de 3 mois, la région de Tambacounda a abrité samedi dernier la présentation du 12e rapport de l’Observatoire des pratiques anormales (Opa) sur les tracasseries routières le long des corridors qui relient les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). II résulte du rapport que le trimestre qui vient de s’achever a été moins tracassier que celui qui l’a précédé. D’où la satisfaction des autorités, qui ont toutefois préconisé la vigilance pour que le Sénégal occupe le 1er rang des pays où l’on note moins de tracasseries.




Dans la grande salle du Conseil régional de Tambacounda, l’assistance n’a pas senti le temps s’écouler, en dépit des rigueurs du ramadan. La pertinence des débats entre les autorités et les acteurs locaux du transport en était la cause principale. En ouvrant les travaux au nom du gouverneur de la région, Abdourahmane Ndiaye qui est son adjoint chargé du développement se félicitera du choix de Tambacounda pour la présentation du 12e rapport et invitera à une synergie des acteurs, pour remédier au fléau des tracasseries routières.

A sa suite, M. Amadou Ba qui assure la coordination de l’Observatoire des pratiques anormales sera invité à procéder à la présentation du 12e rapport, le 4e pour ce concerne le Sénégal. C’est ainsi qu’il fera savoir que selon des enquêtes menées sur le corridor entre le 1er avril et le 30 juin 2010, au nombre moyen de contrôles par voyage et par Etat traversé, le corridor Dakar-Bamako occupe le 4e rang loin derrière des corridors comme Téma-Ouagadougou et/ou Ouagadougou-Bamako. A ce niveau précis, le ratio noté est de 2, 13 contrôles.

Pour les perceptions illicites moyennes par voyage, le corridor Dakar-Bamako est encore à la 4e place avec une perception de 2919 aux 100 km. En ce qui concerne les temps de contrôle, il a été partout noté une baisse.

La tendance baissière des tracasseries notée sur l’ensemble des corridors en général, sur celui de Dakar-Bamako en particulier résulte, de l’avis d’A. Ba, des efforts conjugués des Etats malien et sénégalais. II sera conforté dans ses propos par M. Dramé Seck, le directeur des Transports terrestres. « Ces résultats encourageants ne nous surprennent pas, car l’Etat a pris le taureau par les cornes, à travers un conseil interministériel sur la question. II faudrait qu’on travaille davantage pour qu’on ne parle plus de tracasseries routières le long du corridor Dakar-Bamako », révèle-t-il.
Responsable du bureau du Centre africain pour le commerce, M. Makhtar Thiam, fera remarquer que le Sénégal a des prédispositions pour atteindre des résultats satisfaisants car il n’en est qu’à son 4e rapport, au moment où les autres pays en sont à leur 12e. « Avec le plaidoyer des organisations de la société civile comme le COFLEC et le Forum Civil et la volonté politique manifeste des autorités étatiques qui commence à produire des effets, le Sénégal va irréversiblement progresser dans le bon sens », a-t-il soutenu.

Les complaintes des transporteurs sénégalais

Chaque présentation du rapport de l’Opa donne lieu à des échanges souvent passionnants et passionnés, entre les acteurs du transport et les autorités qui gèrent le secteur. La séance de Tambacounda n’a pas dérogé à la règle. En effet, au delà des discussions générales sur les résultats du 12e rapport, des dirigeants syndicaux ayant fait le déplacement comme Pape Mbaye, Alassane Ndoye, Gora Khouma, Modou Mboup et des transporteurs, ont exprimé des doléances relatives aux mauvais traitements infligés aux transporteurs sénégalais par les agents de pays voisins. Un chauffeur sénégalais qui tue, par exemple, un mouton au Mali est mis aux arrêts, alors que la carte brune qu’il est censé détenir par devers lui a valeur d’assurance homologuée par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Les chauffeurs maliens ont le droit d’effectuer le transport de personnes sur le territoire sénégalais, mais la réciproque est interdite aux Sénégalais sur le sol malien. L’indifférence de l’Etat pour le renouvellement du parc des gros porteurs et l’inexistence de pèse-essieu et de scanner, poussent certains transporteurs à ne pas respecter les normes. Sur toutes ces questions soulevées, le directeur du transport, Dramé Seck ; le commissaire Bassamba Camara de la police de Tambacounda et le commissaire Demba Sarr de la police de Guédiawaye, ont apporté des éclairages et promis de transmettre les doléances à qui de droit, pour que des mesures permettant l’arrêt des désagréments subis et l’amélioration des conditions de travail, soient prises dans les plus brefs délais.

Notons pour rappel que l’Observatoire des pratiques anormales sur les axes routiers est une émanation de l’Uemoa et de la Cedeao. Cette structure a été mise en place en 2005, avec l’appui financier de l’Agence des Etats-Unis pour le développement International (Usaid), du programme des Politiques de transport en Afrique subsaharienne (Ssatp), de la Banque mondiale, ainsi que du partenariat technique du Centre africain pour le commerce.

Amary Guèye (Correspondant)

Lundi 6 Septembre 2010
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