12EME ANNIVERSAIRE DU RAPPEL A DIEU DE MAME DABAKH : Le Sénégal se souvient


«Les grands hommes ne meurent jamais ». Douze (12) ans après son rappel, Mame Abdou Aziz Sy Dabakh habite toujours les cœurs des Sénégalais. Pour lui rendre hommage, à notre manière, nous nous sommes intéressés à certains moments de sa vie riche en enseignements qui pourraient servir de viatique au peuple sénégalais.



12EME ANNIVERSAIRE DU RAPPEL A DIEU DE MAME  DABAKH   : Le Sénégal se souvient
Quatre jours après avoir transmis l'essence du califat la (« Sirale Khilifa ») à Serigne Mansour Sy, El Hadji Abdou Aziz Sy Dabakh a tiré sa révérence le 14 septembre 1997. Ce jour là, la nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre au niveau des quatre coins du Sénégal. Les humains, les animaux et la nature qui avaient du mal à se plier à la volonté divine, à admettre que la meilleure des créatures était passée par là, ne purent comprimer leur douleur de devoir vivre sans « Dabakh » le modérateur des paroles violentes, l'éclaireur des esprits troublés, le protecteur des faibles et le guérisseur des maladies de l'âme. Et quoi encore ?

Au moment où mame Abdou venait au monde, son père avait déjà accédé au grade de la « Quyttbaniya ». Un degré d'érudition convoité par les saints. Ce qui fut le résultat de son dévouement sans failles aux recommandations de Dieu. Selon les témoignages de Serigne Babacar Sy lui même, lorsque Mame Abdou était en proie à des pleurs, Mame Mawdo le tenait dans ses bras et trouvait du plaisir à le dorloter en ces termes « Pourquoi pleures tu joli bébé ? Ne sais tu pas que tu es investi de la noble mission de sauver l'humanité ? ». Un fait pareil ne pouvait plus être édifiant sur le destin singulier de Abdou Aziz Dabakh.

Une enfance laborieuse

Les années passèrent, le moment était venu pour Mame Abdou de se séparer de son père. Ce dernier le confia à Serigne Hady Touré, pour qu'il lui apprenne le Saint Coran. Connu pour sa rigueur, Serigne Hady ne le ménagea point. Bien au contraire, il le soumit à une mortification qui l'empêcha même de mettre les pieds dans la maison paternelle au moment où il mendiait au niveau des concessions de Tivaouane. Ce mode d'éducation pas comme les autres mit ses tantes dans une grande colère, qui décidèrent d'aller voir son père afin qu'il le tire des mains de Serigne Hady. Lorsqu'un jour son père lui demanda son avis sur la question, le jeune Abdou Aziz lui fit part de son vœu de rester avec son maître, car lui dit-il « Toute personne qui veut le salut de l'âme gagnerait à fréquenter Serigne Hady ». Emerveillé par la réponse, Mame Mawdo remercia Dieu de lui avoir donné un fils conscient de ses devoirs envers son créateur. II le bénit et lui intima de s'en aller aux côtés de son maître.

Après la disparition de son père, en 1922, Serigne Babacar Sy qui avait à cœur de continuer le travail colossal abattu par Mame Mawdo le laissa entre les mains de Serigne Hady Touré. Quelques temps après il rejoignit à Saint-Louis le marabout Alioune Diop ? qui devait parachever son initiation au Coran.

Une humilité inégalable

De ses relations avec son grand frère Serigne Babacar Sy, il est à retenir ce fait qui atteste une fois de plus de la modestie de l'homme. Convoqué par Serigne Babacar qui devait lui confier une mission, il se vit interdire l'accès de la salle par celui qui était préposé à veiller aux entrées et aux sorties des visiteurs. Ce n'est qu'après qu'on lui signifia que c'est le petit frère de Cheikh Al Khalifa, qu'il l'autorisa d'entrer. Mame Abdou refusa et lui dit « Laisse-moi faire la queue comme tous les talibés, car un accès aussi facile dans la salle de Khalifa Ababacar pourrait me priver de recevoir de lui le flux de la lumière divine qui l'habite.

Arrêtons-nous un peu, car nul ne pourra jamais épuiser les faits et évènements qui renseignent sur les valeurs et vertus incarnées par le digne successeur de Khalifa Ababacar, fils de Seydi El Hadji Malick Sy, disciple de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif et ami du prophète Mouhamed (Paix et salut sur lui).

L'ami du prophète. N'est ce pas un titre évocateur, un privilège qui ne s'obtient pas sous l'effet d'une baguette magique, mais se conquiert par l'application stricte de la charia et de la sunna ; et surtout, par l'adoption d'attitudes et de comportements qui ont, dans une large mesure, déterminé le choix que le Tout Puissant a porté sur Mouhamed (Psl) ? C'est d'ailleurs ce que nous démontre cette parole de Dieu à l'endroit de celui qui a clos la prophétie « Je ne vous ai choisi que par les valeurs que vous incarnez ».

Un jour, alors qu'il se rendait à Fass Touré en compagnie de son maître Serigne Hady Touré, le jeune Abdou se perdit. Serigne Hady lui proposa qu'ils passent la nuit, car le chemin qui mène à Fass Touré était encore long et parsemé d'embûches. Sans attendre qu'on le lui demande, Aziz procéda au désherbage d'un espace où son maître pourrait se reposer jusqu'au lendemain.

Après l'avoir confortablement installé, Mame Abdou se mit à réciter le Coran jusqu'à l'aube, au moment le cheval qui les conduisait était attaché à sa main gauche et le livre saint tenu sur sa main droite. Avant d'être rappelé à Dieu, Serigne Hady n'a pas manqué de chanter les mérites de cet être exceptionnel qu'est Mame Abdou Aziz. .

Un règne utile au peuple

De 1957 à 1997 Mame Abdou Aziz Sy Dabakh s'est acquitté da sa tâche de Khalife Général des Tidjanes, avec un dévouement et un désintéressement qui resteront gravés dans les mémoires.

A chaque fois que le pays faisait face à des situations difficiles, II montait au créneau pour tempérer les ardeurs, avec une finesse digne d'un véritable représentant de Dieu sur terre.

Un homme de Dieu, on le reconnaît de la manière suivante : A chaque fois qu'on prononce son nom, l'on pense à Dieu et à chaque fois qu'on prononce le nom de Dieu l'on pense à lui. Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux, Mame Abdou Aziz Dabakh est un homme de Dieu. II est aussi un Sénégalais. Quelle chance donc pour le Sénégal ! Elle est à saisir et à transposer sur les champs politique, social et religieux. C'est à cette fin, croyons-nous, que la « Baraka » inépuisable de la vie et de l'œuvre du saint homme pourra arroser les plantes qui feront naître des fruits d'une saveur paradisiaque. Pour l'honneur de Mame Abdou Aziz Sy. Que Dieu fasse que cela soit, pour le bonheur et le salut de tout le peuple sénégalais.
Amary Guèye


Jeudi 17 Septembre 2009
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